THE SERPENT

The-SerpentDirectement inspiré par un tueur en série diabolique, détenteur d’un passeport français, qui a essaimé ses nombreuses victimes aux quatre coins de l’Asie, THE SERPENT ciblait les jeunes routards des 70’s, il les droguait ou les empoisonnait, avant de les assassiner et de les dépouiller, sans aucun état d’âme. Dans le rôle-titre de cette époustouflante mini-série Netflix, Tahar Rahim est juste sidérant de justesse, incarnant magistralement ce personnage glaçant à la manière d’un Anthony Perkins dans « Psycho ».

The-SerpentDire que tout au long de ses huit épisodes THE SERPENT nous tient en haleine, serait un pléonasme tant cette série britannique et pourtant résolument francophile ménage suspense sur suspense. Tahar Rahim, éblouissant dans le rôle-titre s’est littéralement glissé dans la peau ce Serpent. Car son personnage Charles Sobhraj justifie largement son surnom, agissant à la manière de ces crotales qui charment et endorment leur proie pour mieux les estourbir. Tueur en série, il drogue et assassine ses victimes le plus souvent par le poison, mais pas que. Noyade, étranglement, égorgement… tout est bon pour tuer et dépouiller avec le plus grand sang-froid. Et il tire une incontestable jouissance de son audace et de sa puissance. De son vrai nom Hotchand Bhawnani Gurumukh Charles Sobhraj, il nait le 6 avril 1944 à Saigon. Son père d’origine indienne l’a abandonné à la naissance et sa mère vietnamienne épouse un lieutenant français qui accepte de l’adopter. Le métis devenu ainsi citoyen Français va suivre ses parents qui s’installent dans l’hexagone. Mais il se sent rejeté à cause de sa couleur de peau. Sa haine va alors nourrir son esprit criminel. Premier séjour en prison pour vol et premières esbroufes. Il séduit une jeune fille de bonne famille, la met enceinte et poursuit ses larcins. Pour éviter à nouveau la prison, il s’enfuit avec elle en Inde, où il poursuit ses arnaques. Lassée, elle le quitte pour rentrer à Paris. Dès lors, Sobrhaj en roue libre va passer à la vitesse supérieure, ne se contentant plus de détrousser ses victimes pour assouvir sa passion dévorante du jeu, mais les assassinant pour les dépouiller et usurper leur identité en endossant leurs passeports. En Inde il rencontre Marie André Leclerc (Jenna Coleman), une Canadienne française paumée. Elle devient sa complice jouant l’épouse accomplie ou la secrétaire, au gré de ses scénarios malsains destinés à attirer leurs proies dans leurs filets.  Elle se présente comme Monique tandis que Charles devient Alain Gautier.

The-Serpent

Nous sommes dans la première partie des années 70, de nombreux jeunes du monde entier parcourent l’Asie en quête d’une autre philosophie plus peace and love. Ces hippies vont alors constituer le cheptel sacrificiel du SERPENT. À Bangkok, il se présente soit comme un négociant en pierre précieuse, soit comme un dealer. Épaulé par son âme damnée, Ajay un Pakistanais, il attire et assassine par la drogue, le poison, le couteau ou la noyade de nombreux jeunes gens, sans jamais attirer le moindre soupçon des autorités thaïes. Jusqu’à ce jour où un obscur troisième secrétaire de l’Ambassade de Hollande décide de se pencher sur la disparition d’un jeune couple néerlandais. Herman Knippenberg ( Billy Howle) va alors retrouver les corps calcinés des deux jeunes gens et découvrir qu’ils respiraient encore lorsque leurs corps ont été brulés. Bouleversé par l’horreur de ce crime, il n’aura de cesse de retrouver leurs meurtriers. Plaçant toute son énergie dans cette véritable enquête de détective, au point d’y sacrifier son propre mariage, Knippenberg va se substituer à la police thaïlandaise défaillante et découvrir que ses deux Hollandais ne constituent que le sommet d’un terrible iceberg criminel. Car les victimes du SERPENT et de sa bande se comptent par dizaines. Elles sont américaines, turques, françaises, allemandes, britanniques… Sobrhaj n’a aucun état d’âme pour joncher sa route de cadavres.  Tahar Rahim juste aussi incroyable qu’il se révèle terrifiant décroche ici ce qui constitue sans doute son plus beau rôle depuis son apparition époustouflante dans « Un prophète » le film de Jacques Audiard de 2009. Produit par la BBC et Netflix, tourné entre la Thaïlande et l’Angleterre pour les scènes qui se déroulent en France et en Inde, THE SERPENT est aussi boosté par sa superbe BO particulièrement francophile où se distinguent, entre autres, Gainsbourg et Dutronc parmi de nombreux hits des 60’s, comme le psychédélique « Jump Into the Fire » de Nillson. Bref, vous l’aurez compris, cette mini-série de 8 épisodes proposée depuis début avril est un puissant thriller, un véritable choc télévisuel.

 

Diffusée sur Netflix depuis le 2 avril 2021

 

 

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