Laurent Voulzy Eglise St Sulpice

VoulzyPlusieurs fois reportée pour les raisons que l’on sait, la tournée de Laurent Voulzy à travers les églises et cathédrales de France peut enfin reprendre. Vendredi soir, à l’Église St Sulpice, c’était l’occasion pour les aficionados du « rock-collectionneur » de redécouvrir quelques titres de son répertoire dans une formule minimaliste et intime dans l’écho de ces voutes ancestrales. Un rock report confessionnal signé de l’abbé Jean-Christophe Mary.

Par Jean-Christophe MARY

Un peu après 20h30, les lumières s’éteignent et laissent place à l’incroyable univers visuel de candélabres géants, oriflammes d’un autre temps et un light-show éblouissant. Assis sur un prie-Dieu, on assiste à une grande messe païenne. Magique dès le premier titre, « Caché derrière » qu’il entame sur une entrée à l’américaine du fond de scène, Laurent Voulzy réussit à nous transporter par son incroyable voix aérienne. Accompagné de la chanteuse harpiste et guitariste Naomi Greene et de Michel Amsellem au clavier, le chanteur récolte les faveurs du public sur les 22 titres joués ce soir : de « Caché derrière » en passant par « La Baie des Fourmis », « Le rêve du Pêcheur » ou des reprises de Simon and Garfunkel, du bonheur rien du bonheur. Guitare à la main, Laurent Voulzy évoque ses années au pensionnat où il découvre la guitare, George Brassens, JS Bach. Un beau moment d’intimité partagé. Puis le public écoute religieusement « Jesus » écrit à la demande du père Joseph Wresinski du mouvement ATD Quart Monde, une chanson qui prend toute sa résonance dans un tel lieu de recueillement. Ici la voix n’en résonne que plus fort, dans un dépouillement des plus total. Il enchaine avec « Héroïne » une version là encore particulièrement habitée. Puis, c’est l’hommage à George Harrison avec la bien nommée « My Sweet Lord ».  Au milieu du chœur des chanteurs de St Eustache, de deux guitaristes et d’une bassiste, cette adaptation raisonne avec puissance et musicalité.

VoulzyPuis c’est le retour aux chansons plus mystiques « Ma seule amour », un poème du duc Charles d’Orléans, avec un chœur les chanteurs de St Eustache et « Liebe » avec une belle prestation de Michel Amsellem au clavier. Le show s’achève en apothéose, sur une version très pop du « Pouvoir des Fleurs » à travers un bouquet de lumière vives projetées sur les murs du chœur de l’Église. La voix n’a pas pris une ride, le son est lui impeccable. Pantalon moulé, bottines et veste rouge ou bleue, Laurent Voulzy nous envoie ses chansons comme des caresses. Les bras levés, la foule des spectateurs semble comme soulevée, portée par une vague d’euphorie collective quand il nous fait chanter en canon « Vent Frais Vent du matin ». Au premier rappel, le public a droit une superbe version d’« Amazing grâce » cantique de John Newton (1761) qui évoque la rémission des péchés par la foi en Dieu et le salut par la grâce. Un moment plein de surprise notamment avec ce Bagad qui surgit en fanfare au milieu du morceau par l’entrée principale de l’Église. Visiblement ému, Laurent Voulzy n’a décidément pas envie de quitter la scène. En guise de second rappel, il nous offre les incontournables, « Belle île en mer », « Le soleil donne » et « La nuit ». Le show s’achève dans une féérie de couleur sur « Paradoxal Système ». Après un peu plus de deux heures d’un show sans faute, les fans sont conquis.

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