DANIEL PABŒUF « Ashes ? »

Aussi incroyable qu’il soit, et ce malgré son parcours rock stratosphérique, de son tout premier groupe Ad Astra à Dominique A, en passant par Marquis de Sade, Niagara, Daho, Chamfort… et désormais Marquis, le très saxy 🤪 Daniel Pabœuf publie ENFIN « Ashes ? », son captivant et climatique tout premier album solo.

Daniel PaboeufDaniel et moi, je dois l’avouer c’est une vieille histoire. J’ai même dormi chez lui voici 40 ans lorsque j’ai débarqué pour faire le fameux « Rock à Rennes » pour le numéro 152 de BEST qui célébrait la sortie à venir de « Rue de Siam » le second album de Marquis de Sade, où il assurait avec Philippe Herpin tous les saxes ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/philippe-pascal-au-paradize.html ), par l’entremise d’Hervé Bordier je dormais justement chez lui et Sophie, sa copine de l’époque. Bien entendu, scotché par ce que Pinpin et Daniel pouvaient tirer de leurs cuivres, j’ai suivi de près ses aventures soniques. D’abord avec Anches Doo Too Cool,  encore avec Philippe Herpin puis surtout, avec le même, les sémillants et irrésistible Saxe Pustuls  (remember « L’avis des animaux » ?). Ensuite sous sa casquette de producteur, je ne l’ai ni perdu de vue ni d’oreille lorsqu’il produisait Niagara au milieu des 80’s. Et tandis qu’Herpin accompagnait Goldman sur les routes du succès, Daniel était sur scène aux côtés de Mory Kanté, Alain Chamfort, Dominique A, Dan Ar Braz ou encore Hardy. Voici 5 ans déjà, sur Gonzomusic nous avions salué son retour avec son DPU soit Daniel Pabœuf Unity ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/daniel-paboeuf-unity-ce-quil-en-reste.html   ).  On retrouve également Daniel au casting classieux du tout nouvel album de Marquis ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/marquis-aurora.html ). Cette fois avec « Ashes » il prouve à nouveau  que seul ou bien accompagné, il était là pour durer..  just like a saxe machine…

Daniel PaboeufDès le premier titre, le percuté « L’hélico », en français mâtiné d’anglais dans son refrain retentit comme un slogan révolutionnaire pulsé par le légendaire barrissement de son saxe doré, comme un funky brother blanc entre James Chance et ses fameux duos saxos avec Herpin. Avec « I’m A Wreck », et son  feeling à remonter le temps, Pabœuf  nous invente un hit  inédit des Psychedelic Furs, porté par son saxe offensif et puissant, mon titre favori de l’album comme un retour vers le futur de la new wave. Puis  « Who Will Remember »  fait encore le pari gagnant du saxe tout en haut de l’affiche qui nous transporte de son souffle mélancolique sur des vocaux entre le David Bowie arty de la trilogie berlinoise et Joy Division, pour une flamboyante et entêtante composition. Mais c’est avec « It’s Too Late » et sa superbe mélodie en forme de profession de foi de sa constance et de son élégance artistique, que Daniel Pabœuf se livre sans doute le plus lorsqu’il vocalise avouant qu’ “ il est trop tard pour que je change ». « Lonely Woman » après son intro se la joue saxo solo, comme une voix a capella pour un instrumental chair de poule au feeling aussi délicat que jazzy et forcément mélancolique.

Sous son titre en forme de space opera, « Arcturus » offre son thème élégant et  si étrangement groovy, pour un nouvel  instrumental entêtant, où le saxe est une voix alternative pour que Daniel s’offre une montée en puissance qui ne connait  forcément pas l’indifférence. « War » marque le retour à un beat hallucinant percuté et aux franches influences New Wave pour un titre fort inquiétant, vocalisé en anglais, qui a l’air de sortir tout droit d’un hit single issu du catalogue de Leibach. Avec « M 87», Daniel joue l’effet d’hanches et non pas de manches 🤪 pour une nouvelle composition instrumentale au spleen irrésistible, qui nous fait largement décoller, porté sur l’aile de l’émotion. Enfin, retentit « Ashes » la chanson-titre si harmonieuse qui clôt, avec une rare délicatesse, ce joli projet sur son mode crépusculaire, comme ces pluies de cendres qui succèdent à une éruption volcanique ou à l’holocauste nucléaire. Vous l’aurez aisément compris, Pabœuf on l’aime ou on le hait, car son art ne peut laisser indifférent et pour notre part, le sentiment est bien entendu à l’amour vache… ou plutôt et en l’occurrence, à l’amour (Pa) bœuf pour cet album dépaysant qui ne manque ni d’imagination ni de souffle.

« Ashes » distribué par Il Monstro/ l’Autre Distribution

https://ilmonstroprod.fr

https://dpudanielpaboeufunity.bandcamp.com/album/ashes?fbclid=IwAR2Df2X6YWDx37CXaLh6vtIShwFECS_-R6Q_OcSAxKAv28OcguYSdOKMk28

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