PARIS CAPITALE DE LA SONO MONDIALE

Celluloid

Celluloid

Voici 42 ans dans BEST GBD pour la première fois dans un mag rock hexagonal faisait résonner à fond la caisse cette world-music de l’Afrique de l’ouest qui allait tout emporter sur son passage. Des Ambassadeurs de Salif Keita à Ray Lema, en passant par Youssou N’Dour, Fela et les Tourè Kunda faisaient alors de Paris la capitale incontestée de ces imparables nouveaux tam-tams planètaire et le label Celluloïd de Gilbert Castro et Jean Karakos était leur maison. Flashback…

Touré Kunda

Touré Kunda

Si j’avais déjà commencé à craquer sur la musique Africaine après avoir rencontré Fela, le Black President puis les Touré Kunda ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Tour%C3%A9+Kunda )  et le Xalam ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Xalam+%28 )  pour BEST, Actuel et Radio Nova, c’est véritablement en commençant mon émission quotidienne « Planète » sur RFI à la rentrée 1983 que j’ai vraiment plongé. Comme ce jour où Jean Jacques Dufayet, le collègue de Rock & Folk devenu Directeur-adjoint des programmes qui m’avait engagé, me propulse à la volée dans un studio pour interviewer un certain Alpha Blondy ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Alpha+Blondy) qui venait de publier son « Brigadier Sabari » fondateur. Quant à BEST, Christian Lebrun m’avait déjà précédemment autorisé à « couvrir » le Xalam et les Touré dans la fameuse rubrique Le Rock d’Ici avec toute la symbolique d’y intégrer des groupes africains. C’est ainsi que la presse-rock prenait acte de cette consécration de paris en capitale incontestée pour les décennies à venir de la musique Africaine.   Car cet hiver 84 pour la première fois cette merveilleuse musique allait être traitée dans un article « de fond », à des années-lumière d’ouverture par rapport à notre concurrent d’alors qui était Rock & Folk ( Voir sur Gonzomusic BEST VS ROCK & FOLK OU LA RUE D’ANTIN VS LA RUE CHAPTAL )… mais c’est une autre histoire du rock hexagonal… n’est-ce pas ,

 

 

Publié dans le N° : 187 de BEST sous le titre

 

ETIQUETTE NOIRE

 

« C’est un « petit » label qui, bien sûr, a le mieux perçu la contre-attaque de I’ex-empire colonial. Ce qui n’empêche pas Touré Kunda et les autres héros africains de Celluloïd de voir grand : tout un monde essoufflé n’attend que leurs rythmes régénérateurs ». Christian LEBRUN

 

Touré KundaCameras électroniques et régie vidéo sophistiquée  Starwars ? Non simplement le tournage du promo-clip « Labrador » des Touré Kunda. Un village naif peint sur poIyacétate synthétique et fixé sur un déroulant, le soleil et l’orage, les éléments s’opposent sous les grondements des percussions. Co-financée par te Ministère de la Culture, la vidéo de « Labrador» du haut de ses trente bâtons ( 300.000 F  soit 50.000 € : NDR) devrait s’exporter sur la BBC, MTV ou le Brésil. Après tout c’est un budget similaire à celui des Julian Temple ( Voir sur Gonzomusic  QUAND MALCOLM MCDOWELL BALANÇAIT TOUS LES SECRETS D’ALEX) et aussi HASTA LA REVOLUCION SIEMPRE CON LOS STONES )  et autres Godley and Creme ( Voir sur Gonzomusic LA MESHUGA DE KEVIN GODLEY ET LOL CREME )  . L’afro-rock se donne les moyens du rock pour gagner, 84 sera-t-elle l’année-fusion? Drapé dans l’ébène, le rock avide de nouvelles influences trouve un nouveau souffle. L’Afrique vole à la rescousse de la vieille Europe et de l’Amérique. En Angleterre la Jamaïque et son reggae ont permis au rock de se regénérer Puis le « King » Sunny Adé a pris pied aux USA là-même où Bob Marley avait échoué. Bonjour le cross-over, 84 sera l’année de l’Afro-rock et c’est peut être bien la France qui lui servira de plateforme. Aujourd’hui, la crème des musiciens de notre ex-empire colonial s’est réfugiée sur l’Hexagone, débarquant à Ménilmontant comme les rastas à Brixton. Une fois passé le cap de la surprise, ils ont assimilé notre culture et nos sons.

Dans la foulé extrémiste de Fela, le Black President, les Africains sont sortis du ghetto pour commencer à squatter nos platines ; les Bibi Den’s, les Bobongo Stars, les Edikanfo, les Ambassadeurs de Salif Keita, le Super Étoile de Dakar de Youssou N’Dour ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Youssou+N%E2%80%99Dour), les Ray Lema, les Xalam, les Touré Kunda… Marginal et chaleureux, aux antipodes du stress et de la crise, l ‘exotisme devient enfin performant et compétitif. Fini le bricolage et les studios boites de conserves, les groupes africains roulent désormais en 24 pistes en route vers les disques d’or. Épaulé par notre compatriote Martin Meissonnier, Sunny Ade s’en est allé enregistrer à  Londres pour Island.En France qui saura défendre les couleurs chatoyantes du son africain? Les petits labels spécialisés dans l’afro-antillais ? Ils sont bien incapables de dealer avec les médias et le grand public. Les grosses multinationales ? Leurs structures sont bien trop rigides pour ce flux nouveau. L’Afro rock s’est donc tourné vers de petits labels underground, mais totalement motivés.

 

PING & PONG

Jean Karakos

Jean Karakos

Ping était déjà vieux en 68 et mao militant assumé. Pong était docteur ès-magouilles. Ping était un parfait gestionnaire tandis que Pong valait à lui seul une escadrille d’avions renifleurs. Ping et pong, alias Gilbert Castro et Jean Karakos, étaient faits pour se rencontrer: ils ont créé Celluloïd. Karak utilise d’abord ses contacts chez les babs pour signer quelques néo-Gong  allumés et constituer ainsi un noyau de catalogue. Dans le même temps, Castro jongle avec les budgets pour joindre les  deux bouts. Celluloid s’adonne à la cold wave hardcore comme Cabaret Voltaire ou Pragvec, tout en diffusant parallèlement du reggae à tour . de bras; Dennis Brown, Dillinger, Pablo Gad et Errol Dunkley débarquent en pressage ou en import sous la bannière Cellulo. Le visionnaire Denis Jacno et son « Rectangle » apportent le premier hit national, mais Ping et Pong lorgnent déjà vers l’Amérique. Celluloïd importe les LP de ces givrés de Ralph records  et ils balancent déjà plus de Residents en France que le label n’en vend lui même aux USA. Ping et Pong les pressent en même temps que les premiers Material. Aujourd’hui les deux complices scisionnent amicalement: Karakos, installé a New York, contrôle Material ( Voir sur Gonzomusic  MATERIAL BOY  et  aussi  LIVING IN THE MATERIAL WORLD ) et ses ramifications comme Nona Hendryx ( Voir sur Gonzomusic NONA HENDRYX : « The Heat »  et aussi  ELECTRIC HENDRYXLAND) ou encore Herbie Hancock ( Voir sur Gonzomusic HERBIE HANCOCK : THE ROCK HITER ), tandis que Castro lance sa vague africaine.

Gilbert Castro

Gilbert Castro

À Ménilmontant, sa tanière est aussi sombre qu’une hutte. Pas de gadget promo-sexualisant, ni de galette dorée sur les murs. Pas de moquette où I’on s’enfonce ou de bar conciliant, mais quand on l’appelle au téléphone après déjeuner on n’a pas I’impression de le réveiller comme dans certaines multinationales. Castro n’a pas de mange-compact-disk  futuriste ou de chaine sophistiquée pour écouter les maquettes des groupes ; il utilise un vieux Master Blaster dont Alan Vega abusait déjà en 81 sur la scène de Rock in Loft. Mais comment diable la cassette de Touré Kunda s’est-elle retrouvée en contact avec cette tête de lecture-là ? L’anecdote n’a pas le glam habituel du rock, mais elle a l’avantage d’être véridique: Castro et le producteur du groupe se connaissaient de vue, et  that’s entertainment ! Un jour ils se rendirent compte qu’ils prenaient quotidiennement la même ligne de train. Un simple walkman et un banal stylo firent le reste ; Touré Kunda rejoignit I’écurie Celluloïd dés le début 80 pour enregistrer son premier album. Les frères Touré y recréèrent le feeling de la Casamance dans une vaste savane de percussions. L’album ne sera pas un «meilleur vendeur », mais Castro s’accroche. Il récidive. Mais pour capturer pleinement les Touré, il faut les voir sur scène. Sixu, Ismail et Amadou font couler leur musique comme un cocktail de fruits tropicaux Au théâtre Dunois, dans les sous-sols du Rex ou au soleil des festivals, Touré Kunda se taille une notoriété à la force du poignet. Pendant ce temps, Cellulo accentue sa pression africaine en diffusant le label d’Albert Loudes, Tangent. Dans le milieu 82, Loudes débarque chez Ping et Pong : « Je vais acquérir les droits d’une flopée de groupes enregistrés en Afrique, voulez-vous les distribuer ? » Après le Sénégal, Cellulo attaque avec le Mali, le Zaire et le Cameroun.

 

RAY LEMA

Ray Lema

Ray Lema

 

Les groupes s’installent à Paris et s’attèlent au métissage. Prenez Ray Lema, cet ancien directeur du Ballet  National zaïrois. Lassé de Kinshasa, Ray part aux USA pour oublier les vicissitudes de la politique. Il y découvrit le jazz et la technique imparable des requins américains. En 82 Actuel prônant le panafricanisme, son boss Jean-Francois Bizot ( Voir sur Gonzomusic JEAN FRANÇOIS BIZOT PAR MARIEL PRIMOIS  ) , qui paye même de sa personne en organisant des « Nuits africaines » au Rex, importera Ray Lema et publiera son premier mini LP, une maquette gorgée de promesses et produite à peu de frais,

« Peu à peu, les gens se sont mis a écouter ces musiques de manière différente », commente Gilbert Castro, « la vogue de ces artistes qui mêlaient leur culture à la nôtre a eu un effet d’entrainement direct sur des disques africains produits là-bas. Chague groupe est une facette différente, des lignes mélodiques très fortes de Salif Keita des Ambassadeurs à des disques de rumba, plus dansants. Déjà populaires en Afrique, les Ambassadeurs ont réussi a s’implanter chez nous parce que d’autres Africains ont fait la percée. Soudain tu découvres que cette musique est très belle et tu as envie d’en parler. À force ça vous déclenche un courant.  Tu causes, tu causes, les percus alricaines jouent au téléphone arabe. »

Presse spécialisée rock, radio et TV tombent  peu à peu sous le charme. Encore faut-il assurer l’intendance.

« La plupart des disques sont produits dans des conditions africanisantes quasi live, » continue monsieur Celluloïd, « ce qui limite leurs possibilités de diffusion à grande échelle. Pour réussir, les groupes doivent bosser dans des conditions de concurrence loyale par rapport au rock. Les Africains ont un feeling, des idées et du talent, à nous de pourvoir à la technique pour leur permettre d’enregistrer dans de bonnes conditions. C’est ce que nous avons tenté d’apporter à un groupe comme Toure Kunda. Au moment où pas mal d’autres courants musicaux s’essoufflent, les Africains offrent une mine quasi inépuisable de rythmes et de mélodies. »

Touré Kunda« Amadou Tilo », les éléphants du troisième LP de Touré Kunda sont dédiés à Amadou, le frère disparu. Il marque aussi la fusion avec l’arrivée dans le groupe de l’ancien batteur des Flambeurs, Michel Abhissira, un jeune pied noir échappé du funk-rock et de Chyco. un bassiste antillais. Quand le groupe se produit au Palais des Glaces, l’automne dernier, le public est à quatre-vingts pour cent blanc; comment Castro analyse t il cela?

« On trouve de tout aux concerts des Touré, du cadre qui écoutait Supertramp en passant par des franges de publics jazz, rock et variétés. Ce qui est frappant dans ces concerts par rapport aux cotés tendus, énergiques et agressifs du rock, c’est qu’ils entrainent une autre attitude. Peut être est-ce une réaction face à la crise, mais les gens ont besoin de bouger, de danser, de partager cette atmosphère en la vivant. Dés la quatrième chanson, les spectateurs sont debout et dansent. Le courant passe, les gens cherchent la chaleur et la fête. »

Castro lance son pari: 84 sera très colorée Afrique. Son seul problème avec les Africains reste leur manie abusive du piratage. Des petits malins ont acheté une poignée d’exemplaires du dernier Touré qu’ils ont copié sur une bande master qui permet une duplication illimitée sur cassette. Les pirates ont même poussé le vice jusqu’a dessiner une jaquette qui s’inspire de la pochette originale. A moitié clandestins. les pirates ont même un logo et une marque de disque. C’est complètement illégal, mais que faire ? Une seule solution : sortir les disques une ou deux semaines en Afrique avant de les diffuser sur I’Hexagone, ca n’enrayera pas le piratage. mais au moins les Touré Kunda et les autres toucheront quelques royalties africaines. Sur la lancée de ses sorties de disques, Castro caresse le projet d’un consortium de distribution des indépendants pour compléter et concurrencer les réseaux des grands distributeurs de type CBS ou Ariola dont la structure ne correspond pas toujours aux besoins précis de certains types de musiques. Zermati ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Marc+Zermati )  et son Skydog revisité ont adhéré à Mélodie, la filiale de distribution de Cellulo. D’autres sont en passe de les rejoindre. Une telle expérience ne peut-être que positive quand on songe que I’entente WEA/Polygram représente 40 % du marché. Ce qui signifie à court terme le laminage des petits groupes En Angleterre, Rough Trade a mené une expérience semblable dont les résultats paraissent plutôt convaincants. Mélodie a ses chances.

 

SOMMET FRANCO-AFRICAIN

A huit heures du soir, Francois Post, l’attaché de presse de Celluloïd, bosse encore. En liaison téléphonique avec Dakar, il règle un problème sur la tournée africaine de Touré Kunda. En partant, je lui demande une copie VHS de la vidéo «Labrador » dont j’avais suivi le tournage. Face à mon magnétoscope c’est la consternation : quel gâchis! Isabelle Martin, la petite réalisatrice était bien sympa. Mais le résultat est complètement décevant: le montage n’a aucun rythme, les quelques bonnes idées sont exploitées et surexploitées. Ce qui aurait dû être un feu d’artifice de couleurs et d’images n’est qu’une cascade de clichés ratés. Avec un tel budget, les Anglais auraient fait un miracle. Pourquoi le Ministère de la Culture n’a-t-il pas confié l’opération à un réalisateur de ciné chevronné qui aurait tourné en 16 mm avant de passer en vidéo pour le montage ? Dommage. car « Labrador » est invendable ainsi. Comme Perette et le pot au lait adieu BBC, MTV et le Brésil; si les Touré veulent gagner dans tous ces pays il leur faudra jouer sur place ou se trouver un nouveau mécène vidéo.

Touré Kunda by Jean Yves Legras

Touré Kunda by Jean Yves Legras

La culture officielle est pourtant pavée de bonnes intentions : Invités à Vittel en octobre dernier pour le Sommet Franco-Africain, les Touré Kunda se sont produits face à un aréopage de chefs d’Etat; une petite victoire pour nos exilés. Quelques jours avant son départ pour la tournée africaine, Ismail raconte son expérience de Vittel :

« Le fait d’avoir joué là-bas, pour nous c’est tout a fait normal. On s’est produit partout dans le même esprit. En dehors des ministres et des présidents, c’était exactement comme au Palais des glaces. Tu sais, la politique, ça n’empêche ni de vibrer ni d’applaudir. »

Le 25 décembre. Ismaël et son groupe réveillonnaient en Côte d’Ivoire. Leur tournée afro passait aussi par le Sénégal:

« Faut qu’on aille vivre un moment au pays, on se dit ça depuis cinq ans, il était grand temps que ca se réalise. On a besoin de ce retour à la source, car si notre corps est là à Paris, notre esprit est bien souvent là-bas. Après l’Afrique on a prévu d’aller aux États-Unis. »

Touré Kunda joue a tond la carte de l’éclectisme. En faisant chanter ses colliers, ses bracelets d’argent et de cuivre, Ismaël raconte avec passion ses jams avec d’autres Africains comme Manu Dibango:

« Pour moi c’est un retour complet aux sources. Lorsque j’ai commencé à écouter Manu, je n’avais pas dix ans. Un jour, [‘ai bien dû déchiffrer ma première chanson, eh bien c’’est encore Manu qui l’avait écrite. Se retrouver en scène avec lui c’est dire si c’est important, une superbe sensation car on s’écoute mutuellement, chacun est amoureux de ce que l’autre fait. »

Ce qui est vrai pour les Africains comme Manu Dibango I’est aussi pour les Français: les Touré vont enregistrer un litre avec Jacno pour son prochain album

« Jacno et nous faisons un peu partie de la même famille. Pourtant ce qu’il fait est assez différent de notre style de musique. Tant mieux, le métissage est essentiel C’est comme le sport, tu dois foncer dans la foulée. »

Quant au prochain album des Touré Kunda, il est déjà en préparation. On sait même qu’il sera très différent des Éléphants, gorgé de percus et de chœurs. Après I ‘Afrique, le groupe continue sa tournée aux Antilles et en Martinique avant de s’attaquer à fond a l’Hexagone avec une rafale de gigs dans toute la France. L’Empire contre-attaque : bien avant l’arrivée des colonisateurs, l’Empire Mandingue s’étendait du Mali au Sénégal jusqu’en Guinée et en Côte-d’Ivoire, en fait toute une partie de I’Afrique de I’Ouest. Entre tous les dialectes, Touré Kunda choisit le Mandingue pour ses chansons:

« Dites à mes cousins que cette année je dois porter la bague d’argent sacrée et que, sans cela, je ne pourrai plus récolter l’année prochaine. » « E’Mbalma » (« Et je vous

parle »).

Mais le Mandingue peut se mettre à jour : sur le même album Ismail et Sixu utilisent cette langue pour justifier le métissage. « Toure Kunda bal contona » (« Touré Kunda vous réchauffe le cœur ». Le soleil ni le vent ne connaissent la crise, Touré Kunda agit comme les éléments, sa musique chasse les nuages et nous irradie. Lorsque Touré Kunda débarquera dans votre ville n’oubliez ni les verres fumés ni I ‘huile solaire, et le djiamba dong vous édifiera des châteaux de sable dans la tête.

 

Publié dans le N° : 187 de BEST daté de février 1984Best 187

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