LE SACRE DU RAP À LA

Dre Snoop Eminem De mémoire de chroniqueur musical, c’est du jamais vu !  Dr. Dre + Snoop Dogg+ Mary J Blige + 50 cent + Kendrick  Lamar + Eminem investissant la légendaire mi-temps du Super Bowl,  au centre du SoFi Stadium de LA, décidément black aura rarement été aussi beautiful. On peut même considérer que c’est le sacre du rap en tant que culture majeure qui gagne enfin une place largement méritée. Après l’assassinat de George Floyd et la fétide haine raciale infusée dans les années Trump, l’Amérique tournerait elle enfin la page du racisme endémique qui la ronge depuis les années d’esclavage ?

Dr Dre

Dr Dre au sommet du So Fi Stadium de LA

On parle de 34 millions de foyers, soit un peu plus du quart de la population des USA, depuis sa naissance en 1966 le Super Bowl, la finale de la NFL ( National Football League) est l’évènement sportif le plus suivi du pays.  Cependant pour les music-lovers, LE moment le plus excitant du Super Bowl… c’est sa mi-temps, lorsque la pelouse du méga-stade devient le temps de deux ou trois chansons la plus grande scène du monde. Cependant, il faut noter qu’il s’agit d’une tradition relativement récente ( à l’exception d’une apparition d’Ella Fitzgerald en 1972, en hommage à Louis Armstrong,) qui démarre avec le boys band New kids On the Block en 91, puis l’année suivante par Gloria Estefan et surtout Michael Jackson en 93. Au fil des ans, la « half-time » offrira sa méga-stage à Teddy Pendergrass, Diana Ross, les Blues Brothers, ZZ Top, Stevie Wonder, Phil Collins, Aerosmith, U2, Shania Twain, No Doubt, Paul McCartney, les Rolling Stones, Prince, Bruce Springsteen, Destiny’s Child, les Red Hot Chili Peppers, Bruno Mars, Lenny Kravitz,  Coldplay, Lady Gaga, Maroon 5 et the Weeknd. Cependant, et pour toutes les mauvais raisons, le show de la mi-temps le plus mémorable remonte à 2004, lorsque Janet Jackson et Justin Timberlake ont enchainé leurs « Rythm Nation » et « Rock Your Body » respectifs dans une torride routine de danse où Justin a par inadvertance arraché le bustier de Janet, exhibant un sein qu’on ne saurait voir et provocant le désormais scandale dit du « nipplegate » pour laquelle CBS, le diffuseur télé a été condamné à une lourde amende par le régulateur US, le FCC.

Kendrick Lamar

Kendrick Lamar

Mais l’autre Super-Bowl half-time qui nous intéresse, d’un point de vue black culture, est incontestablement celle de1998 au Qualcomm Stadium de San Diego, dédié au 40éme anniversaire du label Motown qui avait réuni la crème de l’écurie de Berry Gordy avec les Boyz II Men, Smokey Robinson, Martha Reeves, les Temptations et QueenLatifah.  Il faudra donc attendre 24 longues années avant de revoir une affiche aussi black que l’incroyable programmation de cette année où, pour la toute première fois, la culture rap se retrouve enfin massivement consacrée dans la lumière. Ainsi le show spectaculaire avec Dr. Dre,  Snoop Dogg, Mary J Blige,  50 cent, Kendrick  Lamar et Eminem sur la pelouse du SoFi Stadium qui a vu passer les Rolling Stones ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/the-rolling-stones-in-la-the-never-ending-tour.html  et aussi https://gonzomusic.fr/la-the-city-of-the-stones.html ) est aussi un message positif envoyé à la communauté noire meurtrie par le combat #blacklivesmatter né après le meurtre de George Floyd par des policiers blancs à Detroit. D’ailleurs, on a pu voir Eminem mettre un genou à terre en écho au mouvement lancé par le fameux footballeur Colin Kaepernick pour protester contre le racisme endémique aux États-Unis. Pour revenir aux 14 ‘ 40’’ de show du Super-Bowl 2022, la programmation est aussi un hommage à Compton, le quartier défavorisé qui a vu grandir Dr Dre et son groupe légendaire NWA ( Voir sur Gonzomusic   https://gonzomusic.fr/straight-outta-compton.html et aussi https://gonzomusic.fr/dr-dre-compton.html ).

Eminem

Eminem

D’ailleurs dès les premières minutes, après la découverte du célèbre producer dans un studio d’enregistrement argent massif recréé au milieu du stade, on note que la pelouse a été re-dessinée en carte de Compton. Tandis que retentit l’emblématique « The Next Episode » Dre va passer le micro à son fidèle Snoop Dogg, que l’on découvre dans une sorte de caravane blanche ouverte et surtout entouré d’un groupe de musiciens, comme pour mieux faire mentir le lieu commun « les rappers ne savent pas jouer bla bla bla ils enchainent des samples piqués aux autres bla bla bla ». D’ailleurs, il faut noter que l’intégralité du show sera interprété par d’excellents musicos, qu’on se le dise ! Tout s’enchaine, en version medley, mais le titre suivant est hanté par un fantôme, celui de Tupac, assassiné en 96 à Végas.  Dre lui rend hommage dans SA ville avec leur fameux « California Love » commun dédié à cette West Coast. Puis c’est au tour de 50 Cent, le protégé d’Eminem d’interpréter son célèbre « In Da Club » avant de passer le micro à Mary J Blige pour ses deux hits « Family Affair » et l’émotionnelle « No More Pain », sur son fameux thème de « The Young and the Restless ». StadiumPuis Kendrick Lamar, entouré d’une escouade de danseurs, prouve qu’il est toujours aussi novateur que provocateur et surdoué. Retour à la case Dre, et c’est au tour d’Eminem de balancer un de ses hits les plus puissants, « Lose Yourself », composé pour son film autobiographique « 8 mile » de 2002. Puis tout ls artistes se retrouvent pour un « Still D.R.E » final en apothéose et c’est juste grandiose. Voici quelques jours dans un édito, Olivier Cachin déplorait l’absence de musiques urbaines aux dernières Victoires de la Musique, ce show du half-time qui place désormais le rap au même niveau que le rock, la country ou la latin-music lui répond  de manière la plus cinglante de l’autre côté de l’atlantique… yes they can… ici c’est encore une autre paire de manches, hélas !

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