EUGÈNE ONÉGUINE À L’OPÉRA

EUGÈNE ONÉGUINEDu 26 janvier au 27 février 2026, l’Opéra Garnier accueille une nouvelle production d’« Eugène Onéguine » de Piotr Ilitch Tchaïkovski, chef-d’œuvre du répertoire russe créé en 1879. L’événement est de taille : la mise en scène est signée Ralph Fiennes, le fameux comédien British qui fait ici ses premiers pas dans l’art lyrique. Un spectacle rare, une ivresse slave même, qui a su faire tourner la tête de JCM comme une bonne bouteille de vodka.

EUGÈNE ONÉGUINEPar Jean-Christophe MARY

 

Connu du grand public pour ses rôles marquants — de Voldemort dans Harry Potter au commandant Amon Göth dans La Liste de Schindler — l’acteur britannique entretient depuis longtemps un lien intime avec cette œuvre. En 1999, il incarnait déjà Eugène Onéguine à l’écran dans le film réalisé par sa sœur, Martha Fiennes. Près de trente ans plus tard, il revient à ce personnage en abordant l’opéra comme une pièce de théâtre, mettant l’accent sur la psychologie des personnages et la circulation des émotions. Ralph Fiennes situe l’action vers 1830, à la campagne, lors d’une soirée de fin d’été. Une époque propice aux élans romantiques, aux illusions et aux désillusions qui traversent l’œuvre. Fidèle à l’esprit de Pouchkine, dont le roman en vers est à la source du livret, il privilégie une mise en scène lisible et épurée, au service du drame intime. En Russie, Pouchkine occupe une place comparable à celle de Dante pour les Italiens, Shakespeare pour les Anglais ou Goethe pour les Allemands : un pilier de la langue et de l’imaginaire national.

EUGÈNE ONÉGUINEProfondément attaché au texte, Tchaïkovski avait cherché à fusionner chaque mot avec la musique, composant un opéra où l’émotion naît de la vérité des sentiments plus que de l’action. La scène la plus célèbre reste celle de la lettre de Tatiana, au premier acte, véritable cœur battant de l’œuvre. Dans cette longue nuit fiévreuse, la jeune héroïne confie ses doutes, ses élans et ses peurs dans une musique d’une intensité rare, écrite avant même le reste de la partition. Pour accompagner cette lecture sensible, Ralph Fiennes s’appuie sur les décors oniriques de Michael Levine, qui suggèrent plus qu’ils n’illustrent et laissent place à l’imaginaire. Les costumes d’époque d’Annemarie Woods jouent un rôle central : coiffes richement ornementées de perles, broderies et strass, travail minutieux des couturières pour ennoblir chaque pièce par une patine délicate. Les tissus sont volontairement ombrés et froissés afin de perdre leur éclat neuf, notamment les robes noires de bal du dernier acte, marquées par le poids du temps et des renoncements. Les éclairages d’Alessandro Carletti sculptent l’espace et accompagnent avec finesse les bascules émotionnelles.

 

EUGÈNE ONÉGUINEÀ la direction musicale, Semyon Bychkov reconnu pour son affinité avec le répertoire russe, dirigera l’Orchestre et les Chœurs de l’Opéra national de Paris du 23 janvier au 15 février et sera relayé par Case Scaglione du 18 au 27 février. Ensemble, ils devraient mettre en valeur la richesse orchestrale de Tchaïkovski, la souplesse du chant et la tension intérieure de la partition. La distribution réunit des interprètes de premier plan. Le baryton Boris Pinkhasovich incarnera un Eugène Onéguine tourmenté, la soprano arménienne Ruzan Mantashyan une Tatiana sensible et déterminée. Le ténor ukrainien Bogdan Volkov prêtera lui sa voix à un Lenski ardent et idéaliste, tandis que la mezzo-soprano Marvic Monreal interprétera une Olga vive et lumineuse. Alexander Tsymbalyuk endossera le rôle du Prince Grémine, aux côtés de Susan Graham (Madame Larina) et Elena Zaremba (Filipievna).

 

 

« Eugène Onéguine »

Par Piotr Ilyitch Tchaïkovski

Palais Garnier

du 26 janvier au 27 février 2026

3h20 avec 2 entractes  

 Équipe artistique

Piotr Ilyitch Tchaïkovski : Musique (1840‑1893)

Livret Constantin S. Chilovski : Livret

Semyon Bychkov : Direction musicale (23 jan. > 15 fév.)

Ralph Fiennes : Mise en scène

Annemarie Woods :  Costumes

Alessandro Carletti : Lumières  

Sophie Laplane : Chorégraphie

Kim Brandstrup : Collaboration artistique    

Ching-Lien Wu : Cheffe des Chœurs

 

Boris Pinkhasovich : Eugène Onéguine

Ruzan Mantashyan : Tatiana

Bogdan Volkov : Lensky    

Marvic Monreal : Olga

Alexander Tsymbalyuk : Le Prince Grémine

Susan Graham : Madame Larina

Elena Zaremba : Filipievna    

Peter Bronder :  Monsieur Triquet

Amin Ahangaran : Zaretski

Mikhail Silantev : Le Lieutenant

 

Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris

 

 

 

 

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