EMERSON, LAKE & PALMER : Le retour des 3 premiers LP d’ELP

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ELPComme si on avait pu oublier leur rôle pivot dans l’émergence des groupes planants à l’aube des 70’s, Emerson, Lake & Palmer reviennent. Ou plutôt ce sont leurs trois premiers LPs qui ressurgissent, remasterisés et bardés de bonus, outakes et autres gâteries auditives pour que les UFOs se mêlent un peu plus aux étoiles filantes du ciel de notre été. Welcome back donc l’éponyme « Emerson, Lake & Palmer », «Tarkus » ainsi que le bien nommé « Pictures At an Exhibition » et nostalgique retour en arrière de plus de 45 ans.

ELP-ELP-1En ce temps-là, comme dans le crétacé, régnaient ces grands dinosaures que l’on avait surnommés les super-groupes. Ainsi, les musiciens les plus prestigieux unissaient leurs efforts pour se réinventer dans une sorte de surenchère rock. L’année précédente, par exemple, on avait vu l’ex- chanteur des Hollies, Graham Nash s’associer avec le chanteur-guitariste du Buffalo Springfield, Stephen Stills et avec celui des Byrds, David Crosby pour inventer Crosby, Stills & Nash…en attendant l’autre Springfield, le « Loner », Neil Young. Mais le premier supergroup a avoir ouvert la voie de tus les supergroups, restait incontestablement Cream, fondé par Eric « God » Clapton, Jack Bruce et Ginger Baker. Si ELP ne nait qu’officiellement qu’au début 70, il y avait en fait déjà anguille sous rock, puisque deux groupes british, the Nice et King Krimson partageaient la même affiche au fameux Fillmore West de San Francisco. Or Keith Emerson était le clavier du premier tandis que Greg Lake assurait le chant et la basse de King Krimson. Ces deux-là s’étaient rencontrés backstages, et comme ils s’appréciaient manifestement, ils avaient poussé e jeu jusqu’à jammer durant les balances d’avant- concert. Déterminés à tourner la page de leurs formations respectives, Emerson et Lake décident de fonder un nouveau groupe. Mais il manquait encore un batteur à ce power-trio. La rumeur a d’abord donné partant Mitch Mitchell, suite à la désintégration du Jimi Hendrix Expérience. Mais ce choix est vite abandonné. C’est alors que Robert Stigwood, le manager de Clapton, suggère le batteur d’Atomic Rooster, un certain Carl palmer. Lorsque les trois musiciens se retrouvent en studio, la fusion paraît parfaite.

Au firmament du rock progressifPicturesAtAnExhibition

En huit mois, l’album « Emerson, Lake & Palmer » est enregistré à Londres aux studios Advision et publié, porté par l’irrésistible balade « Lucky Man » composée par Lake mais boostée par le discret Moog synthetiser de Keith Emerson. Dés l’ouverture « The Barbarians » joue et gagne au pari de la sombre grandiloquence, en puisant à la source de Bela Bartok, pour la téléporter dans un rock hanté par le jazz, la musique classique et le LSD, un cocktail détonant que l’on retrouvera fréquemment chez ELP. De même « Knife-Edge » s’inspire-t-il d’une symphonie de Janacek…et de citations de Jean Sébastien Bach, le tout dans le plus pur concept d’une pop music dominante. Hantée par sa vertigineuse mélancolie entre ses gammes de piano, « Take a Pebble ». Mais c’est avec l’extensive « The Three Fates », qui occupe tout l’espace d’une face entière du LP, que ELP inaugure ses « suites rock symphoniques » qui seront la signature du trio British. On retrouvera la même construction sur « Tarkus » et de manière encore plus appuyée sur la « revisitation » libre d’une suite de Mussorgsky rebaptisée « Pictures At An Exhibition » intégralement capturé en live au Newcastle City Hall. Mégalos les ELP le sont incontestablement. Certes, leur rock planant est du modèle « plus lourd que l’air », mais en moins de deux ans, le trio londonien enregistre ces trois 33 tours cruciaux, qui les placent au firmament du rock progressif, à peu près entre Pink Floyd et Yes, formations que le mouvement punk n’aura de cesse de honnir, incarnant tout ce qu’ils peuvent détester, des longs solos, aux titres de plus de six minutes qui ne collent plus à l’urgence du climat des années 77 et autres. Pourtant, près de cinquante ans plus tard, l’utopie, la mégalomanie et la folie d’Emerson, Lake & Palmer ont cet air d’innocence et de liberté sacrément oxygène qui font bien tourner la tête. Et si tout cela a également un arrière-goût de tristesse en songeant au suicide par arme à feu de Keith Emerson le 11 mars dernier, ELP prouve si l’on pouvait en douter que le trio symphonique a toute sa place dans la légende du rock.Emerson,_Lake_&_Palmer_-_Tarkus_(1971)_front_cover

Boostés de nombreux inédits, outakes, live et autres délicatesses soniques, les trois premiers ELP « Emerson, Lake & Palmer », «Tarkus » et « Pictures At an Exhibition » ressortent en version luxe double CD.

 

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