THE THE : L’ART(ICLE) ROCK SINGULIER

The The Matt JohnsonVoici 42 ans dans BEST GBD rencontrait Matt Johnson qui prenait tout juste son envol en solitaire sous la bannière de son patronyme énigmatique en forme d’article singulier de The The, porté par son tapis volant de synthés jusqu’aux plus hauts sommets des charts Britishs dès ce « Soul Mining » aux si nombreuses pépites soniques. Flashback…

 

The The Matt JohnsonC’est sûr qu’en choisissant de travailler sur la planète rock, on était condamné à rencontrer des personnages parfois étranges, souvent pittoresques et parfois même fous à lier comme le Throbing Gristle Genesis P. Orridge, ou tête à claques comme Kirk Brandon de Spear of Destiny. Certains étaient vraiment zarbes, à l’instar du zarbi d’Arby ( Voir sur Gonzomusic LA LEGENDE DU ZARBI D’ARBY  et aussi  https://gonzomusic.fr/?s=d+%27Arby ) ou le bon Dr Robert  des Blow Monkeys ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=the+blow+monkeys ). Cependant la galerie de portraits de ces personnages singuliers ne serait pas complète sans Matt Johnson et son The The aux puissants synthétiseurs résolument post-New Wave. Comme Depeche Mode (Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/?s=Depeche+Mode ), Johnson fut un des premiers à privilégier le format 12 inch  des maxis « remix étendus » et ce pari s’est bien entendu révélé gagnant avec une bordée de hits dont « Uncertain Smile », « This Is the Day » ou encore « Infected ». Rencontre avec le mystérieux The The… qui prouve que les héros du rock savent parfois se lever tôt !

Publié dans le N°187 de BEST sous le titre :

 

LE LEThe The Matt Johnson

 

THE Beatles. THE Stones. THE Clash. THE Alarm. Si les noms sont célèbres, l’article « the » l’est sans doute dix zillions de fois plus. Celui qui inventera un patronyme comme The The, croyez-moi celui-là aura inventé le fil à couper le rock. The The, un groupe ? Une organisation ? Une association ? Un cartel ? Une guilde ? Que nenni. The c’est Matt, The c’est Johnson, alias Matt Johnson, un londonien de vingt ans fervent adepte de l’égonautisme ( Voir sur Gonzomusic  SOLO STUDIOS HEROES Épisode 1 et aussi  SOLO STUDIOS HEROES Épisode 2 ). Dans le film de John Milius, consacré aux surfers californiens des sixties, « Big Wednesday », le héros se nomme Matt Johnson, un surfer d’acier sur la crête des vagues. Seul comme son homonyme surfer, Johnson sera-t-il le Prince blanc du Royaume-Uni ? Face à ses machines Matt écrit, compose et interprète tous ses titres en solitaire sur son premier album « Soul Mining ». Sa recette, l’essence mélodique, est un produit irrésistible dont les vapeurs grisantes et synthétiques conduisent droit à I’état de… hit such a long way…

« The The était un groupe a l’origine. On cherchait un nom qui accroche la mémoire et ¢’est mon bassiste de I’époque qui I’a trouvé. J’avais seize ans et je ne pouvais concevoir la vie autrement qu’en musique. The The était un raccourci pratique, une anthologie rock à lui seul. », raconte MJ. Pro ado, Matt revient très vite de la dynamique de groupe et choisit de ne compter que sur lui-même. Un album auto produit, puis un autre sur un petit label indépendant, Johnson découvre que la solitude paie. En 81, Stevo crée le label Some Bizzare pour promouvoir Marc Almond et Soft Cell. Sur la compilation du label Some Bizzare, Matt The The se retrouve en compagnie des petits nouveaux  Soft Cell, Depeche Mode, B Movie et Blancmange. ( Voir sur Gonzomusic  BLANCMANGE VS EYELESS IN GAZA) Synthétique, la nouvelle vague est aussi celle du Maxi45 tours, le twelve inch aux versions bidouillées. Le format convient parfaitement à Matt Johnson; bien avant « Soul Mining » ses maxis « This Is the Day» et « Uncertain Smile » ont su alpaguer l’imaginaire.

The The Matt Johnson« J’ai passé tout mon temps a griller mes nuits dans les clubs de Londres. Je buvais des verres avec des musicos et je croyais y puiser mon imagination, eh bien, je me trompais lourdement Je n’ai jamais été plus créatif depuis que je me lève a neuf heures du matin. »

Aujourd’hui Johnson a défibitivement renoncé au néo-swinging London, aux virées noctambules avec Almond et les autres, mieux vaut bosser seul et à la lumière du jour ll s’enferme dans son appart pour jongler avec ses synthés, ses boites à rythmes un peu cheap et son porta-studio. Créatif sur son radeau, il parvient sans peine à rester à flots. Avec sa tronche plus britiche que nature et son acné persistante, Johnson a tout l’air d’un collégien, même s’il n’a jamais porté l’uniforme parce qu’il séchait tous ses cours. Pas de groupe, pas de scène Johnson veut conquérir le monde par disques et clips interposés et sa musique est assez forte pour qu’il y parvienne, si les croque-vinyles ne nous l’engloutissent pas avant.

 

Publié dans le N° 187 de BEST daté de février 1984Best 187

 

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