THE WAR ON DRUGS « I Don’t Live Here Anymore »

The War On DrugsDieu du ciel… c’est le grand retour d’Adam Granduciel et de son War On Drugs, qui signe avec son sidérant 5éme épisode de ses aventures ce qui constitue sans doute son meilleur album à ce jour. Entre Neil Young et David Gilmour, à la fois rock énergique et planant évanescent « I Don t Live Here Anymore » est incontestablement d’ores et déjà un des albums phare capable d’ éclairer cette étrange année 2021.

The War On DrugsIl y a toute la délicatesse du Neil Young d’« Harvest » dans cet album, mais pas que… « I Don t Live Here Anymore » se révèle aussi classieusement planant qu’un disque de David Gilmour, un climat à la fois éthéré et dépaysant qui nous entraine dans des sommets où l’oxygène se fait plus rare pour mieux faire tourner nos têtes. Certes, ce n’est pas la première fois que je craque sur The War On Drugs, ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/les-rolling-stones-annoncent-une-collaboration-surprise-avec-the-war-on-drugs.html et aussi https://gonzomusic.fr/bonjour-scarlet-version-rolling-stones-war-on-drugs.html ), mais quatre ans après leur brillant « A Deeper Understanding » la formation de Philadelphie revient nous subjuguer de ses balades en clair-obscur. Et depuis la découverte des Black Keys, TWOD est sans conteste une des « nouveaux groupes US » parmi les plus excitants. D’ailleurs, dès la merveilleuse intro au piano du premier titre « Living Proof » le ton de l’album est donné : il sera cool, délicat, intimiste, introspectif. Comme une complainte de cow-boy solitaire la voix grave d’Adam scande sa poésie iconoclaste et sa guitare électrique lui répond avec une émotion et une dextérité digne de David Gilmour. Puis « Harmonia ‘s Dream » nous subjugue à la manière si flamboyante d’un Springsteen ou d’un Petty portés par le vent de l’émotion., sans doute une des plus belles compos de l’album. Cependant elle est loin, très loin d’être isolée. Avec « Change » le cœur d’Adam penche irrésistiblement du coté des Byrds performant ce son de guitare qui ressemble tant à du Roger McGuinn de « So You Want To Be a Rock and Roll Star », vous avez dit… classique ? Retour à la case plus cool que cool avec ce titre si climatique et si addictif « I Don’t Want to Wait » aux accents planants particulièrement Gilmouriens puis avec « Victim » TWOD continue de nous captiver à la manière d’un Springsteen.

the war on drugsMais c’est surtout avec « I Don’t Live Here Anymore » que  l’ami Granduciel touche  au Nirvana : rock song aussi entêtante que parfaite dont la mélodie s’imprime instantanément dans nos cerveaux aguerris. Hit incontournable porté par son riff kripto-Gilmourien, enregistrée avec le quatuor Lucius de LA la chanson-titre du CD est juste monumentale, portée par sa mélodie si catchy et ses harmonies qui pulsent la chamade. Trop bien. Dépouillée et volontairement minimaliste « Old Skin » évoque également le Springsteen minimaliste guitare-voix de « Nebraska »… lorsque la suivante « Wasted » évoque plutôt le Boss mais en version plus musclée de « Human Touch » ou de « Dancing In the Dark » dans l’écho de cet american dream que les deux artistes partagent.  Avec « Rings Around My Father’s Eyes » Adam s’abreuve cette fois aux sources d’un certain Loner tant cette chanson tendre et nostalgique emprunte à Neil Young son fameux spleen d’éternel garçon-vacher. Enfin, ce superbe album s’achève sur la lumineuse « Occasionnal Rain », comme une chevauchée fantastique dans le coucher du soleil des grands espaces imaginaires de nos Far-West intérieurs, entre Poco, Eagles, Petty, les New Riders of the Purple Sage, les Quicksilver Messenger Service et c’est juste grandiose lorsque les lettres « The End » s’inscrivent à l’écran avant le générique. Et l’on se dit:  Dieu du ciel, ce Granduciel est enfin devenu un inoxydable héros Américain !

 

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