LES STONES @ U ARENA : ÉPISODE 2

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CorinneM 

 Ex-big boss illuminati du showbiz hexagonal et rock expert qui cumule plus de mille concerts au compteur, qui d’autre (à part GBD peut être 😉 ) que Denis Garnier pouvait juger cette seconde performance du « plus grand groupe de rock du monde », donnée dans cette salle flambant neuve de l’Ouest parisien. Voici donc le compte-rendu du concert des Rolling Stones de dimanche…en attendant celui de mercredi qui clôturera cette partie européenne de leur « No Filter Tour 2017 »

 

NoFilterBandAprès une petite collation ( et hop un vapo et ça repart : NDR) direction la U-Arena. Ce soir, la nuit parisienne est froide, les lignes de la Défense semblent noyées dans un brouillard que Marquis de Sade jugerait « définitif ». Halte parking au bout du bout de la dalle, puis après avoir traversé l’immense parvis et salué la Grande Arche, on tire sur la gauche pour la contourner et aller voir les géants Rolling Stones. Rien à dire, lorsque le rock se fait excellence,  l’adrénaline s’installe et pulse son incroyable énergie. Et soudain dans le lointain apparait cette toute nouvelle salle, telle un grand coquillage retourné,  bien intégré dans ce décor totalement urbain et éclairé de cette gigantesque Défense qui ne cesse de croître au fil des ans. La salle est comme un immense terminal spatial, embarquement donc pour ce qui constitue sans doute l’odyssée rock la plus excitante. Une fois passé les différentes, mais nécessaires strates de sécurité, la salle parait certes imposante, mais sa configuration donne globalement une excellente vision. Durant la première partie, Cage the Elephant , cette masse humaine, à majorité agée de 50/60 ans, se rue sur le merchandising, comme sur les bières……ah surprise, 3e âge à fort pouvoir d’achat oblige, le champ est même proposé à la coupe….

 

La scène est à la fois immense, mais aussi très sobre ( belle avancée en T dans l’arène), recentrée sur les instruments, comme un symbole musical mis en avant pour suggérer que la véritable star du show est la zique.  Fini donc le Barnum  habituel du Grand Stones Circus qui nous divertissait jadis de ses mégas poupées gonflables ou de sa bite géante qui éjaculait ses giclées de confettis. Aujourd’hui le décor principal est tout juste une structure fine pour le light show sophistiqué. Seules deux tours plantées de part et d’autre de la scène avec, sur quatre étages et à chaque étage, un technicien poursuite armé de son immense projecteur nous rappellent qu’avec les Stones tout est toujours démesuré.Mais le plus bluffant sur cette scène ce sont les 4 écrans LED vastes comme un building, avec une def comme dans ton salon, quand même ! On n’a décidément pas le temps d’user tous les superlatifs avec la bande Jagger-Richards . Il est  21h 10 à Paris, et comme à l’accoutumée, une voix grave annonce: and now ladies and gentlemen the Rolling Stones ……..le show attaque direct sur « Jumpin’ Jack Flash » ; on casse la routine, car jeudi dernier c’était « Sympathy… » qui ouvrait le bal.No Filter

Direct suit  un petit « It’s Only Rock and roll ». Sur scène, la Stones machine tourne à plein régime pour et par la musique. Mais, le plus surprenant sans doute, reste cette convivialité, cette incroyable complicité entre eux. Le sourire est sur toutes les lèvres, le taiseux Charlie inclus, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. On sent bien que les quatre Stones ont largement dépassé tous leurs problèmes d’ego, pour pouvoir seulement kiffer cet incroyable exercice de très haute voltige que sont les concerts des Rolling Stones. On est bien loin de la guerre froide entre Keith et Mick qui sévissait par exemple durant le « Steel Wheels Tour » des 90’s lorsqu’ils se regardaient à peine. On poursuit sur cette belle vitesse de croisière avec « Tumbling Dice », et l’on ne peut s’empêcher de se dire : « putain, mais c’est vraiment en place , ça joue , ça déménage ». Hélas, si coté vision tout baigne grâce aux écrans géants, cotés son hélas, trois fois hélas rien ne s’est arrangé depuis le premier concert du 19. Une saleté d’écho continue à rebondir sur les parois ovales de la salle, ruinant le plaisir de déguster les Stones. Dans une salle qui a couté 350 millions d’euros et/ou la moindre des 40.000 places dépasse largement les 100 boules, on se dit fuck…trois fois fuck , ça vous gâche le plaisir!Stones

Le concert se poursuit en direction du delta où tout est bleu, avec « Hate to See You Go » et « Ride’e Em On Down », extraits du dernier sacré album de blues qu’est « Blue & Lonesome ». La Stones continue à remonter le temps jusqu’à l’aube des 70’s avec « Goat’s Head Soup ». On se régale d’abord avec un rare « Dancing With Mister D » avant d’enchainer le titre sélectionné par un vote du public, le joyau  « Angie ». Le show se poursuit, speed et énergique comme une attraction de Disneyland. Un cor de chasse apparait en gros plan sur les écrans tandis que retentit l’intro mélancolique, mais identifiable entre toutes de « You Can’t Always  Get What You Want ». Les puissants flashs rock continuent de nous aveugler – on aurait aussi aimé qu’ils puissent joyeusement nous assourdir d’un son parfait, ce qui n’est pas le cas-  avec le frénétique « Paint It Black, puis retentit la cloche de « Honky Tonk Women » et le son rock se durcit encore. On peut même dire que les grattes rasent nettes. On n’échappe pas à l’habituelle présentation des musiciens par le Maitre de cérémonie Jagger et c’est au tour de Keith de prendre toute la lumière avec son incunable « Happy » suivi de « Slipping Away ».

Nous sommes prêts pour la deuxième phase du show : « Miss You » taillé sur mesures pour déhancher les dames, avec un Darryl Jones qui fait rouler sa basse au max. Sur « Midnignt Rambler », le son enfle encore ; la guitare de Keith découpe l’Arena et Mick continue encore et toujours de faire ce qu’il sait faire le mieux …le Mick qui se dandine et se déhanche avec conviction. Après, c’est le tir direct avec  « Street Fighting Man » , puis « Start Me Up », « Sympathy For the Devil » et « Brown Sugar » carrément fouetté ! Les Stones saluent la foule et la salle se retrouve plongée dans le noir. Puis c’est le titre sans doute le plus Stonien, « Gimmie Shelter », et ce show hors normes s’achève avec le fameux et éternel problème de satisfaction qui a toujours su nous faire bander. Tout ce qu’on peut souhaiter désormais c’est que pour le dernier concert du 25 le son soit ENFIN à la hauteur de ce tour tout en superlatifs. C’est tout ce qu’on peut souhaiter aux futurs (heureux) spectateurs !

 

Denis GARNIER

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