LOVE & MERCY

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Sans doute le meilleur parmi les biopics, justement parce qu’il n’en a rien, LOVE & MERCY c’est « dans la peau du (génial mais fracassé) Brian Wilson », le légendaire chanteur et maestro des Beach Boys, ce surf-band métamorphosé par son génial leader en challenger US des Beatles. Et c’est un film tout naturellement riche en « bonnes vibrations » !

 

Love & MercyDans l’avion qui m’amenait à LA cette année 76, mon voisin de cabine me demandait naïvement si je connaissais « les garçons de la plage » ? D’abord interloqué quelques secondes par la connotation gay de sa question, j’ai évidemment fini par comprendre qu’il me parlait des Beach Boys. Durant les 70’s, la France avait adopté non seulement la British Invasion, mais également le rock des deux côtes US…ce qui n’était pas évident à l’époque en Amérique où le type de LA n’avait jamais entendu le Velvet Underground et où son congénère New Yorkais ne calculait même pas les Beach Boys. Cette année 76, marquait justement le retour des « garçons de la plage » avec le hybride mi Best of /mi nouvel album « 15 Big Ones », 20éme LP des Beach Boys mais premier album produit par Brian Wilson avec le line up originel du groupe depuis… « Pet Sounds »…10 ans auparavant. Depuis toujours les BB ont su incarner la BO idéale des plages Californiennes avec leurs chansons qui chantent si bien le surf, les filles et les bagnoles. C’est dire combien je pouvais appréhender de voir portée à l’écran la life décousue de Brian, sans doute l’un des 10 plus grands génies musicaux du XXème siècle, échaudé que j’étais par la Bérézinesque bio de Bowie « Velvet Goldmine » et le Waterlooesque portrait d’Hendrix « Jimi : All Is By My Side », ces deux films réussissant le tour de force d’évoquer deux rock-stars sans pouvoir passer une seule note de leur musique. Déjà LOVE & MERCY n’a fort heureusement pas ce handicap. D’un bout à l’autres des deux heures , on est submergé par le son cristallin taillé sur mesures pour les harmonies des Beach Boys par leur « lunatique- au sens Syd Barrett du terme !- frangin/cousin Brian. Très habilement réalisé par Bill Pohlad- fameux producteur de, entre autres, 12 Years as a Slave- le film met en abime les « deux Brian Wilson : le jeune et le plus âgé, celui de « Good Vibrations » et son alter ego qui a pété les plombs après l’enregistrement du démentiel « Pet Sounds ». Brian jeune c’est Paul Dano, révélé par Little Miss Sunshine tandis que Brian l’ancien est incarné par le fabuleux John Cusack, parfait dans son rôle des star tourmentée, surfant toujours en équilibre entre son génie et sa folie, l’un hélas n’allant pas sans l’autre. Love-Mercy_ John Cusack

California dream

D’un coté les 60’s, avec la naissance des « garçons de la plage » frangins et cousin, managés d’une main de fer par papa, de l’autre la fin des 80’s et la Rédemption par l’amour d’une femme d’un Brian Wilson émergeant enfin de son exil sur « la face cachée de la Lune » . Et tout au long de ces 121 minutes, on est frappé par ce soin extraordinaire porté par le réalisateur au détail historique, tant au niveau des décors, que des costumes, et avec en plus une omniprésente dimension musicale. Polhad nous transporte par le trou de la serrure jusqu’au Sunset Sound, le vieux studio où les Beach Boys ont enregistré tant et tant de hits…lesquels défilent comme un dialogue entre les deux Brian, le jeune et le vieux. Alors oui, c’est incroyablement émouvant d’assister à la naissance de « Good Vibrations » en studio aux coté des BB. Où de constater que la légende peut s’avérer en fin de compte véridique, lorsqu’on découvre que Brian avait réellement posé son piano au milieu d’un immense bac à sable disposé…au beau milieu de son salon. Et surtout, il est troublant de découvrir enfin qui a su exorciser Brian Wilson de ses démons intérieurs, l’amour d’une jeune femme, Melinda qui devient sa compagne. Celle qui ose combattre l’influence néfaste de l’abominable docteur Eugene Landy, le gourou qui maintenait Brian sous son emprise opiacée. Notre héros du rock est donc sauvé par l’amour et c’est une histoire vraie. LOVE & MERCY n’a décidément pas fini de chanter son « été sans fin » Californien à tous les admirateurs de « la surfeuse », de « Barbara Ann », de « Wendy», de « Rhonda qui aide » et des « garçons de la plage ».

 

En salle depuis le 1er juillet 2015

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