KEITH RICHARDS:  » Crosseyed Heart »

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Keith RichardsPour ce troisième album  studio solo (only ?) en 50 ans d’une éblouissante carrière, cette fois Keith Richards a mis les bouchées doubles. En effet, l’écrasante majorité des critiques salue ce « Crosseyed Heart » comme étant  sans doute le plus abouti du guitar-hero Number One du rock. Et pour le kroniquer, Gonzomusic a fait appel à Frederic Lecomte,  LE spécialiste Français unanimement reconnu par toute la galaxie Stones. Voici donc le verdict de Lecomte…

Keith RichardsEt patatras ! Le  vieux  briscard nous donne de ses nouvelles, à un rythme épisodique, son précédent opus solo « The Main Offender » datant de 1992. Avec sa gueule de babouin qui s’est envoyé tout le stock de l’armoire à pharmacie, Keith the « human riff », délaisse un temps ses Pierres précieuses pour nous livrer son « Cœur Bigleux ». « Crosseyed Heart », la chanson-titre, donc, qui ouvre les festivités, proposant le pirate des Caraïbes seul à la guitare acoustique pour du Delta blues en fingerpicking 100% pur coton avec cordes vocales patinées à la nicotine, lâchant au bout de deux couplets : « That’s all I got ! ». Dommage, pareille magie aurait mérité de durer plus longtemps, mais déjà déboule « Heartstopper », du rock brut de décoffrage. Et toujours une affaire de cœur… Pour « Amnesia », Keith Richards (ré)invente le swamp rock, idiome popularisé par John Fogerty, autre génie de la six-cordes et Tony Joe White.

 

À suivre de très très près…

 

 

Arrive la pause nonchalante avec l’émouvant « Robbed Blind », gratte acoustique en lambeaux, avec pedal steel insufflant un esprit country. Des ballades qui ponctuent les coups de semonce guitaristique, « Cross Eyed Heart » en propose de grandioses : « Nothing On Me », ballade mid-tempo prolongeant le feeling et le son de « Beast  Of Burden »; « Suspicious », dont certaines harmonies renvoient au « Learning The Game » de Buddy Holly, une chanson obsessionnelle pour Keith the spliff ; «Illusion», superbe duo avec Norah Jones ; «Just A Gift» ; « Goodnight Irene » reprise du patriarche blues Ledbelly ânonnée à la Bob Dylan ; ou encore «Lover’s Plea», soft grooverie « à la »  Otis Redding fleurant bon le velours côtelé du label Stax. Des ballades et des guitares comme s’il en pleuvait, mais aussi du reggae, « Love Overdue », reprise de Gregory Isaacs avec cuivres tropicaux ensoleillés, de la bastonnade funk rock (« Substantial Damage ») avec guitares slidant dans les étoiles, du rock encore et toujours (« Something For Nothing », « Trouble »), du blues toujours du blues (« Blues In The Morning »), et ce sentiment qu’à bientôt soixante-douze printemps (qui aurait cru ça quand on le donnait pour mort si souvent dans les 70’s…), Mister Richards a encore quelque chose à nous dire, et de remettre son titre en jeu au fil d’une tournée à venir avec ses fidèles Pochetrons de Luxe, les X-Pensive Winos. À suivre de très très près.

 

 Par Frédéric LECOMTE

frederic.lecomte20@wanadoo.fr

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1 réponse

  1. Zak Alister dit :

    Le meilleur disque de Keith. Mélodies a craquer, riffs en foison, voix qu’on connait, et rhythme et swing qui vous colle la peau. Avec les acolytes d’usage.
    Un bijou.

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