MURRAY HEAD « Nigel Lived + »
C’est là où la formule « revenir à ses premiers amours » prend tout son sens lorsque Murray Head publie un album live… où il reprend la majorité des compositions de son tout premier LP intitulé « Nigel Lived »… qu’il n’avait jamais interprétées en public auparavant. Et à ce propos, il faut absolument noter que demain soir le 5 mars Murray Head célèbrera ses 80 printemps sur la scène de l’Olympia où, believe it or not il va tous nous inviter chez lui, partageant le décor de son propre home sweet home. Et vous le savez bien depuis le « Wizard of Oz »… there’s no place like home !
Incroyable mais vrai…il y avait un avant « Say It Aint So » et sa prod cristalline signée Paul Samwell-Smith… et le tube que l’on connait tous, publié en 1976. Mais quatre ans auparavant, un jeune Murray Head sortait un ambitieux premier disque : un concept-album intitulé « Nigel Lived » sorte de « Les illusions perdues » du rock, l’histoire d’un jeune musicien ambitieux qui débarque à Londres en quête de gloire et de fortune dans le rockbiz. Hélas comme Lucien de Rubempré, Nigel sera broyé par la show-biz machine et finira par sombre dans l’héro. Ces chansons n’avaient jamais été interprétées en public à la sortie du33 tours. Deux ans après la reprise intégrale de son fameux « Say It Aint So » ( Voir sur Gonzomusic MURRAY HEAD « Say it Ain’t So Live ! » ) le natif de Londres offre une seconde chance à Nigel avec ce disque live qui reprend une bonne partie de son album inaugural, mais aussi « JC Superstar » extrait de la comédie musicale de Time Rice et d’Andrew Lloyd Webber, où il jouait Judas Iscariot , son tout premier hit au tournant des 70’s et aussi ses deux premiers singles de 67. Vous l’aurez compris, pour tout aficionado de Murray Head ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=murray+head ) , cette version augmentée de « Nigel Lived » mérite fortement qu’on s’y atarde. Et ce voyage dans le temps démarre sur la ballade « Pacing At the Station », comme un peu à la manière d’un pré-« Corporation Corridor », puis c’est au tour de l’entêtante « Big City », véritable blues urbain de se dévoiler. Love song délicate « Ruthie » montre déjà ce coté folky cool qu’on retrouvera tout au long de la carrière de Murray.
Avec la sarcastique « Pitty the Poor Consumer », portée par son orgue on replonge ave nostalgie dans le planant 70’s façon Procol Harum, Moody Blues ou même Genesis. Après la cool jazzy « Dole » c’est au tour de la fantasque et théâtrale,« Nigel Nigel » façon Cabaret plus un petit coté Kinks de retentir, mention spéciale au violon virevoltant de l’ex Caravan Geoff Richardson, avant le joyeux et Stonien boogie de « Why Do We Have To Hurt Our Heads » qui clôt cette partie « Nigel Lived » . Puis place au « + » avec ce fameux et si efficace « JC Superstar », première collaboration à succès avec Tim Rice en 1971 pour un neo gospel pop particulièrement efficace, sachant que 13 ans plus tard leur seconde collab « One Night in Bangkok » sera aussi le hit monumental qu’on connait. Et le remontage du temps se poursuit car avant « Nigel », Murray avait déjà sorti un premier 45 tours en 1967 repris ici en live : la Mersey beatesque « Someday Soon » et la pop délicate « She Was Perfection ». On retrouve également une version quasi funky de « Peace of Mind » qui était sur le LP « Shade » de 1982 ainsi que « Who Do You Think you Are » sur « Tête à tête » en 2007. Demain soir à l’Olympia, on peut parier que Murray et les super musiciens qui l’accompagnent feront résonner ces chansons et quelques autres pour souffler les 80 bougies d’un Head qui n’aura pourtant jamais eu la grosse tête durant toutes ces années. Happy BD from GBD avec quelques heures d’avance dear Murray.
