BROTHER ALLMAN

Allman-Betts-bandAllman-Betts-bandAllman-Betts-bandAllman-Betts-bandAllman-Betts-band-Allman-Betts-bandÀ la fois facile et pas facile d’être un « fils de ». C’est comme la roulette russe, parfois ça marche, d’autre pas. C’est une question d’alchimie, bien plus que d’ADN. Avec Devon Allman, le fils de Gregg, allié à Duane Betts, le fils de Dickey Betts, la question ne se pose pas. Il a formé le Allman Betts Band, dont le second album « Bless Your Heart » reste un des disques les plus cruciaux du moment. Et aujourd’hui, live de Saint-Charles, Missouri, Devon répond aux questions de Gonzomusic…

Devon AllmanC’est vrai, avec un peu de retard à l’allumage, j’avais massivement craqué sur le tumultueux « Bless Your Heart », ce deuxième album du Allman Betts Band ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/the-allman-betts-band-bless-your-heart.html ). D’où l’idée de mener un entretien avec l’une des deux têtes pensantes de la formation sudiste. A 48 ans, Devon Allman a déjà bien des kilométres à son compteur rock. Et s’il a été parfois guest des concerts du groupe de son père, il s’est déjà distingué au fil des ans portant bien haut la torche familiale dès son tout premier groupe the Darkhorses au tournant des 90’s, avant de former the Honeytribe, puis dix ans plus tard, le Royal Southern Brotherhood et enfin son Allman Betts Band, tout en enregistrant ses propres albums solos. Ardent guitariste, il a formé son nouveau groupe au lendemain de la perte coup sur coup de son père puis de sa mère en 2017. Trois ans plus tard on comprend pourquoi son « Bless Your Heart » sonne comme l’album de la maturité. Live de Saint-Charles, Missouri, voici  Devon notre cool brother Allman…

« Comment ça va Devon?

Super et toi ?

Tout va bien, ici à Paris, je te remercie. Et toi, où es-tu exactement aujourd’hui?

Je suis à Saint Charles, dans le Missouri, juste au nord de Saint-Louis et de Nashville.

En fait, je croyais que tu vivais en Géorgie.

Pas du tout,  j’ai grandi au Texas et je suis installé dans le Missouri, depuis plus de 20 ans.

Mais alors, le groupe se serait formé au Missouri ?

En fait, on vient un peu des quatre coins des USA. Certains des gars viennent de Los Angeles. D’autres du New Jersey ou de la Floride, ils sont vraiment issus d’un peu partout.

Devon Allman et  Dwayne Betts

Devon Allman et Dwayne Betts

Et Dwayne Betts ?

Dwayne a des attaches à la fois à LA et en Floride, mais il fait sans cesse des aller-retours entre les deux.

Mais vous vous connaissez depuis l’enfance, non ?

Pas exactement, en fait on s’est vraiment rencontrés durant le reunion tour des Allman Brothers en 1989. Moi j’avais dix-sept ans, tout comme Duane Betts. Nous étions des ados.

Je pensais que vous aviez grandi ensemble, après tout ne porte-t-il pas le prénom de ton oncle ? Ce n’est pas une coïncidence.

Bien sûr que non, son père Dickey Betts et Duane Allman étaient les meilleurs potes du monde, en tant que membres fondateurs du Allman Brothers Band. Et c’est bien entendu la raison pour laquelle il a donné ce prénom à son fils.

Avant que l’on évoque de manière plus précise les chansons du nouvel album, je voulais te dire qu’il m’avait replongé dans un climat que je croyais avoir oublié depuis mes années d’adolescence, le son du label Capricorn Records. La plupart de ces groupes arboraient le mot « band » dans leur nom. The Marshall Tucker Band, The Allman Brothers Band, The Charlie Daniels Band… alors, pourquoi n’avons-nous pas the Allman Betts Brothers Band ?

(rire)… très drôle ! C’est vrai qu’on aurait pu nommer ainsi notre groupe, mais quand tu cherches un nom et que tu y intègres le mot band, c’est aussi une manière de montre qu’il n’y a pas uniquement Duane et moi dans, mais que nous sommes une formation solide de sept musicos.

CapricornTous les noms de groupes de Capricorn Records que j’ai cités, tu les connais ?

Et comment !

Tu as grandi en les écoutant ?

J’ai grandi en écoutant des tas de choses différentes, du R n’ B au metal en passant par la pop et le rock. Je n’ai pas spécifiquement écouté des groupes de southern rock, mais plutôt les Rolling Stones et ce n’est qu’ensuite, lorsque j’étais un plus âgé, que je me suis mis à écouter tous ces groupes du sud. Mais c’était essentiel pour moi, lorsque j’étais jeune, d’avoir un spectre le plus large possible de la musique.

Cela s’entend incontestablement dans l’album. D’abord désolé de l’avoir raté au moment de sa sortie l’an passé, et donc d’avoir tardé à l’écouter à cause du COVID avant de finalement succomber. Il a un super son, des influences incroyablement diverses y compris une chanson « The Doctor’s Daughter » qui ressemble à s’y méprendre à du… Pink Floyd, comment parvenez-vous à créer une musique aussi éclectique ensemble ? Comment travaillez-vous ? Qui fait quoi dans le groupe ? Qui allume l’étincelle de la création ?

En fait, chaque chanson est différente. Je pense que comme la plupart des albums, au fur et à mesure de son écriture, la toute première chose à laquelle Duane et moi nous nous attelons c’est de nous réunir pour en parler, cela s’est passé ainsi pour le premier album comme pour le 2nd album, on travaille un peu de la même manière que les producteurs et réalisateurs d’un film qui discutent ensemble pour savoir quel genre de film ils ont envie de tourner. Mais aussi, à quoi va-t-il ressembler. Nous échangeons pour savoir quel genre d’album nous avons envie de faire, comment on doit le faire sonner, quelles idées nous voulons faire passer. On définit toujours les plans de notre projet. Une fois que nous nous sommes posés pour en discuter, nous avons déjà une idée de ce que nous voulons. C’est à ce moment que nous commençons à écrire des chansons. Au bout d’un moment, nous finissons par obtenir 2 ou 3 titres dont nous pouvons être fiers et c’est comme une porte d’entrée vers notre projet. Et c’est ainsi que nous savons si les chansons suivantes peuvent rentrer dans ce cadre-là. C’est ce que nous avons fait pour cet album. Les 2 ou 3 premières chansons ont ainsi dicté tout le reste de l’album. Et c’était particulièrement cool d’arriver à sortir une chanson comme celle qui ressemble effectivement à du Pink Floyd. Cette chanson a été co-écrite par le bassiste Berry Oakley. Et elle était vraiment différente. Aucune autre chanson n’était dans cette veine. C’était justement cool de s’éloigner de tout ce que nous avions fait. Mais pas trop loin quand même ! Elle nous rappelle l’âge d’or du classic rock. Allman Betts Band

On dirait « Wish You Were Here” rencontrant “Speak To Me” !

Ah oui, c’est certain !

C’est un joli clin d’œil et un bel hommage.

Et, franchement, cela n’était pas prémédité. Tu te doutes qu’on ne s’est pas dit : tiens inventons une chanson inédite de Pink Floyd. Mais dès que tu additionnes quelques éléments comme un rythme ralenti, une guitare acoustique et une slide guitar, tu finis par avoir ce son. Disons que c’était un accident heureux. En fait, quand j’ai commencé à la composer elle sonnait beaucoup plus comme du Paul McCartney and Wings. Mais lorsque nous l’avons enregistrée et achevée, on s’est dit que Pink Floyd c’était tout aussi bien.

Donc je ne rêvais pas en te parlant du Floyd. Les chansons sont assez différentes les unes des autres, néanmoins elles ont quelque chose en commun, ce sont des chansons américaines, portées par le blues, par la soul, par la country, par le folk, par le rock, autant d’éléments typiquement américains.  Es-tu d’accord avec cette définition?

Oui, je confirme, c’est effectivement un album typiquement américain. Je pense que ce qui fait que notre groupe soit aussi spécial, c’est ce mélange unique de styles. On retrouve du classic rock, du blues, de la country, tu jazz, du RNB, le tout interprété à notre manière. C’est un cocktail de tout ce que les musiciens apportent chacun de leur côté, donc, oui tout cela est intrinsèquement américain.

Si je tracer un parallèle avec une certaine chanson intitulée « Jessica », cela te paraîtrait il dingue ?

« Jessica » est pas mal…

… instrumentale… 

… oui, mais c’est une chanson bien plus joyeuse, elle est en mode majeur. Il y a bien quelques petites touches ici et là, mais si on veut tracer un parallèle avec les Allman Brothers, on pense plutôt à « In Memory of Elizabeth Reed » qui est bien plus introspective.

Oui.

Pour moi « Jessica » incarne la pop song idéale.  Tellement accrocheuse, tellement joyeuse. Tandis que notre « Savanah’s Dream » est bien plus climatique, mélancolique et sombre. Mais aussi plus mystérieuse et peut être même encore plus sexy, le genre de vibration justement qu’on retrouve dans « In Memory of Elizabeth Reed ». Il me semble que cette chanson s’inscrit totalement dans la perpétuation de la famille Betts et ce qu’elle sait si bien faire.

C’était important pour vous de ménager cet espace pour un instrumental sur l’album ?

Sur mes albums solos, j’avais déjà des instrumentaux et sur chacun de mes disques, on retrouve un instrumental.

C’est un peu ta signature.

Exactement. Et puis surtout pour les groupes de rock, c’est un peu comme un Saint Graal d’être capable d’en sortir un. Aussi, lorsque Dwayne m’a dit qu’il travaillait sur un instrumental, j’étais littéralement fou de joie. Je savais que ce groupe avait besoin d’un super instrumental. Mais lorsqu’il a commencé à me la jouer et que j’ai entendu sa composition, j’ai bien entendu complètement craqué. Il y avait tout ce qu’on voulait sur ce titre. C’est carrément celui que je préfère de tout l’album.

C’est comme une bouffée d’oxygène, cet instrumental. À mon sens, mon titre préféré de tout l’album, puisque j’ai un faible pour les tubes, c’est « Airboats and Cocaine » qui sonne comme un épisode inédit de « Miami Vice ». Et pas uniquement parce que je trouve qu’il sonne comme le « Smuggler’s Blues » de Glenn Frey. Qu’en dis-tu Devon ? Allman Betts Band

Je crois que tu as effectivement mis le doigt dessus et oui j’avoue c’est un immense clin d’œil et pas seulement musical, mais aussi au niveau des textes. Car si tu t’intéresses aux paroles, tu comprends que le type est tombé éperdument amoureux de la fille sauf qu’elle appartient à la mauvaise famille. Et il réalise rapidement que les parents de la fille sont des barons de la drogue. Bien entendu, il n’est pas question de glorifier l’usage des drogues et ses trafics, mais dès que le je l’ai entendue je l’ai adorée. Surtout lorsque Wayne a introduit sa guitare acoustique sur des vocaux chantés de manière grave. Je me suis dit aussi: voilà la chanson idéale où doubler les parties chantées.  Et lorsque nous avons conjugué nos deux voix, cela sonnait juste parfaitement. Sur ce coup-là, on a vraiment eu de la chance. Car on peut faire de bonnes chansons ensemble, on peut jouer très bien de la guitare ensemble, tu peux avoir une véritable alchimie, mais au niveau des voix soit cela sonne parfaitement soit cela ne le fait pas. Aussi nous avons eu beaucoup de chances que sur une telle chanson nous sonnions aussi bien ensemble.

Ah, il faut évoquer « King Crawler », une chanson vraiment remarquable. Elle me rappelle les Rolling Stones des 70’s période « Exile On Main Street » ou « Goat’s Head Soup », c’est un super blues blanc.

Cette chanson, lorsque Dwayne me l’a apportée pour la première fois, j’ai immédiatement pensé à Keith Richards et aux Stones de « Goat’s Head Soup » tout comme toi. J’ai juste rajouté une voix haute sur le refrain et c’est à ce moment-là que l’un des musiciens du groupe nous a fait remarquer que le titre nécessitait un bon gros saxophone bien puissant, nous avons fait alors appel à Art Edmaiston qui jouait avec mon père. Il est venu et il a fait carrément sauter la baraque. C’est une chanson qui n’exige pas qu’on se casse la tête, elle est simple et directe. Je me souviens que Dwayne n’avait pas encore trouvé de titre pour cette chanson, et j’ai remarqué que dans le refrain il y avait cette phrase « I know you’re mad coz I stayed too long /I’ll get back to you even if I have to crawl ( Je sais que tu es en colère parce que je suis resté trop longtemps / je reviendrai vers toi même si je dois ramper) ». Et je lui ai donc fait remarquer que ce petit salaud était constamment en train de prier pour que cette femme accepte tout de même de le reprendre malgré tout ce qu’il a pu faire. Et il est tellement doué pour supplier qu’il est carrément le roi des suppliants… d’où le titre de la chanson ! Et là on s’est dit soudain : oui c’est ça, c’est comme ça qu’il faut appeler cette chanson. Je crois qu’on peut dire que nous avons eu pas mal de chance du côté du choix des titres de chansons.

tom-petty-« Carolina Song » me rappelle vraiment Tom Petty. Il compte parmi tes influences? C’est quelqu’un que tu écoutes souvent ?

Au sujet de Tom Petty, justement, j’étais à Birmingham, en Alabama pour aller rendre visite un pote. Et il y avait ce petit resto qui faisait des barbecues. Il n’y avait personne j’étais tout seul au bar à commander ma bière et ma viande grillée. Et soudain le type derrière le bar à regarder l’écran de son téléphone et là il est devenu livide. Je lui ai dit : ça va mon vieux? Et c’est là qu’il m’a répondu : je le crois pas, Tom Petty est mort ! J’ai répliqué : c’est une mauvaise blague ou quoi? Et là j’ai pris mon propre téléphone et j’ai vu défiler la nouvelle sur les fils d’info. Quelques instants plus tard, on m’a apporté ma commande, mais dès qu’on l’a posé devant moi je l’ai repoussé. J’étais absolument incapable de manger quoi que ce soit. Tom Petty comptait vraiment parmi ceux qui m’avaient le plus influencé, c’est dire quel choc j’ai ressenti lorsque je l’ai appris. Bien sûr, sur un tout autre niveau il y a mon père, mais c’est mon père, donc c’est différent. Mais Tom Petty, il avait composé la bande originale qui a accompagné toute ma vie depuis mon enfance.  De « Don’t Do Me like That », « The Waiting »… y compris ce qu’il a fait plus tard « Free Fallin’ » et « Mary Jane’s Last Dance ». Pour moi il incarnait l’un des meilleurs auteurs-compositeurs rock de tous les temps. Son écriture musicale était si fluide, il composait sans effort, avec juste trois accords. Mais comment réussissait-il à chaque fois un truc pareil ? Je suis tellement frustré de ne jamais avoir eu le privilège de le voir sur scène. Cela me brise le cœur. Je crois qu’une fois j’ai eu des billets pour aller à un de ses concerts au début des 90’s, mais le show avait dû être annulé à cause de la météo, une tornade menaçait. Alors forcément, il y aura toujours un peu de Tom Petty dans notre musique. Sur le premier album de Allman Betts Band nous avions déjà fait cette reprise de « Southern Accent » de Tom Petty. Et en concert il nous est arrivé de jouer « Stop Breaking My Heart Around »  et aussi « Free Fallin’ »  et « You Got Lucky ».

Ce n’est donc pas étonnant qu’il y ait un peu de Tom Petty dans votre chanson « Carolina Song ». Et quelle année es-tu né Devon ?

Je suis né en 72.

Okay, alors en 1978, je n’étais alors encore qu’étudiant, je me suis retrouvé au Whisky A Gogo sur Sunset boulevard ou j’ai assisté à un concert incroyable de Tom Petty & the Heartbreakers ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/tom-petty-ne-volera-plus-jamais.html ).

Waw !

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Devon Allman and Gregg Allman

Tu as mentionné ton père, qui nous a quittés il y a trois ans, tout à l’heure, cela doit être très difficile pour toi de juger sa musique, mais on présume qu’il t’a énormément influencé, non?

Ce n’est pas facile, car tu dois respecter son œuvre et son catalogue. Surtout depuis qu’il n’est plus parmi nous ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/gregg-allman-rejoint-son-frere-duane-a-seulement-69-ans.html ). Forcément, il y a une attente des fans, qui veulent entendre certaines de ses chansons. Par conséquent, la moindre des choses, c’est de les étudier pour leur rendre justice, être vraiment sincère pour capturer les moments privilégiés  de ces chansons. Mais en même temps, je suis moi-même artiste, avec mes  propres albums et ma musique à faire partager. J’ai aussi grandi en écoutant des choses extrêmement différentes. Donc, tout est une question d’équilibre, et lorsque le Allman Betts Band monte sur scène pour un show de 2h30 avec 23 chansons, 2 d’entre elles peut-être sont des chansons de nos pères. On a vraiment étudié de près les versions originales pour rester les plus fidèles possible à leur esprit. On essaye surtout d’être sincère pour tous ces fans nostalgiques qui retrouvent leur esprit teenager, comme s’ils allaient à un concert pour la première fois de leur vie. Mais en même temps tu as envie de laisser ta propre marque dans la musique.

Et donc vous devez jouer l’équilibre entre votre fidélité et votre différence. Connais-tu un groupe baptisé Promise of the Real ?

Bien sûr, c’est le groupe de Lukas Nelson et c’est un ami à nous.

Peut-on considérer qu’il sont un autre groupe intéressant de « fils de … » ?

À fond ! Et Lukas est excellent, justement, pour maintenir cet équilibre entre cette tradition familiale et sa propre imagination. Lorsque je l’entends chanter bien sûr je trouve qu’il y a un écho de son père au fond de sa voix. Il a cette même tonalité cette voici merveilleuse. Mais il fait aussi des choses différentes il est plus rock, c’est un lead guitar incroyable. Et son groupe et vraiment super. Nous avons fait des concerts avec eux. Je suis sûr que par moment Lukas a envie de reprendre certaines des chansons de son père. C’est à lui de choisir, mais en tout cas quelle chance nous avons d’avoir été entouré par de tels artistes. Donc il est naturel nous préservions cet esprit musical de famille.

Peut-on imaginer une collaboration entre vos deux groupes?

Ah, mais on a déjà fait des bœufs ensemble. À un de nos concerts, Lukas est monté sur scène et a interprété « Midnight Rider » avec nous. Donc, tu vois il y a déjà un historique entre nous ; qui sait, le futur reste à écrire.

Il est difficile d’éviter d’en parler, en regardant les chaines d’info après ce qui s’est produit le 6 janvier, date de l’attaque sur le Capitole, aux États-Unis. ( l’interview  de Devon Allman a eu lieu dix jours plus tard, le 15 janvier). Comment juges-tu tous ces évènements ?

Allman Betts BandC’est très difficile de juger. Nous sommes à une époque charnière, à la croisée des chemins et là je parle du monde entier avec cette pandémie contre laquelle nous luttons depuis un an. Une telle pression exacerbe forcément les tensions. Et nous, en tant que pays essayons à nouveau de redéfinir notre propre identité sur la scène internationale. Mais si seulement tout le monde faisait l’effort de se souvenir que nous sommes avant tout des êtres humains, et que nous devons traiter tous les autres avec respect, et peu importe en quoi ils croient ou qui ils peuvent prier. Et c’est ce respect mutuel qui doit prévaloir. Je me souviens j’e devais avoir 15 ans, lorsque j’ai réalisé l’importance de déterminer pour qui tu voulais voter, qui tu voulais prier et avec qui tu avais envie de te mettre au lit. Mais cela ne concerne que toi et je continuerai à t’aimer et à te respecter quelles que soient tes convictions. Mais peut-être est-ce la tempête qui précède le calme ? Nous avons vraiment besoin de nous comprendre, mais pour le moment les choses sont si tendues, pourtant elles n’ont nul besoin de l’être.

Tu penses que ton pays va pouvoir guérir?

Je suis toujours optimiste, je veux toujours croire qu’au plus profond de lui l’être humain est bon, même si parfois il lui faut nager dans un océan de merde pour retrouver la terre promise et le soleil. Donc, pour te répondre, oui je suis plein d’espoir.

Tu évoques la pandémie, crois-tu que cela va t’inspirer des chansons qui vont refléter ta propre expérience durant cette période dans ton prochain disque ?

En tant qu’artiste, tu traverses certains moments graves dans la vie, lorsque tu perds tes parents, par exemple, que tu affrontes un divorce ou un chagrin majeur, alors, forcément, cela déteint d’une manière ou d’une autre sur ta musique. Cette pandémie, c’est un terrain complètement vierge, jamais nul n’aurait imaginé vivre une telle situation. Je crois qu’effectivement certaines de ses nouvelles chansons auront pour thème l’isolement. Mais peut-être pas de manière directe ou au premier degré. Je crois effectivement que plus rien ne sera exactement comme avant, mais que néanmoins quelque chose de positif sortira de tout cela.

Avec ce COVID j’ignore quand je pourrai te voir sur scène.

Si tout va bien, à la fin de cette année 2021 ou au tout début de la suivante.

Je présume que tu as vu les petites sessions acoustiques de Neil Young filmé par sa femme Daryl Hannah dans leur ferme?  

Ah j’en ai entendu parler, mais je ne les ai pas encore regardés.

Il faut que tu ailles voir sur son site neilyoungarchives.com

Je suis un très grand fan de Neil Young !

Pour clore cette interview, j’aurais deux petites choses rapides à te demander et d’abord cite moi un album remarquable comme si c’était la fin du monde et que c’était le dernier disque que tu pouvais sauver ?

Waw, tu veux dire comme si la maison était en train de brûler et que tu ne pouvais en sortir qu’un seul vinyle? Le truc qui me vient immédiatement à l’esprit c’est « My Favorite Things » de John Coltrane, mais si je pouvais aussi sauver un greatest hits de Curtis Mayfield je serai le plus heureux des hommes.

Et aussi, quel instrument sauverais-tu ?

C’est une question extrêmement difficile, car j’ai hérité de toutes les guitares de mon père. Mais j’ai aussi ma propre collection de guitares vintage. Ah c’est une autre question impossible à répondre. Je dirai la (Gibson)  J-200 de mon père  j’ai aussi cette beauté une Gibson 330 iconique de 64 et enfin une Strato de 66, ça devrait me permettre de survivre. »

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