THE WHO « WHO »

The-WhoAprès 13 années de silence discographique, les Who reviennent enfin sur nos platines pour un fulgurant 12éme album où, épaulés par Zak Starkey à la batterie, Pino Palladino à la basse et le Heartbreaker Benmont Tench aux claviers, Daltrey et Townshend « parlent juste de notre g-g-g-generation » comme personne, portés par la ferveur du rock insubmersible de ce « WHO ».

"WHO"11 titres sur le CD de base, 14 sur la version Deluxe, franchement cela valait le coup de patienter pour découvrir enfin un nouvel album des Who. D’ailleurs, cela nous parait si étrange d’écrire ces quatre mots, qu’ils ont cru bon de nous simplifier la vie à nous autres plumitifs-rock en le baptisant simplement « WHO ». En même temps on sait bien depuis « The Who Sell Out », « Who’s Next » et « Who Are You » le fameux groupe de Londres toujours à la mod (ha ha ha) se distinguait non pas par la sophistication de leurs titres d’albums, mais par la musique qu’ils contenaient. Et s’il pouvait demeurer le moindre doute quant à sa qualité intrinsèque, l’impétueux concert que les Who nous avaient donné voici quatre ans ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/the-who-ont-porte-my-generation-au-zenith.html ) laissait présager un futur nouvel album  particulièrement inspiré. Et c’est semble-t-il le cas de ce « WHO », dont l’énergie et la qualité de ses compositions dés les premières écoutes ne laisse aucun doute. Déjà le bon Roger n’a rien perdu de sa voix d’ange blondinet qui nous subjuguait ados au Pavillon de Pantin avec ses vestes de daim aux immenses franges et son charisme. Quant aux compositions de brother Townshend ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/who-are-you-hou-hou-mister-townshend.html ), elles sont fidèles à lui-même et à ce qu’il avait l’habitude d’enregistrer pour ses propres solos comme pour les LP de son groupe : des rocks taillés au diamant pour défier le temps, étincelant d’harmonie et d’énergie. Ainsi « Detour », au titre si francophile, me rappelle à la fois  « Face the Face » sur son solo « White City » de 85 et les bonnes vibes de « Quadrophenia », sans compter le final rythmé au son du légendaire ARP synthetiser de « Baba O’Riley ». Du grand art, si furieusement « time capsulé », taillé sur mesure pour les kids des 70’s que nous sommes. D’ailleurs, s’il devait subsister le moindre doute, il serait levé dés le premier titre, l’énergique « All This Music Must Fade » au nom si sarcastique et aux faux airs de « Won’t Get Fooled Again » où Daltrey vocalise sarcastique : « Je m’en fiche/ Je sais que tu vas détester cette chanson/ Et c’est tout/ Parce qu’on ne s’est jamais vraiment entendus/ Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas divers/ Ça n’illuminera pas ton défilé/ C’est juste un simple verset. ».

Townshend & DaltreyCela sonne d’enfer, c’est puissant et ce blitzkrieg sonique se poursuit avec « Ball and Chain », inspiré par Guantanamo, qui ne cesse de  gagner en intensité crescendo porté par le son si particulier de la guitare de Townshend. Comme un écho à leur « let’s get together before we get much older”  modèle « Teenage wasteland » de « My Generation », cette fois nos ados attardés refusent une certaine sagesse souvent associée à l’âge avec “I Don’t Want to Get Wise”. Plus grandiloquent, « Beds On One String » évoque le « Smash the Mirror » de « Tommy » tandis que, sur le même registre, « Hero Ground Zero » porté par des violons musclés est taillé pour les grands espaces des stades où il ne devrait guère tarder à résonner. Plus surprenante, la balade « I’ll Be Back » évoque le joyeux « Pure and Easy » du premier solo de Townshend, tandis que « Break the News », composée par son frangin Simon, a la surprenante modernité du tube d’Avicii « Wake Me Up » …moins le coté techno, naturellement ! Encore plus surprenant « She Rocked My World » qui clôt l’album avec son coté samba flamenco jazzée ressemble plus à du Leonard Cohen qu’aux héros de « My Generation ». Serait-ce dû à la présence du bassiste virtuose Pino Palladino ? Mais après 13 ans d’attente, les Who nous en donnent encore un peu plus, avec 3 titres bonus, dont l’incroyable et juvénile « Got Nothing To Prove » qui nous téléporte direct en retour vers le futur de nos mods favoris avec un je ne sais quoi de « Armenia City In the Sky » . Enfin ce 12éme album des Who en CINQUANTE QUATRE ANNÉES d’existence s’achève pour de bon avec la délicate « Danny and My Ponies » et l’on se dit quelle chance on a d’avoir encore à nos cotés Daltrey et Townshend, en fidèles compagnons du rock que nous vénérons…et qui ont eu la sagesse de ne pas mourir avant d’être trop vieux 🤪. Sous sa pochette signée Peter Blake, qui avait déjà conçu leur « Face Dances » et le mythique « Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band » où l’on retrouve les effigies Chuck Berry, Mohamed Ali, l’Union Jack, Batman et Robin et tant d’autres symboles, ce « WHO » au titre si laconique n’a pas fini de faire battre nos cœurs.

 

 

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