BOB SEGER « I Knew You When »

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 Bob Seger

C’est son 18éme album studio et pourtant Bob Seger a choisi pour l’illustrer une photo de lui-même datant du tournant des 70’s. Normal, le héros du rock de Detroit a placé ce disque sous le signe de la nostalgie en rendant également hommage à ses héros disparus comme Leonard Cohen, Lou Reed et surtout son pote Glenn Frey des Eagles qui nous a quittés en janvier 2016. Son blues rugueux d’écorché vif ne laissera aucun aficionado du Silver Bullet Band indifférent, trois ans après la publication de son précédent « Ride Out ».

 

"I Kwew You When "« You were here/ Now you’re gone (…) You were young/ You were bold/ and you loved your rockin’ soul/ You were strong/ You were sharp/ But you had the deepest heart/ You showed the whole world what we kne/ There was no one quite like you » («Tu étais là / Désormais tu es parti (…) Tu étais jeune / Tu étais audacieux / et tu aimais ton âme rock / Tu étais fort / Tu étais futé / Mais tu avais le cœur le plus grand / Tu as montré au monde entier ce que nous savions / Il n’y avait personne comme toi ». C’est une petite balade toute simple et dépouillée, mais « Glenn Song » écrite en hommage à son ami l’aigle disparu bien trop tôt fait couler les larmes des yeux. Mort à seulement 67, le légendaire chanteur-guitariste des Eagles était son ami et il lui manque encore plus qu’à nous (voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/glenn-frey-un-eagle-sest-envolehelas.html ) et cette chanson bouleversante constitue sans doute son plus beau tribute. Deux autres fameux fantômes du rock hantent également  ce « I Knew You When ». D’abord on y trouve cette reprise rageuse du « Busload of Faith » créée par Lou Reed sur son album « New York » de 1989, un brulot alors balancé contre George Bush, mais qui sied parfaitement à son successeur le lunatique milliardaire au doigt sur le bouton nucléaire tel le cow-boy sur la gâchette de son Colt. L’autre reprise musclée, « Democracy », pour honorer un autre héros disparu, n’est pas non plus innocente, puisque la chanson de Leonard Cohen est également très chargée politiquement. Manifestement Bob Seger n’est pas ravi ravi de vivre sous l’ère Trump et nul ne pourrait bien l’en blâmer.

« Quand nos héros semblaient immortels, l’étaient-ils vraiment ? »bob-seger-

 

Sombre et énergique « Gracile » qui ouvre l’album en blues-rock moite et puissant prouve que le chanteur-guitariste de 72 printemps n’a rien perdu de la force qui l’anime depuis la fin des sixties. Speed et musclé « The Highway » me rappelle un peu son quasi homonyme des Doobie Brothers intitulé « Rockin’ Down the Highway ». Quant à la mélancolique chanson-titre, « I Knew You When », comment ne pas songer en l’écoutant à nouveau à l’ami Glenn Frey ? « Tu m’as aidé dans les heures les plus sombres/ tu as toujours été mon pote/ tu m’as donné l’espoir qui m’a fait avancer (…)Quand nos héros semblaient immortels, l’étaient-ils vraiment ?/C’est une question pour un homme plus mûr/ Que je ne me poserai plus/ Je dirai seulement que je suis reconnaissant/ Pour le temps quand je te connaissais… ». Musicalement, elle est très Bob Seger classique à l’instar de ses fameux « Beautiful Loser » ou de « We’ve Got Tonight ». Peut-être la composition la plus rock de ce joli projet, « The Sea Inside » dispense toute son énergie tout comme sa collègue « Runaway Train », laquelle comme son nom l’indique file à train d’enfer. Tout au long de cet album, le blues-rock de Bob Seger prouve que la mélancolie n’est pas forcément dénuée de puissance. « I Knew You When » le prouve de manière cinglante.

 

 

 

 

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