ZIGGY STARDUST MARLEY

Ziggy MarleyVoici 30 ans dans BEST, six mois après avoir rencontré Ziggy Marley, BB s’envolait pour la Jamaïque pour tendre à nouveau son micro à l’héritier du clan rasta le plus fameux du monde, chanteur-leader de son propre groupe, les Melody Makers, et également d’enquêter sur le précieux héritage légué par Robert Nesta Marley à ses enfants, à ses disciples ainsi qu’à toute la planète. De notre envoyé spécial « back from the future » à Kingston, Bruno Blum…

De son vrai nom David Nesta « Ziggy » Marley, est le 3éme enfant du couple formé par Bob et Rita Marley, après ses deux sœurs Sharon et Cedella. Avec ses frangins dés 1979 il forme les Melody Makers qui publient leur tout premier single « Children Playing In te Street », une chanson composée par Bob pour ses enfants. Après son premier LP de Ziggy Marley & the Melody Makers « Play the Game Right”, cette année 1988, dans le BEST numéro 241, Bruno Blum s’entretient pour la première fois avec l’héritier de Bob pour accompagner la sortie du deuxième 33 tours, le lumineux « Conscious Party » propulsé par l’irrésistible et joyeux « Tomorrow People » ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/ziggy-marley-a-jamaican-in-jamaica.html ). Cependant, un peu plus de six mois après cette précieuse et intense rencontre, Bruno Blum s’envole pour Kingston pour retrouver à nouveau le très jeune patriarche rasta…tout juste âgé de 21 ans à l’époque ! Face à Ziggy Marley, l’homme de BEST fait le point sur les écrasantes responsabilités qui pèsent sur ses épaules, comme sur l’héritage de Bob, ses rapports avec sa mère Rita et plus largement sur les préceptes et le mode de vie du rasta et plus largement sur les profondes failles politiques qui agitent la belle Jamaïque. Flashback…

Publié dans le numéro 254 de BEST sous le titre :

 

L’HÉRITAGE RASTA

Par Bruno BLUM

« Bob Marley assumait sa gloire de la seule manière plausible : avec philosophie. Son fils Ziggy assume aujourd’hui une lourde hérédité en observant les mêmes principes. Bruno Blum revient de la Jamaïque, il est formel : rien n’a changé ». Christian LEBRUN

Ziggy & Blum

Ziggy & Blum

Ziggy est assis sur son « trône », le siège ou il préside l’assemblée de son « peuple », les rastas qu’il aide et encourage chaque jour, coté jardin, au Bob Marley museum. Cette belle colonial house anglaise était celle de Chris Blackwell, président et fondateur des disques Island, qui la revendit a Bob Marley en 1974, avant de quitter Kingston et d’investir la propriété de rêve où lan Fleming se retirait écrire ( Golden Eye, devenue depuis un « resort » ultra luxe ouvert au public par mister Virgin  https://www.goldeneye.com/ : NDREC) ses James Bond, au sommet d’une colline, au cœur de la jungle tropicale. Ziggy a transformé la « pressing plant », la manufacture de disques en studio de répétition, et les touristes en visite dans ce qu’on appelait, du temps de Bob, la Tuff Gong house, sont loin de penser que le reggae diffusé par la brise a travers les bananiers est celui de son fils. Il y a dix ans, Bob aimait fumer le chalice a l’autre bout du parc, assis sur un rocher avec ses frères. En Jamaïque, Corto Maltese est bien le seul à connaitre les dessous de l’héritage Marley. Et il ne reste guère que quelques-uns de ses informateurs à discuter encore, autour d’un rhum blanc sec, a l’ombre d’un akee tree, le plébiscite de I’ile (pour une fois unanime) qui voit en Ziggy un héros national en… herbe. Le fils du prophète parle.

« Ton groupe éthiopien vit à Chicago et ne vient que pour répéter les concerts. Tu ne joues plus qu’avec, des Jamaïcains ?

Oh, si ! Certains membres du groupe sont d’ici.

Pourquoi enregistrez-vous aux Bahamas ?

Pour une seule raison: à Nassau il y a un studio digital et tout le matériel qu’on veut. Et il nous faut un son actuel. Mais de toute façon, en général, on enregistre les chansons ici avant de les refaire en mieux, là-bas. Au studio Channel One, il parait qu’ils vont construire un deuxième studio, digital celui-là. Si ça se faisait, j’adorerais faire mes disques ici en Jamaïque. Dans les ghettos les plus hard de Kingston, je suis mal, même avec mes copains musiciens du quartier. Je suis le seul blanc a deux kilomètres à la ronde, le seul qui ait plus de dix dollars JA sur lui a trois kilomètres à la ronde. Pourtant, comme dit le mot d’ordre national : no problem.

Ton nouveau disque est super. J’adore la chanson « Black My Story ».

Ha!ha!ha! Ça c’est la meilleure !

Qu’est-ce qu’il y a de drôle ?

Parce que je me demandais comment un blanc pouvait réagir à ça ! Je voudrais que cette musique aille loin, je ne veux pas offenser quiconque avec ces paroles. Je suis content de voir que ça branche un blanc, parce que c’est pas une chanson raciste. Tu connais mon frère Steve ?

Hello, Steve. C’est lui qui fait le rap sur votre prochain 45 T « Look Who’s Dancing » (remixé par le numéro un anglais du moment, Jazzy B. de Soul II Soul) ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/soul-ii-soul-british-soul-brothers.html ) ?

Oui, il fait le D.J. style, il chante aussi les harmonies, et le reste. Il est un des Melody Makers.

Et tes sœurs font les chœurs aussi ?

Oui, mais sur « Black My Story », ce sont des hommes, ce sont les Éthiopiens.

Melody MakersJ’adore les fortes influences africaines de ton disque. C’est la première fois que j’entends du reggae aux accents typiquement africains. Ça vient de tes Éthiopiens, je suppose ?

Des musiciens jamaïcains aussi, on écoute tous de plus en plus de musique africaine. Et puis on sait que notre identité est africaine a la base. Mais c’est vraiment une bonne chose, ce mélange africain avec une musique qui est partie de la Jamaïque.« 

Ouragan

Aux informations à la radio, c’est toujours le même refrain et bouc émissaire : à cause du cyclone Gilbert, qui a ravagé toute la Jamaïque a l’automne dernier, tout augmente. En aout, l’électricité sera vingt-quatre pour cent plus chère. Dur dans un pays où une personne sur deux n’a pas de travail. Grande comme la Corse, la Jamaïque dévastée n’exportera pas de bananes cette année: il n’y a presque plus de bananiers.

« Quelle chanson te tient le plus à cœur sur ce disque ?

Elles ont toutes un message, mais je ne suis pas prêt d’oublier le jour où j’ai écrit « When The Lights Gone ». C’était après le passage de Gilbert, on était en tournée à I’étranger ce jour-là et on est rentré tout de suite. Quand je suis arrivé chez moi le soir, il n’y avait pas de lumière, et les placards étaient vides. Il n’y avait rien à manger dans toute I’ile. Je suis sorti à la belle étoile en pensant à tout ça et j’ai chanté « When the lights gone out and the food run out », c’était le seul moyen de retrouver la paix. Et puis j’ai été dans le ghetto voir mes frères et avec un magnéto à piles on a enregistré la chanson tout de suite. Je chante « Playing in the street only relief » (jouer dans la rue/c’est notre seul soulagement), et c’était vraiment le seul soulagement. Je ne me suis pas rendu compte de ce que je te dis là, c’est maintenant que je le vois, en fait. La crise était sérieuse, mais on a composé la base de la chanson quand même, pour garder l’esprit en éveil, car ce sont ces choses que je vois, c’est la musique que les gens m’offrent. Tu comprends ? »

RastasZiggy Marley

J’ai appris une chose en Jamaïque : la différence entre les « dreads » et les « dread rastas ». Les rastas, ce sont les bons, et les seulement dread, les méchants, déguisés en rastas (en se laissant pousser les nattes). Les rastas sont végétariens, spirituels, et cools. Dread, c’est le look nattes. Pendant des années, nés du premier mouvement black international important du jamaïcain Marcus Garvey (héros local des années 30, il a son profil sur les pièces de 50 cents) les rastas ont eu des problèmes d’imposture avec des braqueurs nattés de tout poil se faisant passer pour rastas. Résultat : depuis le début du Rastafari dans les années 60, on persécute les bons rastas a tort. La confusion règne toujours, mais depuis Bob Marley ça s’est (un peu) calmé.

« C’est quoi le Rastafari aujourd’hui ?

Je ne peux que te parler de ma propre expérience de rastaman. Parce que rasta n’est pas une organisation, ni une compagnie, ni un club, tu sais. Et… chacun le vit sans doute différemment. Mais moi, en tant que jeune rasta, j’essaye de vivre selon les lois et les principes auxquels je crois. Nous regardons dans la direction d’un roi noir, parce que nous sommes noirs, et nous avons besoin d’un père noir. Et Sa Majesté (Hailé Sélassié – ou plutôt devrait-ce être son fils, couronné récemment empereur d’Éthiopie – descendant direct du roi Salomon, la plus vieille dynastie du monde) est notre roi. Depuis le temps de l’esclavage on entend parler d’un Jésus blanc, de ceci blanc, de ça blanc… alors pour nous tous, pour chaque nation du roi, notre roi est un roi noir, et c’est Sa Majesté. Et pour moi, les nattes que je porte, c’est comme la bague que tu mets au doigt d’une femme quand tu te maries. Ça montre ma promesse faite au Tout-Puissant.

Quels sont ces principes ?

La loi de base. Des commandements. Tu sais qu’il te faut vivre et aimer, et que tu ne peux servir qu’un Dieu.

Les Dix Commandements ?

Oui, aussi. La Bible. En tant que jeune rasta, je cherche I’humilité, j’essaye d’être toujours humble, et ce en tout. C’est une des choses principales pour un rastaman. Mais si tu veux une explication simple de rasta, c’est « vivre et aimer ». Live and Love. C’est le principe de base, qui nous permet de survivre sur la Terre. Et puis on en revient a la Bible, à Samson, nous aimons toujours Nazareth. Car nous sommes les Nazaréens d’aujourd’hui.

Quel genre de choses ne fais-tu pas, en tant que rasta ?

Me vanter. On n’aime pas se vanter, ça c’est sur. Et la tentation de la femme, aussi. Je vais avec une femme si je veux, mais n’importe quelle femme ne peut pas me dire d’aller coucher avec elle. Il faut que je garde des forces et de la semence. C’est très important de garder des forces. Et puis je ne mange pas de porc, et tout ça, c’est la base. Et je ne crois pas au meurtre. Si on me veut du mal, je vais me battre, et si on essaye de me tuer je vais répondre, mais je préfère me défendre qu’attaquer. Ces principes sont écrits. À nous de vivre à la hauteur.

Tu peaufines beaucoup les chansons, les mélodies, avant d’enregistrer ?

D’habitude j’écris la chanson, et hop on enregistre une maquette, direct. On ne travaille les voix avec mes frères et sœurs que pour la version définitive. On va très vite.

Tous les Jamaïquains font comme ça?

Je ne sais pas, mais c’est typique ici. J’ai vu mon père travailler ainsi. (il claque des doigts) direct au studio. T’inquiète pas pour les répétitions, et vas-y. On ne répète vraiment que pour préparer les tournées, et là on travaille dur. Mais pour les disques, les vibrations naturelles sont dans la musique, il n’y a pas besoin d’être… précis, au contraire tu as besoin d’être libre, pour jouer librement et inventer librement, il n’y a pas de façon définie de jouer, ça vient tout seul, et ça fait que c’est l’esprit qui contrôle et le feeling: se produit. »

Junior Marvin & Bob Marley

Junior Marvin & Bob Marley

Neville Garrick et Junior Marvin

Neville Garrick photographiait Bob Marley, faisait ses pochettes, ses décors de scène, ses jeux de lumière et parfois des percussions. C’est lui qui a monté le museum avec ses collections. Rita, mère et manager de Ziggy, femme et choriste de Bob, l’a ensuite viré. Neville m’a expliqué que c’est à cause d’elle si la succession de Bob a été mise en O.P.A., convoitée par Blackwell, découvreur déterminant dans la carrière de Bob. Rita aurait pris trop de fric trop vite, l’investissant a l’étranger (5 millions de dollars dans une maison aux Bahamas) au lieu de diffuser les disques Tuff Gong de la Marley connection en Afrique selon le souhait de Bob Marley. Le gouvernement de I’ile, méfiant, aurait alors gelé l’entière succession, revendiquée par de nombreuses personnes. D’autre part, Junior Marvin, guitariste des Wailers (qui viennent de sortir un 33 «I.D. » sur Atlantic), m’a expliqué que le groupe de Bob Marley tout entier a tenté d’accompagner Ziggy en 1984.

« Âpres une tournée avec les chœurs (including Rita) aux USA, on s’est tous retrouvés et on a essayé avec Ziggy. Mais Rita n’a pas voulu partager. Bob partageait tous les droits avec nous, alors on a refusé. Aujourd’hui, je suis le chanteur des Wailers et Rita, Marcia et Judy font des carrières solo. Rita Marley est devenue une business-woman redoutée a Kingston. Mais sa légende lui vaut le plébiscite du Jamaïquain moyen, et son nom lui fait honneur. Pourtant, les chansons et les enregistrements de Bob ont besoin d’être solidement protégés, et le boss d’lsland semble le plus compétent pour les diffuser, comme il l’a toujours fait jusqu’ici. Ziggy, bien sûr, n’est pas de cet avis.« 

Ziggy & The Melody Makers

Ziggy & The Melody Makers

Ziggy à nouveau

« Pourquoi ne travailles-tu pas avec la même maison de disques et les mêmes gens que ton père ?

Les gens de mon père c’est moi-même ! C’est moi. Je suis le fils de mon père. Notre nom c’est les Melody Makers. Le nom des Wailers c’est les Wailers. Nous on est jeunes, on a nos idées et nos intentions. Les choses se sont produites autrement, et ça marche. Alors, pourquoi regretter ? Si nous avions pris le mauvais chemin, ça ne marcherait pas.

Que penses-tu de I’héritage de ton père ?

Tout ce que je peux dire, c’est qu’il m’a légué le talent de chanter par son sang. Ça, c’est de I’héritage. La succession ne peut pas y toucher. Et c’est ce qu’il y a de plus important. Le sang. Suppose que le sang fasse partie de la succession, ils se battraient tous pour l’obtenir. Non, le big deal, c’est l’argent. Yeah. Et le pouvoir, pour contrôler ce qui en fait gagner. Moi mon père m’a donné une chose que personne ne peut me prendre, mais les choses matérielles appartiennent a ses enfants. Et un jour, les choses seront telles qu’elles doivent être. C’est à nous. Ce qui veut dire que personne n’a le droit de se mêler de ça. Et le jour viendra ou nous irons prendre ce qui nous appartient. Un jour, mon esprit me dira d’aller prendre ce qui est à moi, et j’irai. »

Ziggy possède, avec sa mère, l’usine Tuff Gong rebaptisée Ziggy’s, magasin de disques et studio compris, et nombreux sont ceux qu’il a pris sous son aile, et qui profitent de sa bienveillance.

« Parle-moi de Kingston. Pour moi, c’est un choc; la situation est très différente entre les bidonvilles et l’hôtel avec piscine où je suis.

Oui, c’est le choc de Kingston, de la Jamaïque, et de bien d’autres pays de l’Afrique, de I’Inde, du tiers-monde. Ça ne date pas d’hier. C’est un problème. Notre ile était riche de ressources naturelles, de bauxite, de cannes a sucre, de bananes. Et de l’étranger sont venus de gros investisseurs, des gens a mentalité de capitalistes. Ils veulent gagner de l’argent. Et depuis longtemps, c’est leur objectif, qui passe par de la main-d’œuvre à bon marché. C’est ça le problème, quand quelqu’un gagne big money mais qu’il ne fait rien pour la population. C’est le cas aujourd’hui ici, tu trouves de gros supermarchés mais notre hôpital est en mauvais état, le secteur public va mal, mais le secteur privé, lui, va très bien! À tel point que le système éducatif pour les pauvres n’est pas aussi sérieux et efficace que celui des écoles privées. Dans l’école publique l’instituteur est mal payé alors il ne fait pas trop attention à ce que les enfants apprennent bien. Si tu veux aller a l’école, tu peux, mais si tu ne veux pas apprendre, tu n’apprends pas. Résultat, on n’a pas beaucoup de docteurs et d’hommes d’affaires, et personne ne trouve de travail. Personne ne les aide à vivre mieux, alors ils restent comme ça. Je pense que la solution c’est qu’on ne laisse plus d’argent sortir du pays. Tout l’argent que j’ai va dans mon secteur public à moi. Pour mon peuple. Peu m’importe combien on doit aux États-Unis ou aux autres pays, moi je m’occupe de mon peuple d’abord. Il faut rétablir l’éducation en Jamaïque, c’est le plus important. Et puis, il faut que le peuple noir cesse de se diviser et de se battre pour travailler ensemble.  Ici chaque quartier du ghetto est divisé par appartenance politique. Pro-Manley (PNP équivalent au Conservative Party)  ou Pro-Seaga ( équivalent auLabour Party ). Les bureaux de vote n’ont pas d’isoloirs, et ceux qui votent pour le parti adverse sont repérés, puis lynchés, ou passés a tabac et expulsés… à Kingston, on se reconnait a la façon de dire bonjour. Un pro-Manley ne serre pas la main, il cogne poing contre poing, phalanges a plat. Les pro-Seaga, en minorité, font le V de la victoire. Mieux vaut savoir dans quel quartier on est ! Comme en Afrique du Sud, l’ignorance et l’obscurantisme couvent une guerre civile latente autant qu’absurde, qui ne profite qu’aux puissances néo-coloniales. Chaque jour, il y a des embuscades. Ils feraient mieux de travailler ensemble. On a besoin de… patriotisme. D’une certaine loyauté envers notre peuple, de façon à ce que ça s’arrange. Si nous avons ce sentiment-là, cette loyauté envers le pays, la nation, le peuple, on pourra travailler ensemble.

Ziggy MarleyQuels sont tes musiciens préférés ?

Sam Cooke, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Dennis Brown, Gregory Isaacs. Mais ça ne veut pas dire que je déteste tous les autres !

Tu vends des disques ici ?

Ce n’est pas important ici, pour moi. La majorité des gens n’ont pas de quoi acheter des disques, ni même des cassettes. À la rigueur ils vont enregistrer la radio, si tu leur prêtes un mini K7. Ce qui compte, c’est de passer a la radio pour qu’ils t’entendent. Mais la vente de disques, c’est à l’étranger que ça se passe. Ici les seuls qui vendent c’est Ninjaman, Pinchers, Half-Pint et quelques autres. Ils sont dans le top 10, et c’est parce que les D.J.’s touchent des pots-de-vin pour les passer à la radio. Je l’ai vu faire dans d’autres pays aussi.

Tu as l’impression que ta carrière est déjà bien assise ? Tu es très connu et respecté ici.

Par rapport a beaucoup de Jamaïcains, j’ai été très loin. Mais ce n’est parce que j’ai eu un disque d’or l’année dernière que je me fais des illusions, ça ne veut pas dire que mon nouvel album vendra plus ou même autant. Ce qui m’importe, c’est que les gens aiment la musique. J’ai besoin de ne pas trop m’imaginer de choses. Je me dis que la musique est bonne, mais qui me dit que ça va marcher et que je vais en vendre plein ? Moi ! »

 Publié dans le numéro 254 de BEST daté de septembre 1989BEST 254

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