MICK JAGGER FRENCH LOVER
Concerts, mariage, château… cet ouvrage retrace l’amour du chanteur des Rolling Stones pour la France.De la mythique Olympia à Pocé-sur-Cisse, le village au cœur de la Touraine, siège de son château de Fourchette, en passant par son mariage à Saint-Tropez, la capture de l’« Exile On Main Street » avec les Rolling Stones à la fameuse villa Nellcôte, la star du rock n’a jamais caché toute l’intense « Satisfaction » que lui accordait la France. Ce « Mick Jagger, French lover » de Gilles Lhote livre tous les secrets de cette longue « entente cordiale ».
Par Marie TORRES
« Ils arrivent sur les planches comme on débarque sur une scène de crime : costumes trop cours, pompes pointues, coupe Beatles en plus crade, regards baissés mais dents serrées. […] La salle est pleine à craquer, les filles hurlent, les mecs entrent en transe, les flics transpirent et se tiennent prêts. » C’était le 20 octobre 1964, à l’Olympia. Et si les Rolling Stones ne sont pas encore un groupe mondialement connu, ce soir-là, ils séduisent le public parisien. Quant à Mick, lui, c’est Paris qui le conquit. Et c’est sur cet « amour », qui ne se limite pas à la capitale mais qui englobe le pays entier, que Gilles Lhote revient. Appartement à Paris, château en Touraine… l’auteur ne manque pas de rappeler aussi le mariage de Mick et Bianca. Le 12 mai 1971, ils se disaient « oui » à Saint-Tropez. « Dans une charmante mairie provençale, puis une petite chapelle romantique posée sur les hauteurs…». Les invités ? Ils sont tous là. Des ex-Beatles aux Who, en passant par Ronnie Wood (pas encore Stones), Ronnie Lane (Faces), Stephen Stills… et pourtant « Mick voulait organiser un mariage très discret – et il a donc choisi Saint-Tropez au plus fort de la saison estivale. Pas un journaliste n’a manqué le rendez-vous » dira plus tard Keith Richards, dans sa biographie « Life ».
Difficile aussi d’occulter l’épisode « Nellcôte », cette villa où le groupe a enregistré « Exile On Main Street ». Pour rappel, les Stones avaient quitté le Royaume-Uni pour échapper au fisc et s’étaient donc exilés sur la Côte d’Azur.
« Il y avait quelque chose de pourri à Nellcôte, une vraie noirceur. L’histoire du lieu, les caves, les gens qui traînaient… C’était comme vivre dans un roman de William Burroughs. Les Stones ont débarqué ici sans plan clair, sans label stable, mais avec une urgence animale : celle d’enregistrer, de graver une époque à coups de slide et de souffrance », dira un technicien. ».
Ainsi de l’Olympia 1964 au concert de Longchamp en 2022, Gilles Lhote retrace les grands rendez-vous des Stones en France et bien sûr il s’arrête sur plusieurs conquêtes (difficile de toutes les citées) de Mick et sur son château La Fourchette en Touraine.
Bien sûr on peut penser : encore un livre sur Mick Jagger. Encore un livre sur le chanteur des Rolling Stones et non, comme on l’entend et on le lit encore trop souvent, le fondateur ou même le co-fondateur du groupe. C’était Brian Jones. Une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal.
Mais revenons à « Mick Jagger, French lover ». Même si c’est un livre de plus, même si on connait beaucoup d’anecdotes ou de faits cités, l’auteur a pris un angle alternatif et intéressant : la passion de Mick pour l’Hexagone. Et ça vaut le détour.
« Mick Jagger, French lover »
Gilles Lhote
Editions L’Archipel
22 euros
