VILAINE BLESSURE

Frank DarcelSurprise…le dernier opus de Frank Darcel ( Marquis de Sade, Octobre, Senso, Republik) n’est pas un disque, mais un roman et, plus précisément, un irrésistible polar. VILAINE BLESSURE est une drogue dure, dés qu’on y a goutés, impossible de le lâcher. Dans un Rennes aussi cinématographique que les rues de Los Angeles, avec un réel souci du détail qui compte, le guitariste rock nous tient en haleine sur 582 pages nécessaires pour résoudre tous les rebondissements de sa triple énigme policière.

Vilaine BlessureQui l’aurait cru, il y a un James Ellroy qui sommeille en Frank Darcel ( Voir dans Gonzomusic https://gonzomusic.fr/republik-exotica.html , https://gonzomusic.fr/la-republik-de-frank-darcel-en-marche.html , https://gonzomusic.fr/retour-vers-le-futur-de-marquis-de-sade.html  ) même si son « Dahlia Noir » à lui est une jeune adolescente blonde de bonne famille âgée de 16 ans, soudainement disparue avec son meilleur ami. Dans les crédits, à la fin du roman, Darcel prend soin de remercier de nombreux individus qui l’ont aidé à rédiger son livre et notamment de nombreux policiers.  Car VILAINE BLESSURE, le troisième roman du fringant rennais est d’une précision scientifique sur tout ce qui est relatif aux différents services de Police, à leur organisation comme à leurs us et coutumes. Son héros principal est une héroïne, Laure, une femme forte et déterminée qui parviendra à résoudre cette énigme à trois bandes, en assumant ses propres failles. La grande force du roman c’est aussi sa ville, Rennes, omniprésente entre les pages. Du rôle central joué par le parc du Thabor, au marché de la place des Lices, qui remue tant de souvenirs en moi les lendemains de Trans, lorsqu’on était réveillé, le dimanche matin à l’hôtel Pingouin, par les cris des poissonniers en quête de chaland. Rocker un jour, rocker toujours…c’est plus fort que lui, entre les lignes Darcel ne peut s’empêcher de semer ses références musicales, comme le petit Poucet lachait ses petits cailloux dans sa forêt. On croise ainsi, coup sur coup, le « Personal Jesus » de Depeche Mode, Annie Lennox la chanteuse d’Eurythmics, un poster de David Bowie dans la chambre d’Astrid ou encore un flic qui écoute Nirvana. Sans oublier cette affiche des Transmusicales de 2014, accrochée au mur du brigadier Derien. Totalement en prise avec l’actualité et ses propres convictions, Frank Darcel évoque les « gilets jaunes » et dénonce au passage les graves blessures occasionnées par les LBD. L’exercice ne semblait guère aisé : parvenir à signer un OVNI, un « polar rock » qui tienne la route. Mission accomplie, pour le troisième livre de l’infatigable romancier musicien qui, non content d’avoir reconstitué Marquis de Sade, travaille d’arrache-pied à un nouvel album du groupe mythique, TRENTE HUIT ans après la sortie de « Rue de Siam ». Croisé à New York City, Frank venait d’achever une séance avec le légendaire saxo intello punk James Chance. D’autres guests prestigieux ont déjà rejoint le casting (Tina Weymouth et Chris Frantz, sans doute)  de cet incroyable retour vers le futur de Marquis de Sade et là ce n’est pas du roman !

 

VILAINE BLESSURE

Par Frank Darcel

Le Temps éditeur

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