NONA HENDRYX : « The Heat »

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Nona-Hendryx-

Cet hiver 1985, je craquais à nouveau sur le funk animal de Nona Hendryx et ses feulements de panthère noire. « The Heat » était le 4éme LP de cette rugissante black diva et il était incontestablement boosté par la présence du guitariste des Stones sur le bien nommé «  Rock This House ». Trente ans plus tard, « The Heat » n’a rien perdu de ses facultés hautement calorifiques.

 

Nona-Hendryx-The HeatOriginaire du New Jersey, Nona Hendryx démarre aux cotés de sa consoeur Patti Labelle from the « Voulez vous coucher avec moi ce soir… » fame ! Mais, à la fin des 70’s, elle décide, à juste titre, de voler de ses propres ailes. J’ai rencontré Nona en 82 par l’intermédiaire de deux musiciens de Chic croisés au Power Station studio de NY avec Nile et Bernard : le claviers Raymond Jones et le bassiste Carmine Rojas- qui accompagnera Bowie sur l’album historique « Let’s Dance » produit par Nile Rodgers-. J’avais justement suivi Raymond et Carmine qui assuraient pour Nona Hendryx dans un petit club de Washington. Et j’avoue que, ce soir-là , elle m’avait assez bluffé. J’avais chroniqué son « Nona » sorti en 82 ,mais j’avais par contre évité le suivant, le décevant « The Art of Defense ». Fort heureusement avec ce « The Heat » Nona allumait à nouveau le feu…et tout le reste !

 

Nouveau look hérisson pour Nona, dans une étonnante déflagration d’adrénaline. « The Heat » c’est vrai, est un titre qui colle à la peau de l’album. Dans la chaleur de la nuit, Dona Nona est dans son élément, telle une sirène dans l’eau bleutée d’une piscine hollywoodienne. Grace Jones, Pointer Sisters ou Tina, j’ai toujours un faible pour les grands fauves. Et justement, Nona est une panthère noire qui rugit avec talent. Dès l’intro de « Revolutionary Dance », un funk plus performant que des balles dum-dum, l’album démarre, comme une De Lorean lancée à pleins chevaux, en abandonnant la moitié de la gomme de ses Dunlops sur le macadam. Nona nous fait ainsi oublier le lot de déception issu de sa précédente galette-bouillie (que je m’étais abstenu de massacrer et de tronçonner). Produite par le pool Bernard Edwards/ Arthur Baker, miss Hendryx s’offre de la tête aux pieds, fruit sensuel d’un sacrifice à un Moloch Baal modern style branché GoGo music. Ahhhhh la belle extase…

La Nona n’est pas du genre suce-glaçon

 

Tendre ou speed, déchirée ou romantique, Messaline ou croqueuse de diams, la Nona n’est pas du genre suce-glaçon. Contrairement à ses consœurs, elle ne se contente pas de vocaliser avec brio sur les compos des autres, puisqu’elle signe ou co-signe tous les titres de son LP tout comme les crédits de production. Funk rageur et fusion – avec un tel titre cela paraît normal – On s’électrise avec ferveur sur « A Girl Like That • ou l’incroyable «  Rock This House » avec Mister Keith Richards himself en guest (rock) star . Larmes, chaleur et poussières, Nona Hendryx sait aussi ronronner; lorsqu’elle hurle à l’amour. « I Need Love  » quel bipède ne serait pas saisi sur place? Plus chaude que l’été indien, Nona constitue à elle seule le plus désirable des enfers.

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