UN DIMANCHE AUX TRANS ENTRE JOIES ET DÉBOIRES

Aloïse Sauvage

Ultime volet des fulgurantes pérégrinations de Rachid Bara, notre Tintin reporter sonique aux 40éme Transmusicales de Rennes, avec forcément son lot de révélations fracassantes et de flops parfois décevants. État des lieux avec la co-organisatrice historique Béatrice Macé et rencontre avec le leader d’Al-Qasar, les stars des concerts du samedi, découvertes des Canadiens les Louanges et surtout mega-claque par la surdouée Aloïse Sauvage, bonheur avec les grungeuses sauvages de Madam et déceptions avec le two men show British The Correspondents, comme avec la pop brouillonne anglo-coréenne de Wooze.

 

Aloïse Sauvage

Aloïse Sauvage

Dimanche, jour du Seigneur, des patates au beurre pour le petit Beur Breton. Après les 4h de sommeil profond habituel, réveil sous le soleil, avec des oiseaux qui s’en donnent à cœur joie dans une belle aubade au soleil levant. Il fait plus froid ce matin, mais très chaud dans mon petit cœur d’ours mal léché, tant ces Trans sonnent transcendantes avec un final ce dimanche qui s’annonce de toute beauté. Il commence fort avec une interview de Al-Qasar à leur hôtel, juste avant leur retour vers Paname et belle perspective que cet après-midi, puisqu’un tête à tête avec Béatrice Macé, la codirectrice du Festival, est acté juste avant la dernière ligne droite à l’Aire Libre et l’Ubu.

Al-Qasar

Al-Qasar

Face à la Gare, au petit-déj’, Thomas Bellier m’attend le sourire aux lèvres pour me parler de sa journée et sa soirée Trans d’hier avec Al-Qasar. Il peut être fier ce guitar-hero grand échalas ! Personne ou presque ne les connaissait avant leur passage aux Trans et ce matin, ils sont cités parmi les grandes révélations du Festival. Grandiose pour un si jeune projet avec même, hier soir, une vraie première fois sur scène pour le joueur de oud, Medhi Haddad et son potentiel remplaçant, en cas d’empêchement dans l’agenda chargé du oudiste-hero, le jeune joueur de saz électrique, Priam Desmond, qui s’avère être son fils ! Le concepteur de ce projet, c’est donc Thomas qui officie aussi dans le groupe Blaak Heat, qui mêle le rock psychédélique avec le métal stoner et des influences arabes. Aujourd’hui, Al-Qasar, hormis un clip vidéo basé sur un concert donné lors de la Fête de la Musique au Caire et un titre disponible en téléchargement sur le net, c’est presque une invitation dans un Monde jusque là inconnu. Leur passage plus que réussi à ces Trans Musicales augure d’une année 2019 d’exception tant au niveau studio que concert… Inch’Allah… Al-Qasar akbar !

Les Louanges

Les Louanges

Direction l’Aire Libre pour Les Louanges et Aloïse Sauvage, et en prime une rencontre avec Béatrice Macé. 17h, le quatuor Québecois Les Louanges déboule sur scène pour une prestation assez étonnante de vide sur fond de chanson pop r’n’b neurasthénique et insipide. Le chanteur leader Vincent Roberge promène sa mélancolie soul en français dans le texte sur des airs vaguement groovy dans une volonté de mélanger le chaud et le froid, mais si sa vision musicale et textuelle teintée d’oxymore, s’avère sans saveur et lisse dans sa restitution, sauf lorsqu’il parle par deux fois entre les chansons et sur la dernière chanson où le chanteur semble un peu plus donné physiquement et mentalement de sa personne.

Pendant la pause, belle discussion avec Béatrice Macé, codirectrice avec Jean-Louis Brossard, sur cette 40ème édition au succès mérité : 58 000 participants dont 32 000 au Parc Expo pour assister à 118 concerts dont 56 au Parc Expo. C’est un bon cru après une année record l’an passé et compte tenu des tensions sociales. Complet le samedi comme l’édition précédente, mais moins de monde le vendredi qui affichait complet lors de l’édition 2017. Par contre, très bon score le jeudi, le record avec l’année de London Grammar en 2013, Disiz La Peste ayant parfaitement assuré son rôle de locomotive pour la soirée la plus compliquée à remplir. Béatrice Macé est soulagée, avouant avoir été fort anxieuse à l’approche du Festival avec l’avènement des « Gilets Jaunes » et la crainte d’un blocage forcé de Rennes qui aurait pu s’avérer catastrophique. Aujourd’hui le Festival est pérenne et continuera de plus belle à nous faire découvrir des nouveaux talents inattendus ! 

Aloïse Sauvage by Ronald Emelianoff

Aloïse Sauvage by Ronald Emelianoff

Retour à la salle de l’Aire Libre pour un show dantesque d‘Aloïse Sauvage, plus qu’un concert de hip-hop tendance chanson, c’est un véritable show complet mêlant danse, performance, show light et  même stand up ! Quelle présence, quel charisme, ce petit bout de femme à l’allure adolescente. Comédienne, elle est découverte dans « Mal de Pierres » de Nicole Garcia et dans « 120 battements par Minute » de Robin Campillo. Danseuse et circassienne, elle joue de son corps en caoutchouc avec grâce. Elle aime aussi jongler avec les mots et les maux avec distance et empathie. Aimant les oxymores et les surprises, elle chavire vite le cœur et l’âme des spectateurs auditeurs qui applaudissent vite à tout va, avant une standing ovation d’exception finale plus que méritée, entrainant quelques belles larmes d’émotions sur ses joues rosies par l’effort et le partage de réconfort… La grande sensation du Festival

Madam

Madam

Direction le club mythique de l’Ubu pour les derniers instants intenses de ce bien beau pèlerinage. Madam est dans la place, ou plutôt mesdemoiselles, soit 4 chipies turbulentes toulousaines qui après seulement un an d’existence distillent déjà un set impeccable rempli de bonnes chansons d’obédience pop, avec pas mal d’arrangements sales et méchants dedans. Les riffs de guitares sont bien aiguisés, les refrains sonnent enchanteurs pour de jeunes riot girls souriantes et cools. Entre L7 et les débuts de Hole, le son grunge rock’n’roll hardcore flirtent donc ici avec les fortes et belles mélodies pop. Leur dynamisme et leur fraicheur font fureur, tant sur scène qu’à la boutique merchandising d’after-show !

The Correspondents

The Correspondents

Le show dansant d’homme caoutchouc à tendance super-héros, The Correspondents, laisse ensuite un goût d’inachevé entre la frénésie du chanteur-danseur et des sons cheap balancés par le DJ. Manquant aussi de variations dans le show, la prestation de ce duo britannique tourne vite vers le répétitif et dans l’ennui, alors que les premières minutes paraissaient si prometteuses. Dommage.

Wooze

Wooze

Pour clôturer la soirée et rester dans l’actualité française, Wooze ose le jaune décliné en mode vestes, cirés, masques, cheveux et peau dans la couleur des canaris. Effet de surprise passé, place à la musique. Au départ, duo entre Corée du Sud et Grande-Bretagne, Wooze se la joue quatuor à l’Ubu, pour une pop hybride qui peine à décoller avec un mélange de sons guitares plutôt brouillon et un gloubiboulga sonore difficile à digérer empêchant les mélodies pop à devenir efficaces. 1h30 du mat, c’est la fin, descente des nerfs et de l’énergie… Let’s go to bed, en attendant la prochaine cure de Trans démentes. Donc RV next year pour les 41 ans ….

Rachid BARA

Voir sur Gonzomusic les trois autres épisodes des aventures de Rachid BARA aux 40éme Transmusicales

 

https://gonzomusic.fr/ca-me-dit-bien-samedi-la-quarantaine-en-trans.html

 

https://gonzomusic.fr/un-vendredi-de-trans-aux-40eme-rugissants.html

 

https://gonzomusic.fr/cest-parti-comme-en-40-ans.html

 

 

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1 réponse

  1. berard michel dit :

    HELLO GERARD
    je crois qu il viens de signer chez def jam ….. avec du 2pac dedans ici

    https://youtu.be/XTnKsbbL4jo

    bise michel

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