BOB MARLEY AND THE WAILERS “The Capitol session ’73”

Bob MarleyOctobre 1973, Bob Marley and the Wailers donnent un concert  dans le cadre intime du fameux Capitol studios sur Vine street à Hollywood. Alors qu’ils interprètent et enregistrent live douze grands classiques, le producteur Denny Cordell immortalise l’événement, nous livrant ainsi un témoignage aussi rare que candide sur les débuts internationaux des Wailers.

Bob MarleyAvril 73 voit la sortie de « Catch A Fire », le premier LP de Marley sur le fameux label au palmier de Chris Blackwell. Six mois plus tard, « Burnin’ » le second LP sort sur le label Island, justement en octobre 1973, de manière concomitante à l‘enregistrement de ces images aussi rares que précieuses.

 

Par Jean-Christophe MARY

 

En 1973, bien avant qu’ils ne deviennent des icônes, personne ou presque n’a entendu parler de Bob Marley and The Wailers, même si le groupe tourne et enregistre depuis près de 10 ans en Jamaïque.  The Wailers ( pas encore officiellement Bob Marley and the …)  viennent de quitter le label AD Records (1967-1972) pour signer avec le producteur anglo-jamaïcain Chris Blackwell. Ce nouveau départ signe la fin de la période ska et rocksteady entamée au début des 60’s. Pour rendre la musique des Wailers accessible au plus grand nombre, Chris Blackwell va customiser rock le son originel, faire un vrai travail de producteur comme cela se pratique à NYC, LA, Londres ou Paris (il ira même jusqu’à demander à Bob Marley de substituer l’anglais à son patois local). Ainsi en 1973, sortent coup sur coup, deux albums fondateurs « Catch a Fire » suivi quelques mois plus tard du bien nommé « Burnin’ » qui sera l’étincelle qui mettra le feu aux poudres avec l’immense «  I Shot the Sheriff » qu’Eric Clapton popularisera de manière colossale un an plus tard sur « Ocean Boulevard ». Pour revenir à cette session live capturée en octobre 1973, elle sera en fait le fruit d’un accident. En effet, après avoir assuré quelques premières parties avec Bruce Springsteen au Max’s Kansas City à New York, les Wailers viennent d’être débarqués de la tournée US de Sly and the Family Stone. Plantés en Californie, sans aucun plan de secours, Bob Marley, Peter Tosh, les frères Aston et Carlton Barrett (basse et batterie), Earl « Wya » Lindo (claviers) et le chanteur Joe Higgs se retrouvent dans les studios Capitol à la demande de Denny Cordell directeur de Shelter Records et ami de Chris Blackwell. Les images de cette session étaient considérées comme perdues jusqu’à ce que l’on en retrouve quelques extraits. Il faudra plus de 20 ans, à travers entrepôts et archives de maisons de disques, de New York à Londres en passant par San Diego, pour finalement remonter les précieux rushes, minutieusement restaurés et re-masterisés.

MarleyQuatre caméras filment l’évènement où l’on découvre les Wailers arpenter le studio ou bien encore flâner, rouler et fumer d’énormes spliffs avec des mines désabusées. Peu convaincus, ne sachant pas trop ce qu’ils font ici, on les voit errer avant de se mettre derrière leurs instruments. Les musiciens commencent à jouer, s’arrêtent, puis redémarrent. Une chose est claire : le groupe ne fusionne pas vraiment. Joe Higgs semble un peu perdu, tente de jouer vaguement des percussions, de placer ci et là quelques lignes vocales. Plus impliqué, Peter Tosh assure ses parties de guitares et chante sur même sur quelques morceaux. Bob Marley apparaît lui avec sa coupe afro mais sans ses emblématiques dreadlocks (cela viendra un peu plus tard !). Sur les images, lui aussi ne semble pas particulièrement enthousiaste d’être là. Les titres sont exécutés de façon appliquée mais on sent que tout ça manque un peu d’énergie. Début des 70’s, le reggae est un genre musical peu connu aux États-Unis. Du coup peu spectateurs et d’invités dans la salle. Les 12 titres interprétés ici proviennent des albums « Catch a Fire » (Slave Driver, Stop That Train, Stir It Up, Kinky Reggae, No More Trouble et Midnight Ravers) et Burnin’ ( Get Up, Stand Up , Burnin and Lootin, Put It On, Duppy Conqueror, Rastaman) avec une chanson inédite de Peter Tosh « You Can’t Blame the Youth ». On remarquera que le tube « I Shot the Sheriff » ne figure pas dans cette sélection. Soyons honnête : ce DVD n’est pas indispensable pour le néophyte. Mais compte tenu de leur rareté, ces images constituent un document historique important pour tout véritable fan qui se respecte du prophète reggae. Qu’on se le dise !

 

 

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