MAHLATHINI « Indodenyama » MAHLATHINI & MAHOTELLA QUEENS « Tokozile » LADYSMITH BLACK MAMBAZO « lnala »

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Mahlathini_Mahotella_Queens 

Voici 30 ans dans BEST, GBD servait de révélateur photographique aux incroyables groupes sud-africains de mbaqanga comme les Ladysmith Black Mambazo, révélés par le hit « Homeless » de Paul Simon ou l’Elvis Presley de Soweto, l’immense et regretté Mahlathini entouré de ses Queens. Héros du label Gallo records, tous ces artistes qui incarnaient le futur de la négritude avaient un dénominateur commun : le George Martin de Joburg, West Nkosi, lui aussi trop tot disparu

 

 

Ladysmith Black MambazoMes chroniques de la musique sud-africaine ressemblent de plus en plus à un cimetière. Et mon amitié avec la plupart de ces artistes ne fait que verser du sel sur cette plaie ouverte. Lucky Dube, le Bob Marley de l’Afrique extrême assassiné devant ses gamins par un zombie au crack pour une poignée de Rands. Il faut aussi citer Headman Shabalala, frère du fondateur du Ladysmith Black Mambazo assassiné par un blanc, tout comme l’autre frère Jockey Shabalala. De même l’immense Ray Phiri, le Marvin Gaye africain est mort terrassé par un cancer.  Mahlathini, le lion rugissant de Soweto, est lui aussi décédé en 99 à seulement 61 ans terrassé par son diabète. Jaais je n’oublierai sa petite maison dans le township dont le seul luxe était un disque d’or accroché au mur. Les parois avec la maison adjacente étaient si minces que Mahlathini pouvait en live profiter des scénes de ménages de ses voisins. C’était une star et je l’adorais. pour méoire son « Kazet » avait été adapté par Lizzy Mercier Descloux qui en avait fait un tube français avec « Mais où sont passées les gazelles ». Enfin, il faut aussi citer le George Martin du mbaqanga, West Nkosi producteur génial de Mahlathini, Ladysmith et de bien d’autres, devenu paralysé suite à un terrible accident d’auto qui l’achèvera quelques mois plus tard à seulement 58 ans. Si tous ces immenses artistes me manquent cruellement, je suis néanmoins fier de les avoir côtoyés et surtout d’avoir eu le privilège de travailler avec eux pour BEST comme pour la télévision.  Flashback en pure sono mondiale….

 

Publié dans le numéro 235 de BESTMahlathini

 

Avec le « Graceland » de Paul Simon, nous avons découvert les rythmes zoulous indomptés. Crevant l’apartheid, le rock sud-africain de Johnny Clegg a déboulé, balayant nos charts de sa multi-fusion. Dur d’éponger plus de vingt ans d’embargo culturel en quelques sillons, mais le courant sud-africain est si fort qu’il va nous submerger. Débordant d’espoir, de force et de conviction, le son zoulou fait voyager nos oreilles encore plus loin. Guitare aigrelette, ligne de basse puissante, percus et chœurs raz de marée, le rock zoulou transgresse les chaînes des colonisateurs pour nous subjuguer Seigneur de l’ouest. West Nkosi produit à tour de bras depuis des années des centaines de groupes indigènes plus furieux que la tempête. Ce sont eux qui ont soufflé à Simon et Clegg la recette de leur succès. Derrière une pile de cassettes dans son bureau ou au volant d’une 4×4 sur les routes poussiéreuses du Transvaal. West cherche et déniche dans les villages l’écho des chants de guerre et de paix du peuple zoulou. Puis il les emmène en studio pour leur donner tous les moyens qu’offre la production moderne. Authentiques et puissants, les Mahlathini et autres Ladysmith Black Mambazo créent une pop music proprement vertigineuse. Simples et chaleureuses, leurs compositions incarnent l’âme et l’espoir du peuple noir sur un mode qui crée la mode. Pour réveiller les guerriers qui sommeillent en chacun de nous, il faut savoir hurler avec les zoulou(p)s.

Publié dans le numéro 235 de BEST daté de février 1988

 

 

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