Lil Buck Sinegal mort d’un zydeco hero

Lil-Buck-SinegalIl n’avait que 75 ans, mais sa route fut si longue et si riche en aventures, Lil Buck Sinegal s’est éteint chez lui à Lafayette. Compagnon de route de Clifton Chenier et de Buckwheat Zydeco, il avait accompagné les plus grands musiciens de la Louisiane. Il jouait encore récemment sur le « Zydeco Soul » de Major Handy. Adieu Petit Buck !

Lil-Buck-SinegalUn de ses fils l’a retrouvé inanimé à son domicile de Lafayette lundi matin. Il serait décédé dans la nuit de dimanche d’un arrêt cardiaque suite de complications de son état de santé général. De son vrai nom Paul Alton Senegal, dans la communauté des musiciens de Louisiane, tout le monde le connaissait sous son nom de scène : Lil Buck Sinegal. Sinegal, car un fonctionnaire avait mal orthographié son passeport lorsqu’il s’est embarqué pour une tournée européenne aux côtés du mythique Clifton Chenier à la fin des 60’s. Quant à son surnom, Little Buck (littéralement petit blé noir), c’était un clin d’œil à sa petite taille. Petit certes, mais grand par le talent : c’était un guitariste aussi exceptionnel qu’il était adoré et respecté par ses pairs. Les musiciens acadiens se souviendront de Lil’ Buck comme d’un guitariste légendaire, toujours prêt à servir de mentor aux autres. Il était sans doute l’un des artistes les plus aimés de Lafayette. Il a joué sur des milliers d’enregistrements et a participé à des tournées mondiales durant des décennies avec tant et tant de groupes locaux.  Bien sur, Lil’ Buck était surtout réputé pour avoir accompagné Clifton Chenier, puis pour avoir œuvré dans le groupe de Buckwheat Zydeco.

 » Entre Lil’ Buck et moi ce n’était pas seulement une histoire de musique » explique Sir Reginald Dural, le fils de Buckwheat Zydeco. « C’était vraiment un membre de ma famille. Il est de ma famille. Et on échangeait comme je le faisais mon père. Et c’est ce qui m’émeut tant. C’est comme me rappeler lorsque mon père est parti. »

Lil’ Buck ne s’est pas contenté d’accompagner des dizaines de musiciens locaux il a aussi bien souvent enregistré sa propre musique. S’il faut en croire les notes de pochette de son album « Bad Situation », il aura joué de la guitare sur plus de 300 enregistrements par décennie depuis les années 1950, un record ! Voici peu de temps, il mettait encore sa guitare au service de Major Handy, l’accompagnant sur son superbe album « Zydeco Soul » ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/major-handy-le-grade-du-zydeco.html) On se souviendra de Lil’ Buck comme d’un phare pour guider tant de jeunes musiciens. Greg Gordon, un batteur qui a joué dans plusieurs groupes avec lui, ne peut dissimuler son immense admiration.Young Little Buck

« Il était comme un père, un mentor, un chef d’orchestre intrépide », dit Gordon,  » Et il va me manquer. Il me manque déjà beaucoup. »

Sa composition qui a aura le plus marqué les musiciens locaux est cette chanson intitulée « The Blues is Killing Me ».

« J’ai fait le blues. Ça me tue, ça me tue. Qu’il en soit ainsi. Oh, laisse tomber. Mais quand je m’en vais, laisse-moi descendre très doucement », chantait Lil’ Buck, ajoutant. « Je me suis bien amusé. Jour et nuit. Plus d’histoires. Pas de bagarre. Mais quand je partirai, laisse-moi tomber. Très lentement. »

Les amis de Lil Buck croient qu’il fait déjà des bœufs incendiaires, là-haut au paradis, en compagnie de ses potes Buckwheat Zydeco et Clifton Chenier. So long Lil Buck Sinegal…

 

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