L’ÉTAT DU VEHICULE TÉMOIGNE DE LA VIOLENCE DU CHOC

philippe-barbot« L’état du véhicule témoigne de la violence du choc » est sans doute un sacré bon titre, mais c’est surtout une habile parabole sur l’auteur lui-même : soit Philippe Barbot fameux vétéran de Télérama, de diverses biographies musicales et musicien, car le véhicule en question c’est … lui-même. Et ce livre lui est consacré à l’antithèse d’une énième compilation de ses interviews les plus marquantes d’idoles hexagonales et de rock stars internationales. Sous la forme de mini nouvelles, l’auteur enchaine ses confessions d’un enfant du siècle dernier à travers ses propres expérimentations mais aussi ses propres déboires dans un livre anti-bullshit où il se livre de manière étonnamment impudique pour nous entrainer dans son trip à remonter le temps. Et croyez-moi, ce Barbot-là n’est pas barbant !

philippe-barbotCette fois pas question de nous narrer la vie d’Higelin ( Voir sur Gonzomusic  HIGELIN PAR BARBOT ), cette fois le héros du roman c’est lui. Sauf que Philippe Barbot ne signe pas un roman mais sa propre biographie où tous les chemins mènent au rock comme on se rend à Rome. 56 chapitres comme sa date de naissance moins trois ans, 56 pastilles spatio-temporelles, du coup intemporelles qui nous ramènent jusqu’aux années 60, dans la France de De Gaulle où tout était en noir et blanc. Et côté mémoire on peut lui faire confiance retrouvant des marques de clopes dont j’avais complétement oublié l’existence à l’instar des ignobles P4. Ou des marques de pinard cinq étoiles tous plus infects les uns que les autres dont le fameux Kiravi ou son copain le Préfontaines. Si l’auteur partage ses premiers émois amoureux ou son expérience de scout, la musique occupe une place centrale dans ses écrits. Premiers disques, premiers concerts, choc de Woodstock et sans doute du « Floyd à Pompei » non évoqué ici et pourtant…Barbot livre dans le désordre toutes ces tranches de vie et nous captive d’une belle écriture où chaque baby boomer qui se respecte peut se projeter. Car si Barbot piquait des singles au Prisunic moi c’était dans les booms où je m’étais ennuyé à titre de dédommagement, comme dans « Vercoquin et le plancton » de Boris Vian. Et s’il a réussi à se faire réformer P3 aux « trois jours » moi j’ai décroché P4 mais sur le tas après avoir été intégré en dépit de mon plein gré… dans le cher Fontainebleau de Barbot, justement !

philippe-barbotDe son goût pour les sapes « bleu-gris » passe-partout à son affection pour la BD en général et Tintin en particulier, comme tout aspirant plumitif inspiré à devenir reporter pour le Petit XXème ou ailleurs, en passant par ses séries télé d’enfance – curieusement LE PRISONNIER n’y est pas cité- contrairement AUX ENVAHISSEURS ou BELPHEGOR, son premier trip fondateur en Angleterre dans un petit bled côtier du nom de Worthing ou encore son premier stage de journaliste dans un PQR de province. Philippe Barbot évoque également avec énormément de pudeur les disparitions de son grand-père et celle de ses parents, tout comme sa tentative de suicide dans la triste foulée de son divorce. Mais de son entrée à Télérama où il a fait pratiquement toute sa carrière… nada… trou de balle. Quant aux coulisses de ses fameuses rencontres avec Berger et France Gall, Hardy et Dutronc, Gainsbourg, Christophe, Salvador, Murat, Marley, Hallyday, Stevie Wonder, Paul McCartney, Brian Wilson, Springsteen ou encore Neil Young, elles sont évacuées façon zapping ultime dans un chapitre 50 intitulé « Souvenances » en deux pages. Philippe Barbot doit sans doute préparer la suite de ce « L’état du véhicule témoigne de la violence du choc » où il nous révèlera sans doute toutes ces interviews historiques… mais c’est encore une autre histoire du rock, n’est-ce pas ?

 

philippe-barbot« L’état du véhicule témoigne de la violence du choc »

Par Philippe Barbot

Éditions Il est Midi

 

 

 

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