MAN ON THE RUN
C’est l’histoire du plus grand plongeon du rock : quitter le sommet de l’Himalaya avec les Beatles pour se reconstruire peu à peu aux fins fonds d’une ferme paumée d’Écosse avec femme, enfants et animaux puis trouver finalement sa Rédemption en se laissant pousser des ailes…Wings. MAN ON THE RUN relate l’incroyable mutation de Paul McCartney du split des Beatles aux méga stades US de la tournée Wings Over America et c’est juste palpitant. À travers les témoignages de Paul, de ses filles, des musiciens qui l’ont accompagné et une vertigineuse cascade d’archives, de films persos, de photos inédites, le doc de Morgan Neville est un voyage dans le temps juste bluffant.
Il avait réalisé le très remarqué « 20 Feet From Stardom », ainsi que divers docs sur la musique consacrés à Brian Wilson, Muddy Waters ou encore Johnny Cash ; mais avec ce MAN ON THE RUN, au titre bien entendu inspiré du fameux LP de Wings « Band On The Run », Morgan Neville signe là ce qui constitue sans doute son meilleur film. Déjà le « Band On the Run Underdubbed » et surtout le « One Hand Clapping » ( Voir sur Gonzomusic PAUL MCCARTNEY « Band On the Run Underdubbed » et aussi PAUL MCCARTNEY and WINGS « One Hand Clapping » ) nous avaient permis de découvrir tant de belles images inédites des jolies aventures soniques de notre Paulo post-Beatles. Cette fois, le doc se distingue par ses nombreuses interviews audio de Mick Jagger, Sean Lennon, mais aussi de musiciens de Wings Denny Laine, Denny Seiwell et Linda, sans oublier les filles Stella et, Mary. On salue d’ailleurs le parti pris du réalisateur d’utiliser systématiquement des entretiens audios contemporains collés sur des archives de l’époque le plus souvent inédites.
« Qu’est ce qui compte le plus pour vous ?`» demande le réalisateur. « La paix intérieure », répond de sa voix éraillée le Paul d’aujourd’hui (Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Paul+McCartney ). Puis s’enchainent des images des Beatles extraites de « Let It Be », se chamaillant sur une chanson. L’autre choix du réale, c’est de nous montrer ces Images sublimes de la campagne écossaise, de cette ferme où Paul s’est réfugié pour enregistrer ses deux premiers albums solo. Paul raconte la fin des Beatles vécue de l’intérieur, mais le coupable n’est pas toujours celui qu’on croit : « Quand j’entends quelqu’un blâmer Paul McCartney, j’ai tendance à être d’accord. Quand on m’a accusé d’avoir séparé les Beatles, d’être étouffant et tout le reste, j’ai fini par le croire. Je me suis persuadé que j’étais ce genre de connard. Mais ce qui s’est vraiment passé c’est qu’un jour John a dit qu’il quittait les Beatles. Il a dit : c’est même excitant, c’est comme avouer à son conjoint qu’on veut divorcer. Et là je me suis dit : mais qu’est-ce que je vais faire désormais ? Parce que ça avait été toute ma vie. J’avais grandi, j’étais allé à l’école et il y avait eu les Beatles. Puis le vide. C’était comme un rébus à résoudre. »
Images flash-back des Beatles en accéléré et de la Beatlemania en action sur la musique der « The end ». À l’automne 1969, John Lennon quitte les Fab Four mais nul n’est au courant et Paul disparait. Allen Klein exige que tout le monde garde le secret.Images de la ferme délabrée où il s’est installé avec Linda et ses deux enfants. Films de famille et commentaire de Mary McCartney. On découvre avec émotion ce 4 tracks recorder qui lui a permis de capturer son « McCartney » et donc sans doute le premier home studio de l’histoire du rock Lorsque le split des Beatles est enfin annoncé par Paul le 10 avril 1970, il est u lit avec Linda et lui propose de monter un groupe. Elle accepte. Début d’enregistrement de « Ram » à NY pour cet album qui voulait célébrer les joies d’une vie ordinaire.
Question de journaliste : « Quand avez-vous réalisé que Linda savait chanter ? »
Réponse de Paul : « Le soir de notre nuit de noce »
On découvre sur des films de famille Linda, Paul et les enfants sur la jolie « Long Hair Lady » de « Ram ». Sur les conseils du frère et du père de Linda qui sont avocats, Paul va être obligé d’attaquer en procès non seulement l’infâme Allen Klein mais aussi aux Beatles pour pouvoir enfin dissoudre Apple et retrouver sa liberté. Les séquences alternent de sublimes images de Paul barbu et de Linda sur « Ram » et des moutons, beaucoup de moutons ! Les premières répètes de Wings ont lieu en février 1972…. On découvre une dingue version de « Lucile », puis départ du groupe enautobus avec gamins et clebards pour une improbable tournée improvisée, dont la première date à lieu à l’Université de Nottingham.
« On envoyait un roadie à la fac et il entrait dans les lieux. Puis il disait : salut j’ai Paul McCartney dans le bus là garé dehors, et il voudrait savoir si vous avez envie qu’il vienne jouer demain soir. Allez sort de là avec tes blagues, lui répondait-on et alors le roadie lui disait de regarder par le fenêtre pour découvrir Paul qui lui faisait signe derrière la vitre du bus à impériale. Et là soudain c’était : ah ben oui alors, là on veut bien ! »
« On leur faisait payer 50p », se souvient Paul, « Je voulais m’amuser à faire avec Wings tout ce que les Beatles ne pouvaient plus faire ». Sur la sublime « My Love », Linda évoque aussi de la manière dont elle pouvait être détestée par les fans, qui lui reprochaient d’avoir précipité la dissolution des Beatles : « C’est pour ça que je suis là, pas parce que je suis une super claviers, je suis là parce que tout simplement on s’aime. »

McCartney et Morgan Neville
On retrouve les images de l’enregistrement de « Band On the Run » au Nigeria et le making of de l’emblématique photo de l’album, qui devient enfin son premier number one album depuis les Beatles… En 74 on découvre Wing en formation MK II sur l’excellent « One Hand Clapping » et les images de la méga tournée à succés des grands stades US Wings Over America et ses trois camions remorque Sa participation à « Songs For Kampuchea » sera le chant du cygne de Wings « C’était mon plus mauvais concert et on devait partir ensuite en tournée au Japon pour « Back To the Egg » », avoue Paul. Quinze jours plus tard il est arrêté au Japon avec de la weed. Lorsqu’il sort de prison il enregistre direct son « McCartney II » et exit Wings. Stella sa fille aura le dernier mot : « C’était les plus belles années de nos vies ». Au vu de ces merveilleuses séquences, on peut la croire sur parole.
Diffusé sur Amazon Prime depuis le 27 février 2027
