Mrs Jones désormais inconsolable, Billy Paul s’en est allé

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Billy PaulIls ne se rencontreront plus jamais à 6:30 pm dans le « même café », car hélas Billy Paul, le héros de la Philadelphia soul, nous a quittés hier à 81 ans dans sa résidence de Blackwood dans le New Jersey, emporté par un fichu cancer en phase terminal .

billy-paul-single-sleeve-385Certes, son décès n’est pas aussi surprenant que celui de Prince et de Papa Wemba, mais bon, un champion de la blackitude déchainée qui disparait chaque jour, cela commence à faire un peu trop, non ? Hélas, Billy Paul, star du légendaire label Philadelphia International Records aux cotés des O’Jays, Harold Melvin & the Blue Notes et les fameux MFSB aux instrus killers est décédé dans la nuit d’un cancer du pancréas chez lui, à Blackwood dans le New Jersey. Billy Paul, de son nom véritable Paul Williams, avait endossé ce pseudo en sortant ses premiers 33 tours pour éviter d’être confondu avec le compositeur de la BO de « Phantom of the Paradise ». Inspiré par l’immense Nat King Cole, dés son plus jeune âge, le chanteur à la voix si veloutée démarre sa carrière juste après la Seconde Guerre mondiale. Il n’a pas onze ans lorsqu’il chante déjà en direct sur les radios locales. Ses premiers singles jazz sortent durant les 50’s. Mais c’est le service militaire qui va de manière surprenante booster la carrière du jeune chanteur, lorsqu’il se retrouve sur la même base allemande qu’Elvis Presley et le fils de Bing Crosby, Gary. Billy Paul forme alors un ensemble le Jazz Blues Symphony Band. Mais hélas, Elvis refuse de les rejoindre, préférant continuer à jouer les chauffeurs du colonel, tandis que Paul et ses copains faisaient la tournée des bases US en Europe. Lorsqu’il est démobilisé, il monte d’abord un trio de jazz, avant de rejoindre les Blue Notes dirigés par Harold Melvin. Mais comme il refusait d’assurer les routines de danse du show comme les autres musiciens, il se fait éjecter au bout de six mois. C’est alors que sa rencontre avec le producer Kenny Gamble va bouleverser le cours de sa vie. Il publie son tout premier LP de reprises enregistré en public dans un club de sa ville natale Philadelphia « Feelin’ Good At The Cadillac Club ». Gamble tenait alors un magasin de disques à deux blocs de la salle. Inspiré par les Beatles, Paul crée sa propre fusion jazz, rock & soul sur son second 33 tours qui sort cette fois sur le label Neptune fondé par Gamble, qui s’est alors associé à Leon Huff.

So long Mr Paul, you may be gone but not forgotten…Billy Paul

 

Et, lorsqu’au virage des 70’s Huff, Gamble et Thom Bell lancent leur nouveau bébé au patronyme si ambitieux de Philadelphia International Records (PIR), Billy Paul s’impose comme la star de ce nouveau label basé à Philadelphie qui s’assure un solide deal de distribution avec Clive Davis, qui était alors le big boss de CBS records. « Going East » le tout premier Billy Paul sur la bannière PIR sort en 71, mais il faudra encore attendre un an pour voir ce chanteur à la voix si pure enfin triompher avec l’excellentissime « The 360 Degrees of Billy Paul » . Il y reprend en pure soul émotionnelle le « Your Song » d’Elton, mais ce sont bien ses propres compos interprétées au piano qui vont emporter l’adhésion du public. « Let’s Stay Together » au jazz délicat et surtout l’irrésistible slow braguette de nos boums d’ados, le cristallin « Me and Mrs Jones », sur le thème de l’adultère coquin, vont faire de ce second LP sur PIR un phénomène planétaire. Billy Paul entre de plain-pied dans la légende. Son troisième LP PIR « War of the Gods » se distingue par son hit funky cool « The Whole Town’s Talking ». Mais, hélas au début des 80’s, Philadelphia International est emporté par la vague de désaffection de la disco-music auquel le label est associé. Billy Paul publiera encore deux albums au milieu des années 80, avant de se retourner contre son ex-label dans un combat juridique où il sort vainqueur, récupérant un demi-million de dollars de royalties impayées. Il obtient également un million de Nike, qui avait aussi utilisé son « Me and Mrs Jones » pour une pub sans son autorisation, histoire d’adoucir ses années de retraite bien méritées. Aujourd’hui , avec la mort de Billy Paul, Mrs Jones doit pleurer encore plus que nous, car elle sait qu’elle ne retrouvera plus jamais son amant «  à 6 heures 30 dans le même café ». So long Mr Paul, you may be gone but not forgotten…

 

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