LES AVENTURES DE ROBIN WOOD(STOCK)

Robin the HammerC’est un des personnages les plus attachants qu’il m’ait été donné de rencontrer. Robin  » the Hammer » Ludwig est à la fois un immense guitariste de blues et un artisan joaillier hors-pair dont les œuvres sont portées par des stars du rock telles que Billy Idol ou encore Kate Pierson des B 52’s. Quelques semaines après la publication de son tout premier album solo, en direct de sa petite maison dans la montagne de Woodstock, il a accepté de nous retracer son épique épopée de Robin Wood(stock). Rencontre avec un authentique et émotionnel héros du blues.

Robin the Hammer by Catherine Sebastian

Robin the Hammer by Catherine Sebastian

Des années durant, avec sa formation de hippie-blues the Five Points Band Robin Ludwig et sa compagne Briar se sont produits sur les scènes d’Amsterdam durant la légendaire Cannabis Cup. C’est d’ailleurs à cette occasion que je les ai découverts, voici bien longtemps. Normal, Robin porte également une seconde casquette d’orfèvre expérimenté et c’est justement lui qui a conçu et qui fabrique les récompenses délivrées chaque année à la « Cup » pour consacrer les meilleures weeds de l’année. Grace à mon ami son producteur Zak Alister ( Voir sur Gonzomusic ZAK ALISTER : L’AMI AMERICAIN ) j’ai retrouvé Robin et Briar à Woodstock l’été 2019 ( Voir sur Gonzomusic). Durant ces quelques jours j’avais pu assister au concert de leur petit-fils, le vibrant batteur Macky Bowman, punk de son état avec son groupe. Depuis Macky a rejoint les fulgurants Bobby Lees dont nous avons déjà parlé ( Voir sur Gonzomusic EUROPE WELCOMES THE BOBBY LEES ). Hélas, trois fois hélas l’amour de Robin, Briar nous a quittés terrassée par une implacable maladie. Le couple s’était formé en 1967, soit plus d’un demi-siècle d’un amour et d’une complicité qui semblaient indestructibles. Après le choc, Robin a voulu exorciser cet immense chagrin. C’est à ce moment qu’il a compris que seul le blues saurait l’apaiser. Par conséquent il a empoigné sa guitare et injecté toute son énergie, toutes ses good mais aussi ses bad vibes dans son premier album éponyme ( Voir sur Gonzomusic ROBIN THE HAMMER « Robin the Hammer » ) où il tenait à la fois à rendre hommage à tous les pionniers qui l’ont inspiré et aussi à présenter ses propres compositions. Dialogue vidéo avec le très attachant Robin Ludwig dans sa petite maison de bois.

Robin the Hammer

Robin the Hammer by Zac Alister

« Salut Robin, alors quel temps fait-il à Woodstock ?

Merveilleux, mais un peu trop chaud.

Depuis combien de temps vis-tu à Woodstock ?

Depuis 1999.

Pourquoi ce choix ?

En 1964 Briar a débarqué à Woodstock pour la première fois. Elle avait 15 ans et avait quitté sa famille pour rejoindre cette communauté artistique si vivace. Mais lorsque notre fille est née, on vivait à Long Island. Nous n’avions ni boulot ni attaches communautaires à ce moment-là. Elle a alors suggéré qu’on parte vivre à Woodstock. Mais à un moment donné on a été forcé de revenir vivre à New York, dans le quartier de Chinatown, où nous avons passé trois décennies. Cependant, dès que nous avons réussi à économiser un peu d’argent, nous n’avions qu’une idée en tête, retourner à Woodstock. Usant sans doute de son pouvoir magique Briar a déniché la dernière maison encore abordable de tout Woodstock que nous avons pu acheter où nous vivons depuis lors.

Ce qui vous attirait à Woodstock c’était la culture à travers la peinture, la littérature, la musique… comme le fameux Festival.

Et aussi la spiritualité du lieu. Cet endroit se révèle si dynamique pour l’esprit. Car bien avant que l’homme blanc ne débarque ici ces terres étaient sacrées. Elles le sont encore de nos jours. Jadis tu n’avais pas le droit de t’installer dans cette vallée. Tu pouvais y camper ou établir un bivouac pour chasser, mais cela devait rester provisoire. Tu ne pouvais pas vivre ici à moins d’être dingue ou shaman. Et c’est toujours un peu le cas.

Robin, tu as deux casquettes sous le même nom Robin the Hammer : d’un côté un orfèvre expérimenté et reconnu qui dessine des bijoux pour les stars du rock et de l’autre Robin le musicien guitariste de blues depuis toujours. Voici déjà bien des années je t’avais vu sur scène à Amsterdam durant la Cannabis Cup avec ton groupe the Five Points Band. Mais parlons d’abord du joaillier d’art…

Robin the HammerQuand j’avais six ans, j’ai lu ce livre sur la mythologie qui a changé ma vie. J’ai découvert Zeus, Jupiter, Poséidon, Neptune et tous ces dieux de l’Olympe. Mais ceux qui m’ont le plus subjugué, ce sont les Dieux de la mythologie Nordique, les Thor et Odin. Je suis devenu obsédé par Thor, fasciné par Freyr et Loki. Ma cousine avait mon âge lorsque j’ai commencé à lui prendre la tête avec tout ça. Et c’est là qu’elle m’a dit : j’ai le bouquin qu’il te faut. Et elle me tend un exemplaire de « Le Hobbit » de Tolkien. J’avais 7 ans et j’ai dévoré ce livre qui m’a transmis la fièvre du métal et des objets ciselés. Je me cachais à la cave avec un marteau pour marteler des bouts de métal que je transformais en épées. Bien des années après je me suis débrouillé pour m’inscrire à la faculté de Goddart, un  lieu extrêmement progressif et carrément dingue dans les 60’s. J’y ai vécu la folie du Summer of Love de 67. C’était la seule fac de la cote est à posséder son propre studio d’orfèvrerie. Dès que j’y ai mis les pieds, j’ai compris que j’étais enfin chez moi.

Donc tu as fini diplômé du Goddart College…

Robin the Hammer by Zac Alister

Robin the Hammer by Zac Alister

Non, je n’ai jamais décroché mon diplôme. C’était les sixties, j’ai laissé tomber avant les exams car cette année 67 j’ai rencontré la douce Briar. Et j’ai vécu une histoire d’amour instantanée. Mais à la fin de cet été-là elle est repartie à San Francisco et moi je suis reparti dans le Vermont. Une année durant nous avons échangé des lettres. En 1969 elle partait pour l’Europe et en chemin elle a téléphoné chez mes parents pour leur donner des nouvelles mais c’est moi qui ai décroché le téléphone. Et par conséquent, elle n’est jamais partie en Europe. À la place, elle m’a emmené en Californie pour me faire partager son univers. J’avais tous mes outils de joaillier avec moi. Et je fabriquais des bijoux au fond de garages ou carrément dans la rue. C’est là que nous nous sommes installés à Chinatown où j’ai pu développer mon art. Je vendais ce que je fabriquais.

Et à quel moment la musique est-elle arrivée dans ta vie ?

Tout du long. J’ai monté mon premier groupe the Shivers. Il existe aujourd’hui un groupe qui a pris ce nom. Ils se croient effrayants, mais ils ne sont rien par rapport à ce que nous étions.

Robin & Briar

Robin & Briar

Qu’est-ce que vous faisiez comme musique ? Du rock psychédélique ?

Plutôt du punk psychédélique ! Nous ne ressemblions à rien. On jouait très fort, violemment et ultra rapidement.  Mais de manière assez sophistiquée avec des solos, pas mal d’harmonies. On jouait souvent au Max’s Kansas City et nous sommes même passés de première partie à tête d’affiche. Mais le guitariste rythmique, qui était aussi mon compagnon d’écriture a pété les plombs. Il était tellement obsédé par son attitude punk que la musique s’en ressentait. Quand je parlais de répétitions lui me qualifiait de fasciste !

Donc vous n’avez pas été signés à cause de lui ?

Non, nous n’avons pas été signés car on ne se défonçait pas à l’héro comme les autres. C’était flippant.

Donc c’est après cette expérience que tu as monté le Five Points Band ?

C’est une autre histoire. Après l’échec des Shivers j’ai décidé de m’affranchir du format groupe pour tenter ma chance en solo. C’est là que j’ai commencé à jouer du blues avec ma guitare dans les clubs de NY. C’était le milieu des années 80 et parfois tu pouvais te retrouver en pleine baston juste parce que tu jouais le blues. Sur la deuxième avenue il y avait ce club baptisé the Slugger Ann qui appartenait à ce type du nom de Jackie Curtis. Lorsqu’il est décédé, sa famille a vendu l’établissement et c’est devenu un peu n’importe quoi. Et donc ils me laissaient jouer mon blues.

Quelles sont tes origines familiales, Robin ?

Je un « juifmaïcain »… je suis à la fois d’origine juive et jamaïcaine de Brooklyn. Mon père était un juif ukrainien et ma mère est issue d’une famille bourgeoise de Montego Bay.

Five Points Band

Five Points Band

Et donc que s’est-il passé après ta période solo dans les clubs de NY ?

J’ai d’abord monté ce groupe, le Bosco Blues Band puis finalement le Five Points Band .

Peut-on le définir comme un groupe de blues rock électrique ?

C’est exactement ça ! Nous avions une forte base blues, mais nous étions un groupe de rock.

Comment t’es-tu retrouvé à concevoir le trophée de la Cannabis Cup  et par conséquent à venir jouer chaque année à Amsterdam avec ton groupe durant cet évènement… fumeux !

En 1987 je rencontre ce type nommé Charles qui me propose de devenir mon agent pour diffuser mes bijoux. On entre en affaires, il parvient à vendre quelques pièces. Un jour, alors que je suis assis à mon bureau et que je dessine une nouvelle croix, une petite voix dans ma tête me dit : elle ressemble à la croix portée par Billy Idol. Et à ce moment j’entends sonner à ma porte. Je vais ouvrir et c’est Charles. Il observe mon établi et il découvre cette croix. Et là il me dit : Donne-moi ça de suite, j’en ai besoin. Je lui tends le bijou et soudain je le vois s’éclipser. Mais il me lance par-dessus son épaule : c’est pour Billy Idol. Et je lui réponds : oui je sais bien ! Quelques temps après, un jour glacé et venteux de mars, on sonne chez moi. Et c’est à nouveau le Charles accompagné d’un autre type. Ils sont tout emmitouflés dans de grands châles. Ils commencent à se réchauffer et à ôter leurs écharpes.

Billy IdolJe découvre un béret rouge et des cheveux blonds et je reconnais Billy Idol au milieu de mon appart. Il me regarde et observe l’épée que je porte autour du cou et il me lance goguenard : « Ah mais alors c’est donc toi ! ». Car en fait, nous nous étions déjà rencontrés auparavant. La toute première fois où il était à NY, un pote à lui l’avait amené au club Berlin, moi aussi c’était ma première visite dans ce club et on s’y est croisé. Moi je savais très bien qui il était, contrairement à la majorité des clients du club. Nous étions seulement en 79/ 80. Et je me suis mis à lui parler. Et il paraissait estomaqué, se disant : « mais qui est ce type qui ose me brancher ainsi ? ». Et donc lorsqu’il a reconnu le bijou en forme d’épée autour de mon cou il s’est exclamé : « Ah il fallait bien que cela soit toi ! ». Je le vois de poser à mes cotés, comme s’il avait fait cela toute sa vie. Il se met à me parler et là je découvre le type le plus drôle qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer. Et c’est ainsi que nous avons commencé à concevoir ses bijoux, là autour de mon établi. Dès lors et jusqu’en 1984, Billy Idol n’a toujours exclusivement porté que mes bijoux. J’ai conçu ses pièces les plus célèbres. J’ai fait toutes ses diverses croix. Je lui ai confectionné une ceinture d’argent à boucle en forme de dague. J’en ai fait tellement qu’on pourrait presque remplir un musée. Et par conséquent parce que j’étais l’orfèvre attitré de Billy Idol, un certain Dave qui servait d’intermédiaire dans le domaine de l’art m’a contacté. Le magazine High Times l’avait chargé de dénicher le trophée qui allait récompenser les lauréats de leur coupe de la meilleure beuh. Nous étions amis et il connaissait mon travail, il a donc fait le lien avec High Times. Ils ont aimé ce que je leur proposais et ils m’ont offert le job. Dès lors j’ai fabriqué tous les trophées de la Cannabis Cup durant vingt-deux ans. Lorsqu’ils ont lancé la version américaine, ils ont juste rajouté du rouge, bleu et blanc à la base. Et l’année où ils ont lancé une coupe mondiale, j’ai rajouté un hémisphère à la base… où j’ai placé la Jamaïque au centre.

Cannabis CupCool. Et donc c’est ainsi que ton groupe le Five Points Band a été invité chaque année à jouer à Amsterdam durant la Cannabis Cup.  Combien de temps cela a-t-il duré ?

En tant que concepteur de la Coupe, je comptais parmi les invités de marque. Et je me suis mis à jouer chaque année un set de blues. Puis, quand nous avons formé le groupe, notre bassiste était aussi de son côté très investi dans cette Cannabis Cup. Alors tout naturellement, le groupe s’est donc naturellement imposé à l’organisation.

Combien d’années avez-vous joué avec le Five Points Band ? Vous avez publié trois albums je crois…

Quatre albums, en fait. On s’est séparés en 2019.

Parlons justement de ton propre album de blues qui vient de sortir et qui est un hommage à tous les pionniers qui ont su t’inspirer de Robert Johnson à Skip James en passant par Son House. Mais auparavant, il faut évoquer Briar qui est intimement liée à ce projet. Tu lui as dédié ce folk blues acoustique si délicat.Robin Ludwig

C’est un disque voué à l’incroyable magie que représente la vie. Alors plus fort que la douleur, que l’amertume la vie est une extase et le blues devient un acte de défiance. Ce que le blues exprime c’est que : peu importe à quel point cette existence me traite mal, j’ai toujours ce feu sacré en moi.  J’ai toujours quelque chose à exprimer et je pourrais toujours vivre de bons moments.

C’est ce que Robert Johnson qualifiait de « croisée des chemins ».

Exactement, tout n’est qu’une question de croisée des chemins. En fait le diable du carrefour c’est ta propre impossibilité de parvenir à t’extraire de toi-même, c’est cet égoïsme, c’est ce besoin urgent et superficiel. Mais si tu parviens à les transcender, alors à ce moment-là tu sais que tu peux battre le diable.

J’étais surpris de retrouver un titre de Tom Waits, « Strange Weather » dans ta track-list, c’est le seul jeunot parmi les artistes que tu as choisi d’interpréter.

(rires) Il est tellement profond. Dans tout ce qu’il entreprend. Même lorsqu’il se lance dans son style européen fait de mélodies joyeuses, cela reste toujours du blues. Car ce que « Franks Wild Years » nous raconte est une pure histoire de blues. Et même dans ses délires exacerbés Tom Waits c’est toujours du blues. Voilà pourquoi je devais reprendre cette chanson.

Robin the Hammer

Robin the Hammer by Zac Alister

Et cet homme ! Parle-moi de la dernière chanson faite par le seul musicien que je ne connaissais pas, Fred Neil. J’ai vu qu’il était originaire de Woodstock et qu’il pratiquait le plus cool des folk-blues acoustique. Ah oui , aussi il a composé une de mes chansons favorites « Everybody’s Talking » popularisée par Harry Nilsson.

Et aussi « The Dolphins »

Absolument.

Fred Neil est une de mes toutes premières influences musicales. C’est un des premiers musiciens folks blanc que j’ai entendu qui puisse assumer le blues sans prétendre être noir. Il a fait cet album intitulé « Bleecker & McDougal » et ce garçon qui l’accompagne est un jeune John Sebastian, qui est à la fois mon ami et mon voisin chez moi à Woodstock.

Tu ne manques pas d’amis célèbre à Woodstock. Souviens-toi, j’ai retrouvé Kate Pearson des B 52’s dans ton atelier au milieu des bois qui venait récupérer ses alliances de mariage.

C’est vrai, cela fait bien longtemps que Kate et son épouse ont craqué sur mes bijoux. Pour revenir à « Bleecker & McDougal », on trouve la chanson « Yonder Comes the Blues » qui m’a accompagné tout au long de ma vie depuis mes quinze ans.

Mais ça compte pour toi que Fred Neil vienne de Woodstock ?

Ça compte à mes yeux. Et ça compte aussi pour tous ceux qui m’ont entendu jouer cette chanson autour  de Woodstock depuis si longtemps. Pour moi elle incarne ce moment où j’ai pu refermer ce trou dans mon âme lorsque j’étais jeune. J’ai succombé au blues à travers la musique folk. Mais à dire vrai, un des tous premiers souvenirs de mon existence c’est mon père en train de passer le 78 tours de « Lead Belly » à la maison. C’était comme une prophétie.

On retrouve dans l’album deux chansons interprétées par les Rolling Stones tout de même !

Oui mais une seule est une chanson composée par les Stones. Et je l’ai choisie car je trouvais que « No Expectations » avait toute sa place dans ce projet. Ce n’est pas exactement un pur format blues mais pourtant c’est un blues : « Alors emmenez-moi à l’aéroport/ Et mettez-moi dans un avion/ Je n’ai pas d’espoir/ De repasser par ici. »… que peut-on trouver de plus bluesy que ça ! Et donc, c’est quoi l’autre Stones ?

Robin the Hammer

Robin the Hammer by Zac Alister

« Come In My Kitchen » sur « Let It Bleed » très cher… une composition de Robert Johnson…

Ah oui… bien sûr. Mais pour moi elle est purement Robert. Et ce qui est essentiel chez lui c’est qu’il a toujours su être l’ami des femmes. Qu’il a toujours su les comprendre.

Pourtant il en est mort !

Le mari jaloux d’une de ses conquêtes l’a empoisonné, effectivement. Lorsque le sujet débarque dans la conversation, je dois toujours rappeler aux gens tout ce que Dieu a en réserve pour châtier les guitaristes qui séduisent les femmes mariées.

On retrouve également certaines de tes compositions. Il y en a une intitulée « Bug » qui me rappelle quelque chose à mi-chemin entre Dylan et Dr John.

Cette chanson, c’est toute l’histoire de ma vie. Quand on enregistrait l’album, elle est venue toute seule. C’était incroyable l’enregistrement de cet album. Zac a booké le meilleur studio du coin et c’était une gigantesque église avec des salles immenses. Il m’a assis au milieu, il a placé les micros tout autour de moi. Je me suis installé, j’ai joué cette chanson et j’ai dit : ok je crois que je suis prêt. Zac a répondu : pas la peine elle est déjà en boite !  ( rires) »

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