BOHEMIAN RHAPSODY

Bohemian RhapsodyMieux vaut tard que jamais… sans doute l’un des films-rock, pivot de l’année écoulée, BOHEMIAN RHAPSODY, le puissant et émouvant biopic consacré à Freddie Mercury a carrément fait verser une larme à GBD. Et le succès est tel qu’en Angleterre, le long-métrage réalisé par Bryan Singer s’apprête à vivre une seconde vie en salle via le « sing-a-long experience » à travers tout le pays tandis que la chanson-titre s’est à nouveau classée dans les charts. Quelle belle victoire posthume pour le leader de Queen !

Bohemian-rhapsodySi GBD n’a jamais rencontré Queen, par contre à son arrivée à BEST à l’hiver 1980, juste après son transfuge de Rock & Folk, le rédacteur en chef  Christian Lebrun le charge d’aller couvrir le concert de Queen qui se déroulait…dans un entrepôt de l’aérodrome du Bourget. Et, malgré tout le show, coté son, c’était la cata de chez cata, un des pires concerts auxquels il ait assisté, pour cette même raison, avec le live d’Earth Wind & Fire, donné- enfin si le promoteur Jackie Lombard a jamais donné quoi que ce soit à qui que ce soit 😉 n- dans une halle de la Porte de Versailles, le show de Springsteen à la Courneuve, où il y avait deux secondes de décalage entre l’image de l’écran géant et le son, et enfin l’infâme concert de Michael Jackson au Parc des Princes, où la bouillie sonique insupportable était à des années , lumière des prods parfaites de Quincy Jones. Ainsi, malgré toute la performance de showman de Freddie Mercury, malgré tous les artifices scéniques, dans ma critique publiée dans le BEST de décembre 1980, couverture John & Yoko, j’avais démoli Queen à la sulfateuse. Lorsqu’il nous a quittés dix ans plus tard, j’avoue avoir eu des remords. Surtout qu’entre temps, j’avais à nouveau vibré sur bien des hits de Queen et, au premier chef, leur vertigineux « Under Pressure » enregistré avec David Bowie dans un studio suisse. En se focalisant sur la musique, on peut dire que BOHEMIAN RHAPSODY a fait le bon choix. Certes, j’ai eu des doutes, lorsque j’ai vu Sacha Baron Cohen écarté du rôle-titre pour ses divergences de vues avec les Queen survivants (Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/on-sait-enfin-pourquoi-sacha-baron-cohen-ne-sera-jamais-freddie-mercury.html ). Cependant, dés que j’ai appris que Rami Malek, le jeune et brillant interprète de MISTER ROBOT allait se glisser dans la peau de Freddie Mercury, tous les espoirs étaient à nouveau permis ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/mr-robot-va-devenir-freddie-mercury.html )

Bohemian-rhapsodyEt, après avoir (enfin) avoir vibré aux images de BOHEMIAN RHAPSODY, je n’avais plus aucun doute. Déjà, il y a la similarité, presque le mimétisme, entre Rami et Freddie. Rami fils d’émigrés égyptiens, né et élevé aux USA, tandis que Freddie est né Farrokh Bulsara, d’origine Parsi ( des Perses Zoroastre exilés religieux d’Iran entre le 6éme et le 10éme siécle)  dans le protectorat anglais de Zanzibar avant de se déraciner an Angleterre en 64 pour échapper à une révolution durant laquelle des milliers d’Indiens et d’Arabes ont été massacrés. On peut parier que Rami, comme Farrokh, ont du subir, dans leurs écoles respectives, le racisme stupide du blanc, qui se fantasme dominant, face à de prétendus « métèques ». Complètement dans les pas de son personnage, Rami est absolument époustouflant en Freddie. Et là n’est pas l’unique qualité du film de Bryan Singer. Certes, le côté dope destroy, comme la boulimie sexuelle et gay de Freddie Mercury, sont évoqués de la manière la plus soft, le film éludant bien des questions, notamment sur le SIDA.  Et même dans les quelques scènes « sex, drugs and rock and roll » pas un sein nu ne dépasse.Cependant, on peut comprendre le choix des producteurs d’avoir voulu privilégier un film « tous public » pour pouvoir ainsi toucher le plus grand nombre. L’autre critique que l’on peut faire à BOHEMIAN RHAPSODY concerne les Queen survivants, dont l’importance, notamment créative, sur la composition des chansons, parait quelque peu …démesurée. Mais Freddie n’était, hélas, plus présent pour exprimer son point de vue, à la différence des Brian May (guitariste)  et Roger Taylor (batteur) tout comme l’ex-bassiste John Deacon toujours parmi nous. Mais, l’essentiel dans un film rock c’est…le rock ! Et de ce côté-là, le film évite déjà l’écueil majeur où se sont fracassés bien des biopics : pouvoir diffuser la musique de l’artiste. Combien de « Velvet Goldmine » consacré à Bowie, sans UNE SEULE chanson du Thin White Dukes ou ce  James Brown  « Get On Up » de 2014 sans groove ni funkytude ? BOHEMIAN RHAPSODY nous offre au contraire un superbe best of de Queen. « Bohemian Rhapsody » et carrément dans sa version Live Aid, bien entendu, mais aussi « Somebody To Love », leur tout premier hit « Killer Queen », « Crazy Little Thing Called Love”, le bouleversant “Love of My Life”, “Under Pressure” ou l’inoxydable “We Are the Champions”. Avec une telle playlist, pas étonnant que Queen ait à nouveau bouleversé l’ordre établi des charts. De même, par le choix des gros plans, et du regard indiscret sur l’intimité de Freddie, son gout pour le baroque, son amour des chats et ses rapports avec sa petite amie Mary Austin, BOHEMIAN RHAPSODY privilégie le côté humain du héros. De même, le personnage de John Reid, le manager du groupe, comme celui d’Elton John, occupe, lui aussi, un rôle central. Comme celui de Jim Hutton, ce serveur dont Freddie tombe amoureux, et qui deviendra son plus fidèle compagnon, de leurs retrouvailles à Live Aid (1985) à la mort de Freddie six ans plus tard. Le plus bluffant sans doute, c’est la minutie avec laquelle sont recrées les scènes de concert de l’époque. Puissant, émouvant, touchant et viscéralement rock and roll, j’ai même versé une larme à la fin de BOHEMIAN RHAPSODY  en entendant le « We Are the Champions »avant l’issue fatale de notre rockin’ hero si touchant  et ce, même si je connaissais bien entendu parfaitement la triste épilogue de l’histoire. 😉

 

 

 

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