LE CONFINEMENT, J’VEUX PAS QU’ÇA S’ARRÊTE !

paris désertHier, GBD vous livrait son Top 10 du pour et… du pour de ce confinement, aujourd’hui c’est au tour de Pierre Mikaïloff de vous faire partager sa propre vision du pour et du contre de cette « soixantaine » qui devrait encore s’étaler sur au moins quatre semaines… et plus (hélas) si affinités.  Ainsi Pierre se méfie des zombies masqués, trouve qu’il y a du monde au balcon- en tout bien tout honneur- , que les tenues des sportifs sont souvent un attentat à la pudeur du bon gout et que finalement ce confinement n’a pas que des côtés négatifs, au contraire.

jogging parisRésumé de l’épisode précédent… dans LE POUR ET … LE POUR DU CONFINEMENT ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/le-pour-et-le-pour-du-confinement.html  ) j’avais au moins dix bonnes raisons de positiver sur cette étrange situation qu’est devenu notre quotidien: les chanteurs nazes ont cessé de chanter en live, cette vie façon « Un jour sans fin » n’ a pas que des inconvénients, le foot et tous ces sports barbants se sont dissous tel l’Alka Seltzer au fond du verre, on entend à nouveau le chant des oiseaux dans nos villes et la pollution a diminué, avec la fermeture des restaus on est (presque) tous devenus des chefs au top, on a tout le temps d’écouter de la zique, on a tous le sosirs nos artistes favoris pour nous régaler de chez eux de brillants sets acoustiques, la pub a quasi disparu des chaines de télé, après un tel choc économique une révolution française devra survenir sinon notre société aura perdu toute cohésion et last but not least… nos vies sont devenues de réeelles aventures de science-fiction. Aujourd’hui, c’est Pierre Mikaïloff ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Pierre+Mika%C3%AFloff+ ) qui nous lance, forcément finement, son cri du cœur : LE CONFINEMENT, J’VEUX PAS QU’ÇA S’ARRÊTE !

Par Pierre MIKAÏLOFF

 

zombieland1/  Welcome to Zombieland

J’aime beaucoup les films de George Romero et j’éprouve une certaine tendresse pour les premières saisons de THE WALKING DEAD, mais j’avoue que croiser chaque jour des zombies masqués commence à vraiment me fatiguer. Ce défilé de nez dissimulés derrière des masques, s’il ne contribue nullement à protéger qui que ce soit de quoi que ce soit, est en revanche anxiogène à la longue. Les plus comiques sont ces automobilistes masqués, seuls dans leur voiture, qui se protègent… d’eux-mêmes ! Deux autres exemples de cette dérive paranoïaque : avant-hier, j’ai éprouvé par deux fois l’impression d’être une sorte de chasseur de vampires, les poches pleines de gousses d’ail et de crucifix. D’abord, quand j’ai entendu une maman demander à sa fille alors que je marchais dans leur direction : « Serre-toi bien contre la grille ma chérie, attention ! » Un peu plus loin, lorsqu’une jeune femme a fait un bond quasi olympique lorsque je l’ai doublée, alors que nous partagions le même trottoir. Cela aurait pu me faire rire, mais, à la réflexion, ce n’était pas si drôle que ça.

 

balcons2/ du monde au balcon

Depuis quelques semaines, mes voisins ont pris des habitudes très étranges. Chaque soir, il me semble que c’est vers vingt heures, ils sortent sur leur balcon et applaudissent. Par curiosité, je jette un œil à l’extérieur. Sont-ils en train d’encourager un spectacle de rue organisé par le syndicat d’initiative afin de distraire des citadins confinés et consternés ? Je me tords le cou, mais ne vois rien. S’entrainent-ils pour le prochain concert de Francis Cabrel, quand il demandera : « Et maintenant, tapez tous dans vos mains. » Impossible, ses concerts, et beaucoup d’autres, sont annulés jusqu’à nouvel ordre. S’agit-il de palmas, ces claquements de mains qui accompagnent les danseurs de flamenco ? Mais je ne vois nulle ballerine en robe colorée et constate surtout que leur sens du rythme est approximatif. Je lance un « Olé ! », à tout hasard.

 

terrorisme esthétique3/ halte au terrorisme esthétique

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais, ces jours-ci, je constate une recrudescence de la pratique du jogging tout à fait détestable. Courir m’a depuis toujours semblé l’activité la plus stupide qui soit. Et croiser ces sportifs en uniformes de sportifs qui tournent en rond autour du même pâté de maisons est autant une atteinte à la raison qu’à l’esthétisme. Car très honnêtement, un être sain d’esprit choisirait-il délibérément de s’infliger de tourner vingt fois de suite autour du même bloc d’immeuble? Bien sûr que non !  Pour ce qui est de l’attentat esthétique, j’ose à peine évoquer ces accoutrements qui semblent tout droit sortis de l’imagination de l’assistant de la costumière de Star Trek sur la fin de sa vie : survêts informes, baskets fluo, leggings aux motifs floraux… Et le plus scandaleux est que certains parents incitent leurs enfants à courir ! Ça nous promet une nouvelle génération de joggers qui continuera de pourrir nos rues dans quelques années, quand les plus vieux se seront bousillé la colonne vertébrale à force de tourner en rond sur leur bitume.

 

gin-tonic-4/ malgré tout, j’veux pas qu’ça s’arrête !

Je suis déconfit à l’idée que l’on pourrait me dé-confiner le 11 mai. C’est que je suis confit d’habitudes à présent. Et que je ne pourrais plus me passer de certaines d’entre elles. Ne serait-ce que ces grasses matinées qui s’étirent, un recueil de nouvelles de S-F dans une main, une tasse de thé dans l’autre, et une cigarette dans une autre (on développe des facultés nouvelles en confinement). Ma lecture achevée, je regarde ma montre : 14 heures, comme le temps file ! C’est l’heure des croissants et du petit-déjeuner. Certes, il faut sortir les acheter et la marche est une activité fatigante, mais il restera tout l’après-midi pour une sieste réparatrice. Je règle mon réveil sur 18 heures, histoire de profiter des rayons de soleil de fin d’après-midi. La température est alors idéale pour une courte flânerie au bord de la Seine. Sans les joggers évoqués plus haut, celle-ci serait idyllique. Une fois de retour, il me faut déjà songer à une sélection de disques qui définiront l’ambiance de la soirée. Hier, par exemple, j’étais d’humeur plutôt californienne. J’ai commencé par « Earth Rot » de David Axelrod, aussitôt suivi de la version mono de « Smile » parue en 2011. Confiné, mais requinqué, j’ai alors pu aborder sereinement cet instant de la journée que j’apprécie particulièrement : ma partie de gin-rami face à mon ordinateur, accompagnée comme il se doit d’un gin-tonic. Nous avons tous nos petites faiblesses n’est-ce pas ? Mais j’entends des applaudissements. Déjà 20 heures ! J’ai juste le temps d’enfiler ma robe de chambre en soie, d’apparaître à ma fenêtre et de saluer mon public. Promis, les amis, je reviendrai demain.

 

 

 

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