GEYSTER « Euphoria »

Gaël BenyaminPour son TREIZIÈME disque (sic !) Gaël Benyamin, alias Geyster a, again, choisi la voie ( la voix🤪) du concept-album, et, à l’instar de son précédent « Television », cet « Euphoria » offre sa vision critique de notre société de consommation sur des beats électro irrésistibles dont les influences oscillent entre Georgio Moroder et Gil Scott-Heron, Kraftwerk et George Duke, mélange aussi cool que détonnant du frenchie le plus californien de notre Hexagone.

Gaël BenyaminC’est vrai, je l’avoue, depuis que je l’ai découvert, j’ai toujours eu un faible pour Geyster ( voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/gael-benyamin-la-confidential.html , https://gonzomusic.fr/geyster-knight-games-i-ii-iii.htmll https://gonzomusic.fr/geyster-with-all-due-respect.html  , et https://gonzomusic.fr/the-geyster-revolution-will-be-televised.html ). Et, manifestement, avec « Euphoria » cela ne risque guère de changer. D’abord, il y a ce concept- album sur la critique de ce monde, qui est désormais le nôtre aujourd’hui, et qui peut se révéler terrifiant, surtout face à la pandémie actuelle.  Sans oublier cette étrange pochette, où une donzelle insouciante chevauche… une autruche, qui a, comme chacun le sait, une forte propension à se cacher la tête dans le sable au moindre danger. Aussi, lorsque Gaël nous assène son massif « We Can’t Dance » qui ouvre le disque après deux intros instrumentales, cette impossibilité désormais de partager l’ivresse des pistes de danse prend bien entendu un écho tout particulier face aux restrictions dues au COVID.

Gaël BenyaminMusicalement, face à cette insouciante krypto-disco, on songe bien entendu à Cerrone, Giorgio Moroder, à Jean Michel Jarre et même à Stevie Winwood, et l’on se laisse porter par la vague de cette irrésistible nonchalance nostalgique, frustré d’être forcé de danser seul dans sa chambre à coucher. Le medley « Euphoria Part 1 » se poursuit porté par son fidèle Fender-Rhodes au son si caractéristique avec « The Aftermath » suivi d’un planant « Eventide » instrumental. Et on passe déjà la face B, avec « Euphoria Part 2 », suivi de son alter-ego « Euphoria Part 3 ». Nonchalant, porté par le son du Fender, évanescent à souhait, on navigue entre Jarre et Pink Floyd, jusqu’au retour du thème principal de « We Can’t Dance » revisité funky cool qui devient ici un « Fancy Free » incroyablement Cerronesque vocalisé en duo avec Maeva Borzakian, l’autre moment fort de l’album. Enfin, le troisième acte de cet opéra pop nous entraine à nouveau sur une piste de danse imaginaire pour un disco jazz rock façon Moroder avant de s’achever dans la coolitude infinie de « Coming Through », suivie par la délicate et mélodique « The Closing »… en clôture de cet « Euphoria », qui se révèle donc à l’usage, d’excellente facture et que je ne peux que chaudement recommander.

 

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