JUSTIN TIMBERLAKE REMPORTE L’EUROVISION 2016

 

eurovision-2016-logoSûr qu’avec un tel outsider, les participants au concours de l’Eurovision n’avaient aucune chance, Justin Timberlake alias mister cool, était dans la place et tous les votes de tous les jurés du monde n’y pouvaient rien : c’est bien lui qui a « volé le show », comme on dit outre-Manche. Néanmoins, le coup de théâtre politique final asséné par la victoire de Jamala, jeune Tatar de Crimée, dont la chanson « 1944 » dénonce les souffrances infligées à son peuple par la Russie, était également un pur moment de bonheur justifiant à lui seul les longues minutes passées devant la télé face à d’improbables stars locales…or not !

Justin Timberlake 1Pour une fois, la chanson représentant la France était loin d’être pourrave, à des années lumières de l’accident industriel causé l’an passé par la représentante tricolore, Martine Aubry, alias Lisa Angel. Bon n’exagérons pas, Amir n’est pas Prince et si sa chanson est plutôt bien foutue, elle n’est pas exempte de reproches. Ainsi, on a eu droit à une polémique chauvine dans le genre : ah oui, mais il y a de l’anglais dans le refrain, ce n’est plus la France et patati patata. Moi cela ne me gène pas qu’Amir utilise l’Anglais, ce qui me chiffonne c’est que lorsqu’il l’utilise, il a l’accent d’une vache limousine. Mais bon, j’ai déjà eu l’occasion par le passé de pester sur ces frenchies qui s’évertuent à vocaliser dans la langue de Shakespeare en massacrant l’Anglais (https://gonzomusic.fr/bad-bad-accentils-ou-elles-chantent-en-anglais-et-on-ny-pige-que-dalle.html) même si j’en ai déjà récolté une petite collection que je vous garde sous le coude. Alors Amir ? Pas mal. Belle scénographie sobre et interplanétaire, bonne gueule, bonne voix et plutôt bonne chanson, mais bon ce n’était pas France Gall, hélas. Parvenu à la 6 éme place, on dira qu’il n’ pas démérité. Quant au reste…en tout 26 pays qui nous laissent croire que l’Europe désormais s’étend jusqu’à l’Australie, en passant par l’Azerbaïdjan, la Lituanie ou l’Arménie. L’Eurovision c’est l’Europe en version XXL, mais ne dit-on pas que la musique adoucit les mœurs ? Les deux présentateurs suédois font assez bien le show dans une gigantesque arène, le Ericsson Globe plein à craquer de supporters qui agitent chacun leur petit drapeau selon sa nationalité. Ca a un petit coté surréaliste comme un show à la gloire de Kim Jon Un !   » Come Together » était d’ailleurs le leitmotive de la soirée. Tout un programme !

« Vive la Crimée libre ! »Jamala

 

Les deux animateurs Mans Zelmerlow et Pedra Mede font tellement bien le show,,. qu’ils nous offrent même une véritable comédie musicale, plutôt fun d’ailleurs, sur le thème : « mais que faut il pour gagner l’Eurovision ? ». Facile, ce garçon l’a justement remporté, l’an passé, avec son hit « Heroes », représentant la Suède, d’où la géolocalisation de ce raout. Bien entendu, on trouvait à boire et à manger dans cette programmation pour le moins hétéroclite. Prenez la conquérante Zoé, blonde, aux formes généreuses qui choisit de vocaliser dans la langue de Molière avec son « Loin d’ici ». Spécial. Voire carrément rétro. Mais à l’Eurovision, on s’en doute le kitch ne manque pas, comme avec l’Alien représentant la Bulgarie, par exemple. Ou l’ado benêt , Frans, sorte de grand Duduche en champion pour la Suède. Cela n’était pas gagné. D’ailleurs, il n’a pas gagné. Normal, car il est exceptionnel que la foudre tombe deux fois au même endroit ! La candidate allemande, Jamie Lee se la joue « Alice au pays des merveilleuses ». Petite bulle d’oxygène avec l’Australienne d’origine coréenne Dami in et son cinématographique « Sound of Silence ». Chypre se la joue « Retour vers le Futur…de la disco music » avec Minus One. Quant à la Russie… avec un show mégalo mix de métal, de gothique et d’un je ne sais quoi de Docteur Jivago, je ne suis pas forcément convaincu par le concept. Idem pour le copain Georgien de Marilyn Manson. On a déjà oublié la chanson de la jolie petite chanteuse italienne Francesca Michielin, mais on se dit qu’elle avait un joli sourire. Les Anglais ont parié sur un duo façon Boys band…et perdu sur une overdose de sucre à faire succomber un diabétique. Et puis il y a notre copine ukrainienne, Jamala qui chante, certes un peu pompeusement, avec « 1944 » le drame de son peuple, les Tatars de Crimée, déportés en Sibérie par oncle Staline. Une chanson qui prend un écho particulier lorsqu’on sait que lesdits Tatars ont dû attendre la perestroïka de Gorbatchev, au début des 90’s pour enfin retrouver leur foyer ensoleillé. Mais sur les bords de la mer Noire, le soleil ne brille pas toujours pour tous, hélas. Voici deux ans, oncle Poutine annexait purement et simplement la Crimée, en dépit du droit international, faisant à nouveau des Tatars des citoyens de seconde zone dans leur propre pays, un comble. Premier camouflet infligé à la grande Fédération de Russie. Et comme pour l’effet kiss cool, second camouflet, en live et direct devant plus de 200 millions de téléspectateurs, la victoire sur la corde et l’échec in extremis de la Russie. Oncle Poutine va encore crier au complot. Forcément. Comme disait De Gaulle : « Vive la Crimée libre ! ».

Un sens du groove exceptionnel pour un petit cul blanc

 

Justin TimberlakeMais le clou du show, la star de la star qui éclipse tout le monde, était incontestablement Justin Timberlake. Certes, on se sent tous un peu orphelins de Prince et/ou de Michael Jackson, et c’est peut-être ce qui explique cette soudaine Timberlakemania, mais il faut avouer que le bonhomme est sacrément époustouflant. Déjà, en concert au POPB à Paris, si classieux avec son super-show sur sa scène centrale et ses projections holographiques, Justin m’avait bien bluffé de toute la puissance de son funk blanc. Même au ciné, dans un film comme « Black Snake Moan » – dont j’ai d’ailleurs signé les sous-titres-, Justin occupe tout le cadre de l’écran. Sa présence est comment dire…magnétique. Comme ce soir, où il va enchainer son « Rock Your Body » à un titre inédit, « Can’t Stop the Feeling » avec une chorégraphie, une prestance et un sens du groove exceptionnel pour un petit cul blanc. Ces images si funky nous renvoient à d’autres toutes aussi funky et légendaires : celle de la performance de Michael Jackson au show anniversaire de la Motown, lorsqu’il éblouit la galaxie de son « Billy Jean » avec son fameux « moonwalk ». Section de cuivres dorés, bataillon de choristes et groupe qui réagit comme un moteur de Ferrari, ce soir Justin Timberlake percute la légende du rock et s’offre même un clin d’œil à « Thriller ». Carrément. J’ignore encore à cette heure si son fracassant « Can’t Stop the Feeling » percutera les records de Prince ou de Michael Jackson, mais il faudra de toute façon compter avec son hégémonie dans le peloton de tête des tubes de l’été. Mais surtout, ce qui est rassurant c’est qu’on se dit que, coté scène, une certaine relève est assurée in the land of good groove, comme le chantait Nile Rodgers. Sera-t-il à la hauteur de sa tache ? Justin n’a que 35 ans à ce jour et donc tout le temps de nous sidérer.

 

 

 

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