BOOGIE BALAGAN « Gözlerim Yahalom »

Boogie Balagan

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Et si j’avais enfin trouvé le Saint-Graal ? L’album de rock ultime échappé de cet explosif Proche-Orient… tout en étant parfaitement parisien ? En effet, avec ce « Gözlerim Yahalom » les iconoclastes de Boogie Balagan font très fort. Français, anglais, turc, hébreu, arabe se mélangent et il faut imaginer une gigantesque Tour de Babel rock orientale pour prendre toute la mesure de cette fusion si furieusement dépaysante que l’on croyait à jamais disparue depuis Rachid Taha.

Boogie Balagan

C’est leur grand retour depuis leur « Saz Power » de 2018 ( Voir sur Gonzomusic SAZ POWER ) , mais il faut avouer que même si les Boogie Balagan savent se faire attendre, cette attente aura été tout sauf vaine et ce brillant « Gözlerim Yahalom » le prouve aisément. Car tout démarre sur « At Li Layla », une entêtante et si délicate balade acoustique, en tout cas la plus belle « Layla » depuis celle de Clapton. Puis c’est au tour de l’incantatoire et bluesy « Ayooni Please Come Home » de nous électro-désorienter gravement entre Kraftwerk et Oulm Kalsoum porté par sa coolitude exacerbée. Mais la surprise viendra d’une reprise : « J’me présente je m’appelle Henri… »  après avoir jadis vampirisé le « Vertige de l’amour » de Bashung, cette fois Azri et Gabri s’attaquent au mythique…« Le chanteur » de Balavoine, porté par des darbukas crépusculaires pour une reprise se révèle juste irrésistible. Moi qui me demandais où étaient passés les héritiers de Rachid Taha ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Rachid+Taha,) je crois avoir enfin trouvé réponse à ma question.

Boogie Balagan Puis « Djibrish Mila » sonne d’abord un peu Morricone « Le bon la brute et le truand » et devient bientôt puissant et inquiétant, un titre climatique aux influences Led Zep sur guitares bien destroy. Quant à « Falafhell Power »… mais quel merveilleux jeu de mots, entre le croquant  dufalafel et l’enfer du Hellfest, pour un titre néo-Ramones façon glam-rock en diable ,emblématique et bien viril, mais après un sacré détour méditerranéen façon Odyssée d’Ulysse, sans doute l’un des plus puissants de ce bel album. Quant à la chanson-titre « Gözlerim Yahalom », elle puise également aux sources gnawas de Page et de Plant, lorsqu’ils lorgnaient du coté de « Kashmir » pour nous étourdir d’un blues parfaitement intemporel. À sa manière, « Lonely Donkey » marque le retour en force des darbukas et de ce rock oriental au beat quasi hypnotique lorsque « Mashiah ( ima dimaa’) » oscille quelque part entre King Krimsom et Stevie Ray Vaughan  pour nous captiver comme un parfum musqué envoutant . Mais il faut attendre l’incroyable final de « Purple Fez », sans doute en référence au « Purple Haze »  de Jimi et aussi au « Purple Rain » de Prince, pour succomber au titre le plus puissant de l’album. Certes, le jeu de mots est gros comme un camion : « fez » en référence au fameux chapeau rouge à pompom rendu jadis illégal par Kemal Attaturk, cependant il se révèle d’une si redoutable efficacité. Punks du levant à jamais, nos Boogie Balagan peuvent se revendiquer la tête haute en dignes héritiers de Led Zeppelin., de Taha et du Clash. Et ce bouillant « Gözlerim Yahalom » le prouve de la manière la plus cinglante. Capturé dans divers studios de Paris et d’ailleurs tels que Studio7 de Villejuif, Studio Magneto à Lyon, Whaas studio de Tel Aviv ou encore le Studio 180 à Paris. Produit et mixé par Azri puis masterisé par James Plotkin aux USA, on peut dire que d’ores et déjà l’album est une des meilleures surprises de cette année. Nous en reparlerons d’ailleurs tout bientôt avec  les allumés Arzi et Gabri.

 

 

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