KENDRICK LAMAR : « Untitled Unmastered »

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C’est par mail qu’Universal nous a prévenus vendredi de la publication de « Untitled Unmastered », cet album-surprise du prodigieux Kendrick Lamar. Publié voici un peu moins d’un an, son précédent « To Pimp A Butterfly » se hissait sans peine aux cimes des deux meilleurs albums de l’année écoulée. Avec huit titres, sur une quarantaine de minutes, le fameux rapper de Compton publie donc l’équivalent d’un nouveau 33 tours, un cadeau aussi inespéré qu’il se révèle à l’écoute d’une incroyable richesse émotionnelle.

kendrick-lamar-untitled-unmastered-Au siècle dernier, un « 8 track » (cartouche en France) était une grosse K7, désormais avec ce nouvel album de 8 titres, on associera tous ce nom à Kendrick Lamar. Comment se distinguer à tout prix ? En publiant un album baptisé untitled dont chaque composition s’appelle simplement…untitled (sans titre), suivi d’un numéro (de 1 à 8) et d’une date. On suppose que chaque date correspond à l’écriture de la chanson ou plus vraisemblablement de son enregistrement. On note que sept des huit titres sont millésimés 2014, suggérant qu’il pourrait s’agir d’inédits des sessions « To Pimp A Butterfly ». Mais, connaissant désormais la créativité intersidérale de Kendrick Lamar Duckworth, la notion de « chutes » paraît toute relative. Lamar est bien trop perfectionniste pour reprendre des trucs qu’il aurait lui-même écartés du track-listing de son dernier CD. Le 24 février dernier son pote le fameux basketteur Lebron James avait tweeté @kendricklamar « qu’il devait se magner de sortir enfin ces « chansons sans titre » asap ( dès que possible). Kendrick se serait-il décidé à exaucer le vœu de son copain ?. Anyway « Untitled Unmastered », est une divine totale surprise, même si « Untitled 3 » et « Untitled 8 » avaient déjà fait leur première apparition dans les TVshows respectifs de Stephen Colbert et de Jimmy Fallon. Sur au moins trois des titres « 2 », « 7 » et « 8 », on retrouve également ce même cri de victoire « pimp pimp hooray », une variante de « hip hip hourah » et une référence directe au carton planétaire de son « To Pimp a Butterfly ».

Largement au-dessus de la mêlée hip-hop

Dés son « Untitled 1 », Lamar annonce la couleur : vindicatif « no more discriminating the poors ( halte à la discrimination des pauvres) » pulsé sur une vague de synthés délicatement jazzy. Même couleur jazz pour le « 2 » sur un flow punché aussi impétueux qu’entêtant. Mais dés le « 3 » le good groove fait son éclatant retour sur un beat joyeux mais toujours dans un contexte social « what did the indian say ? What did the black man say ? » interroge une voix feminine à laquelle Kendrick Lamar réplique du tac au tac. Même format pour le rapide « 4 » (1’50’’ seulement) et son dialogue homme- femme. Sur « 5 » le côté féminin est incarné par la voix enjôleuse de la copine de Kendrick, Anna Wise, qui figurait déjà sur « TPAB ». « 6 » est incontestablement l’un des titres le plus puissants de cet « Untitled Unmastered », avec son featuring de Cee Lo Green et sa prod impeccable du vétéran Ali Shaheed Muhammad de ATCQ. Pour une samba cool au beat tropical ensoleillé. « 7 » s’étire sur plus de 8 minutes en folie douce majeure comme un mini-opéra-rap. Plus original, dans les crédits de prod comme dans la chanson, on retrouve le jeune Egypt, 5 ans, le fils de Swizz Beatz et d’Alicia Keys, qui s’impose du haut de sa petite voix trop craquante. Enfin, en guise de bouquet final, « 8 » nous éblouit joyeusement de son rythme rétro-groovy-funky 80’s. Bref, après avoir magistralement « maquerauté son papillon » de manière la plus cinglante, le génie de Kendrick Lamar se manifeste à nouveau si largement au-dessus de la mêlée hip-hop qu’il en devient carrément vertigineux.

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