LES NEUF VIES DES WASHINGTON DEAD CATS

Washington Dead CatsJoyeusement intitulé « Attack of the Giant Purple Lobsters », c’est le 9éme album-studio en TRENTE CINQ années d’intense activité rock and roll des Washington Dead Cats. Emportée par le fringant Mat Firehair, la légendaire formation alternative hexagonale prouve qu’elle n’a rien perdu de son intense et radicale énergie, offrant sur scène son cocktail explosif de surf-music, de country, de punk et de rockabilly. Rencontre à la Maroquinerie avec ces fameux « chats morts de Washington » et leurs homards zombies ( sic !)

Mat Firehair

Mat Firehair par Didier Bonin

C’est un album plein de homards qui n’aurait pourtant pas fait rougir de Rugy. (humour !) Et pourtant…(Note à benêts : La rédaction de Gonzomusic tient impérativement à préciser que toute cette histoire de homard date d’AVANT que n’éclate la fameuse « affaire De Rugy » mais que ce tire au flanc de GBD a mis trois mois à transcrire et à rédiger l’interview ),  sans ce puissant et, oh combien ironique « Attack of the Giant Purple Lobsters », je n’aurais sans doute pas retrouvé les Washington Dead Cats et leur lider maximo pour un entretien aussi nostalgique qu’extensif. En effet, je n’avais pas croisé Mat Firehair et ses chats sauvages depuis le crépuscule des 80’s et les furieuses années Bondage aux côtés des Bérurier Noir, des Ludwig Von 88 ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/bruno-garcia-des-ludwig-von-88-a-sergent-garcia-1ere-partie.html et également https://gonzomusic.fr/bruno-garcia-des-ludwig-von-88-a-sergent-garcia-2eme-partie.html ) et des Satellites.

Formés en 84, les Washington Dead Cats ont sans doute choisi leur blaze en double référence croisée, Washington D(ead)C(ats) et, sans doute aux Stray Cats. Rapidement signés sur le label Bondage, les WDC doublent leur puissant mix musical rockabilly/ punk/surf-music d’un autre mélange, tout aussi crucial puisqu’idéologique, à base de véganisme avant l’heure et d’un amour immodéré pour l’univers des films d’épouvante de série Z. Ajoutez une exceptionnelle longévité digne des 9 vies d’un félin et pourtant si rare dans un groupe de rock. Mais, si d’ordinaire on ne change pas une équipe qui gagne, chez les Cats c’est tout le contraire, puisque de la formation d’origine ne demeure que chanteur-leader, le bien nommé Mat Firehair. Super prestance, belle gueule, Mat est un peu notre Chris Isaak made in France. Incontestable « gardien du temple », il incarne à lui seul toute la cohésion et l’idéologie de son groupe. Tout changer pour que rien ne change, telle pourrait être sa devise tant les Washes, comme il les appelle, ont su à la fois évoluer musicalement tout en restant extrêmement fidèles à leur univers si particulier. Et, ce soir, à la Maroquinerie, après une première partie juste infernale assurée par les Lords of Atalmont , les Washington Dead Cats nous ont offert un très grand show, générateur de tant d’énergies positives, largement à la hauteur de nos attentes. Mais, auparavant, juste avant les balances, rencontre dans la cour ensoleillée de la salle avec un Mat Firehair au top de sa forme pour un long, franc et forcément rock and roll entretien…

WDC

« On s’est connu voilà 30 ans, lorsque vous avez signé chez Bondage.

 

Oui, c’était en 86 au moment où on a cartonné. Cela a été hyper soudain, tu sais bien, à l’époque il n’y avait pas de médias. Enfin…

 

Oui BEST, Rock & Folk et Libé…plus les radios libres…

 

Quand on a cartonné au début, BEST et Rock & Folk on ne les intéressait pas du tout. Libé s’est intéressé assez tôt à nous, tout comme les radios libres, mais tout à coup on a fait un Elysée-Montmartre et soudain on a vu tout le monde débouler. Cela a mis au moins deux ans avant que les gens accordent leur confiance à ces groupes de rock français différents.

 

Surtout il a fallu un déclencheur qui était les Bérus….qui ont osé pactiser avec le diable en laissant NRJ diffuser à donf’ leur « Empereur Tomato Ketchup » qui était un vrai hit populaire. Et, à ce moment-là, tout a bougé !

 

En fait, ils n’ont même pas pactisé. C’est NRJ qui a passé le disque à donf, les Bérus n’ont rien demandé.

 

Je sais bien…mais ils auraient pu s’y opposer par voie d’huissier ou poser des bombes…

 

Oui, nous on s’est bien opposé aux passages et aux interviews sur radio Tour Eiffel. C’était atroce. On leur a expliqué qu’ils n’étaient pas un média !

 

Une question perso : quel âge as-tu ?

 

54…j’aurai 55 en septembre.

 

Ah oui…tu es vachement jeune !

 

Heu, j’ai des cheveux gris depuis deux ans…

 

OK, mais au moins tu as des cheveux…contrairement à beaucoup d’autres ! Tu es super bien conservé déjà par rapport aux autres Washington Dead Cats qui sont tous…plus là !

 

En fait, d’origine, il re reste plus que moi, c’est clair… mais c’est aussi moi qui avais commencé le groupe au tout début. Cependant, le batteur est là depuis 25 ans, le saxo 22 ans…le bassiste cela doit faire 6 ans…le guitariste d’avant Lord Fester, était resté 22 ans, on a eu quatre guitaristes en tout.

WDC 

C’est lui qui fait de la BD ?

 

En fait, il a arrêté, car nous avions un planning un peu compliqué. Entre les enregistrements, les tournées, on fait au moins 60 dates en moyenne par an, on joue vendredi, samedi et on revient le dimanche, lundi je me repose, mardi, mercredi je travaille pour la BD et je repars jeudi. Pour peu qu’on joue parfois du jeudi au dimanche, il rentrait le lundi et il pouvait bosser le mardi, mais ne pouvait rien faire d’autre, pour lui c’était vraiment trop compliqué. La BD c’est un truc qui le prend à 200% et avec un groupe comme le nôtre c’est aussi un engagement à 200%.

 

Regarde le cas inverse, les Denis Twist avec tous ces auteurs de BD dont Margerin, cela n’a jamais rien donné, car ils ne pouvaient pas se consacrer à fond à la musique et ils étaient tout de même investis dans la BD avant tout.

 

C’était exactement ça, comme les Ambassadeurs avec Vuillemin que j’avais vu en concert, le groupe s’est désintégré, car, dans le fond, c’est tout de même la BD qui t’éclatait le plus ! Tu ne peux pas être partout. Fred, pour lui, c’était difficile au bout d’un moment. Il avait un statut un peu mythique quand faisait les concerts avec nous. En 2003 lorsqu’il faisait ses sorties de BD au Megastore sur les Champs, on arrivait avec lui, nous on était pété et les mecs assemblés lui prenaient tous la main, inclinaient la tête et lui donnaient du « maitre…maitre »…

 

Go Vegetables GoSoniquement, par contre, les WDC sont restés ultras fidèles à la ligne du groupe. Juste un truc que j’ai réalisé en retrouvant mes pochettes vinyles Bondage c’est que vous étiez super précurseurs sur le coté végane, avec les légumes mis en avant et tout…

 

J’étais végétarien assez longtemps, mais ce n’est pas pour ça qu’on avait fait ça. À l’époque j’étais allé voir les Virgin Prunes ; on allait souvent voir des concerts punk, même avec la New Wave avec des trucs comme Siouxsie, qui en était issu et justement les Virgin Prunes en Irlande. Juste avant que tout ne devienne spécifique avec des canaux et des publics distincts. Et j’ai été frappé par l’univers qu’il nous offrait. C’est ce que moi j’ai toujours essayé avec le groupe avec nos pochettes si caractéristiques, avec la manière dont on écrit les chansons, c’est de proposer un univers qui nous appartienne. Qui a bien sûr énormément de références comme le surf, le rockabilly, la country…on a toujours joué avec une énergie punk-rock.

 

Entre les Beach boys et les Ramones, on va dire…

 

Voilà…moi ce qui me plaisait dans les Stray Cats, quand ils ont commencé, c’était ce que disait Brian Setzer : « tout le monde peut prendre une guitare et jouer, y’a pas besoin d’avoir de bon matériel. Tout le monde peut monter sur scène. C’était le même était d’esprit chez les Cramps ou chez les Clash, ça ne jouait pas super bien, mais les mecs y allaient à fond. Nous, quand on a commencé, il y avait une énergie derrière. Ce qui m’avait attiré dans le punk c’était l’énergie, ce qui m’intéressait chez les Clash c’était le côté social et politique que nous avons toujours eu, même si on ne l’a jamais mis en avant.

 

Ce côté socio-politique est le tronc commun de tous les groupes Bondage. Les Bérus n’étaient pas de super musiciens, mais…

 

Les Bérus étaient punks, mais ils ne ressemblaient pas à un groupe punk ordinaire ; ils avaient un véritable univers propre.

 

Comme les Satellites, super festifs avec leur section de cuivres. D’ailleurs, vous aussi vous avez toujours eu un cuivre dans votre formation.

 

C’est vrai, on a toujours eu un cuivre, voire deux ou trois…

 

Oui et c’est super, cela vous donne un côté Madness par moment.

 

C’est marrant que les gens disent ça…

 

Oui il y a un titre, tout particulièrement, dans votre tout dernier concept-album « Attack of the Giant Purple Lobsters ».

 

Ah oui, « What Can You Loose » qui est un peu plus country.

 

En parlant de country, il y en a un encore plus country…voire carrément Ennio Morriconien !

 

« Satan’s Grave » …Ennio Morricone ça a toujours été une de nos influences majeures, les musiques de film d’Harry Mancini.

 

Ce qui fait toute la personnalité des WDC c’est toi avant tout, plus ce faisceau d’influences…plus le fait également que tu as toujours chanté en anglais…avec un accent au moins correct…tu n’es pas Jean Louis Aubert quoi…

 

Oui merci…

 

Je ne sais pas si tu as déjà entendu ? 😉

 

(sourire justement entendu) oui, j’ai déjà entendu. En fait, j’ai de la famille anglaise et ils me prenaient la tête sur l’accent. Et j’ai aussi beaucoup de potes américains, du coup côté accent je slalome entre l’Anglais et l’Américain, au gré des compositions.

 

WDC By Alain Fretet

WDC By Alain Fretet

Cela dépend aussi des films et des séries télé, non ?

 

Exactement, cela dépend aussi des films et des séries télé ! Ce n’est pas toujours évident…

 

Mais, au moins, tu n’es pas Maurice Chevalier !

 

…oui, mais dans les Aristochats, il est super. Mais, oui j’ai choisi de chanter en anglais, mais pas seulement, il faut aussi faire des efforts d’écriture pour que cela soit écrit, justement. Quand tu as été éduqué avec « Blue Suede Shows », cela ne t’inspire pas trop au niveau des textes ; heureusement que j’écoutais aussi d’autres choses (rires). Dés l’instant ou tu veux raconter une histoire, il te faut aller plus loin dans l’écriture et te poser d’autres questions.

 

Comment peut-on expliquer l’incroyable longévité du groupe ? Cela fait 35 ans tout de même !

 

Oui, 35 ans, puisqu’on a démarré en 84. Tu vas rire…on a fêté nos 30 ans…la 31éme année, parce qu’on l’avait loupé. On avait carrément zappé cet anniversaire. On était en fin de tournée avec 40 dates, et il y en a un qui fait : mais au fait…ça fait trente piles les Washes que ça existe…faut qu’on fasse un truc ! Sauf qu’on finissait la tournée, qu’on avait déjà joué deux fois à Paris. Alors, on s’est dit : c’est bon, on le fait l’année prochaine. Du coup, ça nous a rajeunis d’un an.

 

En plus, à part un petit stand-by, vous ne vous êtes jamais séparé.

 

Oui, on a levé le pied pendant neuf ans. On a recommencé à jouer en 97, mais on ne faisait que trois concerts par an.

 

Qu’as-tu fait durant toutes ces années sans les Cats ?

 

Je faisais Juju Messenger, un groupe de blues hip-hop très laid back, un peu dans le genre de G Love and Special Sauce…avec lesquels nous avons joué, d’ailleurs. Moi ce hiatus m’a permis d’aller ailleurs, de m’enrichir. J’avais fait plus de 600 dates avec les Washes de 84 à 91, je saturais. Je me disais: je vais refaire un disque, puis enquiller les mêmes clubs, les mêmes trucs, il n’y avait plus de challenge. J’avais besoin de faire autre chose; j’ai rencontré des mecs qui faisaient du blues, on s’est mis d’accord. C’était une autre culture. On m’a mis la pression pour que je chante mieux, que je fasse des efforts. Et ça m’a botté, c’était dans un registre Robert Johnson, Shirley Paton, très « old school ». Du coup j’ai pu jouer avec Robben Ford, Mick Taylor, Lucky Peterson, Keziah Jones…

 

Et donc au retour vers les Washington Dead Cats, cela a injecté une influence blues ?

 

 Un peu, mais ça m’a aussi permis finalement de faire un tri dans notre catalogue. J’en ai eu marre de chanter certains morceaux, par exemple. Et aussi, surtout, cela m’a poussé à chanter différemment, avec plus de tripes sur certains morceaux, d’improviser aussi. Cela m’a libéré d’un carcan. Si tu dois chanter toute ta vie les morceaux de ton premier album de la même manière, tu t’emmerdes. Moi j’aime plein de musiques, j’aurais pu faire des albums de surf, de country, de punk, de rockabilly, mais au bout d’un moment j’aurai arrêté, car trop répétitif. Finalement, avec les Washes on aborde tous ces genres avec un certain recul tout en conservant la même énergie punk.

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Et puis il y a les thèmes abordés, souvent loufoques : là par exemple on est sur un concept album « homard » mutant. Et c’est plausible après Fukushima…le truc s’est déversé dans la mer et tout ça…ça me rappelle « Docteur Folamour aussi »…

 

J’ai toujours été un très grand fan de « Dr Folamour »…c’est vrai. Un jour, j’ouvre un magazine et je vois une photo d’un requin prise près des côtes californiennes ; le bestiau était plein de tumeurs monstrueuses, de protubérances et l’explication était qu’il avait été contaminé par les eaux de Fukushima, car les poissons irradiés là-bas développaient des infections graves. Il parait qu’un tiers du Pacifique aurait été contaminé à cause de la catastrophe nucléaire. C’est comme quand on nous raconte que Tchernobyl s’est arrêté à la frontière ! Pourtant Areva appelé à la rescousse par les Japonais dit que « tout va très bien madame la Marquise… ». Forcément, si le gouvernement français, qui veut vendre son matos nucléaire, nous dit « attention on va tous mourir », ils ne vont plus vendre une seule centrale. Comme le suis fan des films de série Z j’imagine alors que le requin va se transformer en mutant, devenir énorme et tout détruire…c’est Godzilla en fait !

 

Pourquoi le homard ? Tu apprécies leur chair ?

 

Je ne sais pas pourquoi, cela m’est venu d’un coup. Et puis je trouvais cela encore plus terrifiant un homard qui marche, avec ses pinces énormes qu’un requin. Et, aussi, ce crustacé ajoutait un aspect ridicule.

 

Et, pour rester dans le cinéma, les « Attack of the giant…” il y a eu plein avec ce genre de titres !

 

« Attack of the Giant Leeches”, « Attack of the Killer Tomatoes”…

 

« Attack of the Giant Woman”, sa version « Attack of the Giant Teacher”, sans oublier les Spiders, les Ants, le Baby et autres Vultures.

 

Nous on avait déjà fait « Pizza Attack » en 88, justement inspiré des « Killer Tomatoes », un film débile où les tomates tombent du ciel pour écraser les humains.

 

Tu n’as pas vu « The Blob » ?

Musaka géante

Bien sûr que si, j’ai vu « The Blob »…et même « L’attaque de la moussaka géante », un film grec avec une grosse moussaka qui avance progressivement sur Terre et qui dévore la ville. C’est du lourd. Donc je suis parti sur cette histoire de homard, «Giant Purple Lobsters »,  je trouvais la chanson marrante. Mais comme  dans ces films-là il y a toujours un « Retour de… », j’en ai fait une deuxième «Giant Purple Lobsters ….Strikes Back »…et une troisième «Giant Purple Lobster Must Die »…cela fait vraiment une trilogie. Avec à chaque fois la même sirène d’alerte qui retentit au début en guise de fil rouge. Bon, après je n’allais pas parler que de homards dans l’album…donc il y a d’autres morceaux. Mais néanmoins aussi un autre intitulé « Surfin’ Over Tsunamis » qui reste un peu sur le même thème. J’ai fait tout un livret illustré de petits homards. On a le déguisement de homard, on a fait le clip…on l’a fait fabriquer, c’est un homard violet…forcément ! Et je joue le rôle du homard. C’est le second clip de l’album intitulé « Give Me The Fire”, mais, avant il y a eu “Attack of the Giant Purple Lobsters » tourné en noir et blanc et inspiré des années 40. J’ai trouvé sur internet un truc incroyable, il y a des mecs qui ont exhumé des films dans un garage, des films 16 mm de vacances des années 50 tournées aux États-Unis. J’ai trouvé des vieilles plages et des palmiers et on s’en est servi sur fond bleu derrière pour faire le clip. On a vraiment fait comme un film tout pourri.

 

Musicalement, c’est aussi plein de références…tu aimes bien le « Theme from Peter Gunn »?

 

On aime bien « Peter Gunn », on aime bien « James Bond » on aime bien tous ces « themes » là qui font partie c’est pareil de l’univers à la fois cinématographique, mais aussi musical. Sur « Give Me the Fire », l’arrangement est très John Barry James Bondien….c’est pour cela que quand j’ai écrit le clip je l’ai pensé comme un trailer de James Bond des années 60/70 en totale référence à « Goldfinger », « Live and Let Die ». Tous les trailers de James Bond sont super bien faits, mais les derniers avec Daniel Craig sont un peu trop modernes. À l’époque, dans les 60’s les mecs faisaient vraiment du bricolage avec des photos, des trucs et un coté très old school que je trouve assez élégant. Comme sur les affiches, où tu as carrément tout le film en fait , tu vois le méchant , tu vois la voiture, il fallait appâter les gens.

 

Dans “Give Me the Fire” on retrouve un peu Johnny Cash, Stan Ridgway de Wall of Voodoo…

 

J’ai réécouté Wall of Voodoo il n’y a pas longtemps…mais je pencherais plutôt vers Tom Jones, on est assez fan de Tom Jones. Comme Johnny Cash avec Rick Rubin, il a tenté des choses ces dernières années plus dépouillées et c’est super intéressant.

 

Et Morrissey… dans « I Can’t Stop Loving You”, je trouve que tu as des accents à la Morrissey.

 

Oh mon Dieu…je vais devoir me couper la tête ! (rire) Je déteste le personnage et, du coup, je reste assez hermétique à la musique.

 

Et c’est « Surfin’ Over Tsunami » qui me rappelait Docteur Folamour.

 

Oui, il y a de ça, le coté un peu barré et surjoué.

 

Une de mes favorites est « I’m Gonna Write You a Letter », car je la trouve quelque peu country…

 

Oui, c’est de la country très inspirée de Johnny Cash.

 

Et, du coup, on se repose un peu.

 

Mat Firehair

Mat Firehair par Didier Bonin

Sur chaque album des Washes il y a toujours une balade, il y a toujours un slow. Sur le premier disque, il y avait « Swamp Vamp » où tu as l’impression que cela se passe au fond d’un marécage. Sur le dernier, il y a « Black Cat Bone », contrebasse, voix, trombone. Et « I’m Gonna Write You a Letter » qui calme aussi le jeu. Sur le précédent il y avait « Red Hair Girl » qui était une super jolie balade.

 

Celle que je trouve la plus B52’s c’est « Hell Hound on My Trail »,

 

Oui… « la meute des chiens de l’enfer est sur ma piste », c’est le titre d’un morceau de Robert Johnson.

 

J’ai bien aimé aussi l’arrivée des Ramones…

 

Oui, avec « Empty House » on l’a fait avec le bassiste, You Rip, qui est un peu punk à chien, on est parti sur un guitare voix très balade, mais comme on se faisait un peu chier on l’a boostée un peu rockabilly et à un moment ça a viré punk.

 

Et la dernière, « What Can You Loose », j’adore, car elle a un côté Madness.

 

Ah, celle-là c’est aussi le punk qui l’a faite avec moi.

 

Mais alors, en fait, les Washes c’est une démocratie ?

 

C’est une démocratie, mais avec une dictature, on va dire.

 

Une dictature éclairée sans doute ?

Mat Firehair par Didier Bonin

Mat Firehair par Didier Bonin

Voilà. Chez nous, même si les gens ont changé, il n’y a jamais eu de clash ou de dispute à proprement parler. Comme on a toujours été large musicalement parlant, certains sont partis faire d’autres musiques, d’autres ont changé de vie, ils ont fait des enfants par exemple…on a fait un choix qui n’est pas facile, de faire de la musique, d’essayer d’en vivre, avec des choix artistiques qui sont tout de même des choix de niche…faut pas rêver, on ne fait pas du Calogero. Donc à partir de là si tu n’y prends pas plaisir, que cela ne se passe pas bien entre les membres du groupe et que tu ne te marres pas, ce n’est pas la peine. Le rock c’est tout de même une musique de danse à la base.

 

Ce que vous allez pouvoir à nouveau prouver ce soir à la Maroquinerie.

 

Oui, car quand tu vas à un concert tu dois rentrer avec tes problèmes et en ressortir en te disant « ça va mieux en fait ». C’est du rock ça doit rester cool. Bon tu peux aussi faire du rock intello, faut pas être sectaire, mais ce n’est pas la même mission.

 

Une question sur le public, il s’est forcément renouvelé au fil des ans, non ?

 

Il y a de tout. Et ça dépend des régions. Une année il y a beaucoup de jeunes, et celle d’après beaucoup de vieux, après 35 ans d’existence du groupe c’est super mélangé.

 

Ma question c’était plutôt : y a-t-il les enfants de ceux qui vous écoutaient au début ?

 

Oui, je te confirme : on les a bien. À Istres, un petit gars de 30 ans vient me voir après le concert pour me dire : « vous avez fait « Pizza Attack », j’ai cru que j’allais pleurer parce que quand j’étais petit mon père me le passait tout le temps. » C’est assez marrant. Un jour, on jouait je ne sais plus où, un mec vient me voir et me dit : « c’est la première fois que je vais danser avec mon fils à un concert. ». La musique, ça doit aussi servir à cela, pour transmettre de l’émotion.

 

Une dernière question : est-ce que tu as un chat au moins ?

 

Non, jamais, j’ai des enfants, mais pas de chats, en fait je n’aime pas les chats. J’aime bien les chats morts moi …et pas seulement ceux qui viennent de Washington. (rire);) « 

 

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