MADEMOISELLE K : « Sous les brulures l’incandescence intacte »

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Miss K

 

C’est son 5éme album en dix ans d’impeccable exercice du rock hexagonal, Mademoiselle K revient. Elle a mis un genou à terre, à moitié KO par son dernier dépit amoureux, mais elle est toujours aussi consciente et sur le point de se relever. Comme son nom l’indique, « Sous les brulures l’incandescence intacte » est un album de combat, mais aussi d’utopie, comme jadis on cherchait le sable de la plage sous les pavés de 1968. Retour au Français majoritaire dans ce projet après la parenthèse « Hungry Dirty Baby », pour l’album de la psychanalyse et de la reconstruction de Mademoiselle K.

 

 

Miss KVous l’aurez compris, tout n’est pas rose dans la vie de Mademoiselle K. Sous le perfecto, son petit cœur de rockeuse a bien souffert et elle le proclame sur tous les tons. Y compris certains carrément inédits, tels l’électro ou l’acoustique, que l’on retrouve ici. Tout commence simple comme « bonjour » ou presque avec « Bonjour Bonjour », où Miss K vocalise : « elle ne veut plus de moi, elle s’est perdue à mon contact ». Katerine assume aussi totalement que bravement son identité sexuelle…même si elle semble si désemparée par cette déchirante rupture. Blues écorché vif, troublant, saccadé, déchiré par le traitement électronique de sa guitare solo, agité et troublé par la douleur, pour une touchante composition. Peut-être ma favorite, voici la faussement enjouée « Sick Sick », avec son intro au synthé…chantée en anglais, sur un léger beat électro 80’s à la OMD. Petite pointe d’accent français pas trop pesant, c’est une Love song au ton léger pour un chagrin pesant une tonne.  « Si j’étais malade de toi il n’y aurait aucun remède… » assume-t-elle sur cette triste pop song mélancolique. Avec « On s’est laissé », on continue dans le cycle rupture et bonjour tristesse. Elle est saccadée et pulsé à l’électro, on la traverse comme un rideau de pluie hivernale.  « On s’est laissé, mais je dois t’avouer que tu restes toujours mon amour…»,  preuve par les mots que, parfois, la beauté du chagrin sait être troublante. Si vous croyiez pouvoir économiser les Kleenex, avec ce CD c’est raté. En chantant « J’ai pleuré », Katerine continue de verser du sel sur sa plaie, avec une balade délicate acoustique et tendre plus Joni Mitchell que Janis Joplin. Et l’on se dit alors qu’une telle mélancolie ne peut laisser quiconque indifférent. C’est, en tout cas, une des plus simples et pourtant peut-être la plus réussie. La chanson-titre « Sous les brulures » scande sa douleur inlassable, où miss K continue d’exorciser l’atomisation de son couple, qui ne l’a manifestement pas laissée intacte. Et sous cette douleur intense, elle a la voix presque cassée.

Hâte de découvrir la Mademoiselle K 2.0 qui connaitra enfin le bonheur 😉

Miss K

Adepte d’un rock participatif, Mademoiselle K nous l’a souvent prouvé dans ses clips par exemple, ainsi pour composer « Pour aller mieux », elle a interrogé son public pour connaitre leurs petits trucs individuels qui aident à se sentir mieux, tels que : J’appelle des amis, je me roule un pétard, j’écoute une chanson pas spécialement joyeuse, je pète, etc… chacun a sa propre recette, et ils sont nombreux à la révéler, pour remonter la pente de son blues intérieur. La blague dure un peu plus de trois minutes, avant que ne s’impose finalement une gratte acoustique instrumentale. On se souvient alors que K avait coutume de donner des prénoms féminins à ses guitares et qu’elles dormaient parfois avec elle. La suivante, « Ça ne sera pas moi », est bien déjantée et farouchement insurgée…un peu sur le beat de « I’m the Walrus », y compris les violons. C’est une belle composition, la plus harmonieuse, en tout cas un de mes paris pour cet album. « Hypnotisés vers la lumière », c’est back to électro beat, avec un son un peu glauque, aussi sombre que ténébreux. Méga tristesse dans le texte, Katerine vocalise d’une voix haute et déchirée « Suckin My Brain » est une autre chanson en anglais. Elle se montre ouvertement vénéneuse, entre PJ Harvey et Patti Smith, déjanté sur un piano brinquebalant et une guitare discrète. Et si c’était la moins sad de tout l’album ? Enfin, « Sous les brulures l’incandescence intacte » s’achève avec  le slow blues cool aussi faussement enjoué que désespéré « We’re Kissing Baïe Baïe » et l’on se dit qu’on a trop hâte de découvrir la Mademoiselle K 2.0 qui connaitra enfin le bonheur, l’allégresse et la béatitude, preuve que même au pays du rock, on a aussi droit au bonheur.

 

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