JACKSON BROWNE « Lawyers In Love »

Jackson BrowneVoici 43 ans dans BEST GBD s’attaquait au 7ème LP de Jackson Browne, rencontré un an auparavant dans la clameur de son benefit contre la construction de la centrale atomique de Diablo Canyon et finalement interviewé quelques mois plus tard lors de son passage live à Paris. Véritable héros américain à l’instar de Springsteen, Dylan ou Petty, le natif de Heidelberg en Allemagne, où son père était alors stationné, livrait alors une critique féroce de la crise économique qui frappait son pays sous la présidence Reagan. Quatre décennies plus tard sous le règne de Trump 1er, son message résonne incroyablement prophétique.

Jackson BrowneRencontré au nord de LA avec l’amicale complicité du regretté David Lindley  ( Voir sur Gonzomusic DAVID LINDLEY « El Rayo X »ADIEU DAVID LINDLEY et aussi DAVID LINDLEY « Win This Record » ), Jackson Browne m’avait accordé une très rare interview  ( Voir sur Gonzomusic JACKSON BROWNE & DAVID LINDLEY: Retour à Diablo Canyon…et aussi JACKSON BROWNE:  Episode 2… Après le déluge ) et j’avais très souvent chroniqué ses albums dans le mensuel rock de la rue d’Antin  ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Jackson+Browne ), c’est dire si  j’attendais de pied ferme ce 7ème 33 tours du troubadour de LA. Flashback…

 

Publié dans le numéro 183 de BEST

 

Jackson BrowneTrois ans, trente-six mois et près de mille jours depuis « Hold Out » Jackson Browne, bouclé dans sa propriété de Santa Barbara, se complaisait dans l’art du mutisme. Browne, Brownie comme le dit si bien Dordor, sucré comme le gâteau mais aussi revendicatif qu’un peloton de manifestants anti-nucléaires. Ravivez votre mémoire et souvenez-vous de Diablo Canyon et des croisades successives ante-nues de Jackson. Don Quichotte, d’un libéralisme de gauche qui donne des insomnies à Ronnie R douze mois avant les prochaines présidentielles. Preuve supplémentaire, ce « Lawyers in Love » et toute la dérision d’une classe politique qui songe plus à conter fleurette qu’à tirer le pays hors de la crise. Car, si l’État Doré continue à bronzer à l’huile de coco, dans les rues de LA, les compagnies mettent la clef sous la porte, tandis que s’organisent des soupes populaires à deux pas d’Hollywood. Décidément, rien ne sera plus désormais comme avant. D’ailleurs, ce « Lawyers in Love » est loin de partager l’insouciante candeur des albums précédents de Jackson. L’an passé, lors de son concert parisien, j’avais pu découvrir trois des huit titres de cet album : « Tender Is the Night » dans la veine « Hold On Hold Out », « Knock On Any Door » plus proche de « Running on Empty » et le title-track, « Lawyers in love », au beat plutôt musclé. Seul élément de déception dans cet album l’utilisation du synthé qui se plaque comme une barbe postiche sur la musique de Jackson. Dommage, car il perd là un peu de cette authenticité qui l’a toujours placé en marge de son milieu californien-planche à billets. Jackson Browne n’est pas Eurythmics ou O.M.D. et je ne crois pas que son style gagne à jouer au cross-over. On remarque aussi un absent de marque aux crédits le touche à tout farfelu, David Lindley, qui se concentre sur ses propres productions. Mais, malgré ces quelques réserves, Jackson reste incontestablement un des piliers du rêve américain version 80’s guitares en avant, piano juste mélo comme il faut et surtout sa voix qui plonge droit au cœur comme un poignard. Brownie is still Brownie, moelleux, si riche en calories et d’une fraîcheur garantie, sans date limite de vente. Jackson ne sacrifie pas l’énergie, bien au contraire, il la sublime.

 

Publié dans le numéro 183 de BEST daté d’octobre 1983BEST 183

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