LA NOSTALGIE NIAGARA

Partager

 

Niagara

Voici 30 ans, en janvier 1986, je publiais dans BEST le tout premier papier consacré au groupe rennais Niagara qui sortait alors son 45 tours inaugural « Tchiki Boum », ouvrant ainsi la voie au succès de ce qui deviendra le power duo le plus populaire de l’hexagone avec celui des Rita Mitsouko. Retour vers le futur de la belle Muriel Moreno et de Daniel Chenevez.

 

Au tournant des 80’s, je venais à peine de quitter les vieux croutons de Rock & Folk pour rouler sous l’étendard BEST que Christian Lebrun, mon vénéré et regretté Rédac’ Chef me missionnait pour enquêter sur le « Rock a Rennes ». Marquis de Sade, le groupe-phare local venait tout juste de faire la fameuse couve d’Actuel en posant avec leurs mamans respectives. Tandis que « Rue de Siam », le second LP des Rennais s’apprêtait à sortir chez Pathé-Marconi. Quelques jours auparavant, j’étais déjà à Rennes pour assister aux Transmusicales que je couvrirai durant dix ans pour BEST mais aussi RFI et le « Mini-Journal » sur TF1. Parmi mes coups de cœurs successifs, il y avait déjà les Espions où Daniel Chenevez faisait ses brillantes premières armes discographiques. Alors, lorsque sa nouvelle formation Niagara- qui était alors un trio, avec le cool José Tamarin – livre son tout premier single, le festif tropical imparable « Tchiki Boum », forcément mon cœur de rennais d’adoption ne pouvait rester indifférent. Publié dans la légendaire rubrique « Le rock d’Ici », ce petit papier est sans doute le tout premier article de la presse nationale consacré au duo Daniel et Muriel, dont on connaît bien entendu la popularité qui n’a jamais faibli (remember « L’amour à la plage », « Je dois m’en aller », « Quand la ville dort », « Soleil d’hiver », « Assez », « Tandis que les champs brûlent » et tous les autres !).  En fait  après avoir retrouvé mon papier vintage, j’ai vraiment eu un flash-back et je me suis souvenu que j’étais sur le plateau de tournage du kitch clip de « Tchiki Boum » tourné dans un petit studio de Bagnolet, près de chez moi. Quelle belle image ces Niags et leurs figurants travestis à la sauce Emilio Zapata. Plus tard, je retrouverai à maintes reprises Daniel et Muriel, au gré de leurs aventures, d’ICP à Bruxelles au Zenith de Paris, en passant par le tournage du clip « Assez » à Vittel…bref, amis gonzobuzzeurs, sachez que vous n’aves pas fini d’entendre parler de Niagara au fil de mes flash-backs à venir. Désormais, si le groupe  a cessé toute activité à partir des 90’s, nul ne les a oublié. Muriel a jeté l’éponge, se transformant en DJette, tandis que Daniel continuait entamant une carrière solo. Son 3éme et dernier album « Erotisme, Cantique 25 » est sorti l’été 2014. Souvenir nostalgique d’un puissant vecteur pop.

 

Publié dans le numéro 210 du mensuel BEST sous le titre :

Niagara par Jean Yves Legras

Niagara par Jean Yves Legras

 

(TCHIKI)BOUM SUR NIAGARA

 

Pour comprendre le rock rennais, il faut savoir jouer au Monopoly. Au fil des Transmusicales, j’ai entendu ses premiers cris; j’ai assisté à ses mutations, ses chassés-croisés, ses déprimes, ses succès. Il est sans doute plus incestueux que les Borgia. Qu’importe, sans Rennes le « Rock d’Ici» serait si terne. Lancez les dés, pour piger Niagara, il faut quitter la case départ. Dépassez l’axe Pascal/Darcel, posez-vous sur la case « Sax Pustuls»/Pabœuf. Tirez ensuite une carte de Communauté: Darcel produit Daho, c’est leur anniversaire et chacun donne mille francs. Relancez les dés: rendez-vous rue de la Paix. Daho fait les chœurs de Niagara, la réalisation de Pabœu. Tirez une carte chance et retour à la case départ. Vous touchez 20.000 Francs. Mais Niagara rapportera sans doute bien plus à ses producteurs éxécutifs de « Rock Against Tarzan », alias Hérvé Bordier et Jean-Louis Brossard. Niagara est bien « another Transmusicales product ». Daniel, le clavier du groupe est d’ailleurs un habitué du Festival de la salle de la cité puisqu’il s’est fait quelques Trans successives avec trois groupes différents: Opéra Dissidence, puis les Espions – avec la Lolita Anne « mais que devient-elle ? » Caro – et l’Ombre Jaune. Musicalement. Niagara se place aux antipodes des pensées de (Philippe) Pascal mais pas si loin d’Octobre. Tropical, chaleureux, tubesque, débile et pourtant diablement attachant le maxi « Tchiki Boum » apparaît d’emblée comme un joli pompage de Kid Créole + Bandolero + Depeche Mode. L’air du temps quoi !

Le ciré jaune de Niagara

 

niagara-1Ce qui m’a VRAIMENT donné envie d’endosser le ciré jaune de Niagara c’est sa chanteuse, Muriel. Blonde, fluette, jolie, roulée certes, mais pour une fois au pays du rock’n’roll, le petit cul ne constitue par le seul atout. Muriel est dotée d’une incroyable voix. Elle vous fait Carmel ou Marilyn a capella et c’est criant d’émotions. Débarquant de Nantes, Muriel a choisi Rennes pour boucler sa maîtrise d’histoire de l’Art. « Tchiki Boum », mais pas conne. Elle écoute Billie Holliday et Ella Fitzgerald et se fait chier au cinéma lorsqu’il n’y a pas de nana dans les films, La belle se défend pourtant d’être une croqueuse d’hommes. « Il n’y a pas de Clint Eastwoods dans le quotidien ». Lucide, Muriel et pourtant elle adore passer ses journées dans un parc de Rennes à regarder les fleurs. Tchiki Boum, histoire de l’Art oblige, le parc est son sujet de maîtrise. Last but no least, faites comme moi, dites lui n’importe quoi, osez la provoc’ ou les questions débiles, Muriel ne se laissera jamais démonter. C’est une qualité rare dans nos régions. « Tchiki Boum », c’est sans doute très opportuniste, mais en plein dans la vague suave à succès à la Animal Nightlife/Fine Young Cannibals. J’en dirai deux mots à ma pote la Taupe 50. Promesses de piles de simples aux pieds des caisses de nos supermarchés? Pas Titaniç pour un sou, Niagara cumule un à un tous, les atouts: d’abord la réalisation soignée de Daniel Pabœuf sur un titre facile comme un flirt, les « Tchiki Boum » des chœurs vocalisés par Daho et la chemise à fleurs de Muriel. Funky jazz soul,party, le courant Niagara passe.BEST 210

 

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *