BARTON HARTSHORN « I Died of Boredom and Came Back As Me »

 

Barton 

Il fallait oser…je suis mort d’ennui et je me suis réincarné en moi »…et pourtant cette définition colle absolument au storytelling de ce mystérieux Barton Hartshorn, en fait le nom d’une bourgade au nord-ouest de Londres, comme si un gars de chez nous choisissait, en guise d’alias, Bar-le-Duc ou Charleville-Mézières. « I Died of Boredom and Came Back As Me » est un peu l’histoire de la Résurrection de Duncan Roberts, anglais, mais paradoxalement chanteur d‘un groupe de rock français, devenu vagabond désabusé avant de retrouver au bout du monde la Rédemption de la musique avec ce flamboyant premier album ( sous ce pseudo ) qui nous entraine des Pale Fountains à l’Elton John de ses débuts en passant par Eagles, Poco, Loggins and Messina et Steely Dan.

 

Barton-HartshornPour atteindre Barton Hartshorn au nord-ouest de Londres, il faut rouler en direction de Milton Keynes, dans le comté de Buckingham pour atteindre ce petit village de 88 âmes. Du coup, on comprend que Duncan Roberts ait cherché absolument à s’échapper jusqu’en France où il devient chanteur d’un groupe frenchie,et sans doute très chic, baptisé Dictafone. Mais, après quelques années de pop camembert, Duncan se fait la malle, baroudant jusqu’en Australie…où la fièvre musicale le reprend, avec une rare violence, comme le prouvent les 10 titres de lumineux qui se cachent sous ce titre mi-fun mi-morbide de : « I Died Of Boredom and Came Back As Me ». Et tout commence par « Everything Is Better Than Before », léger aérien, comme un titre des Pale Fountains ou de Martin Stephenson and the Daintees. L’harmonica y est champêtre, le voix chaude et croonée, on songe également à Jack Johnson en pur optimisme estival. Cool, nonchalante, presque blues, avec « From Wishing », Barton/Duncan emprunte une voix à la Loyd Cole, en parvenant à être presque aussi relax que Michael Franks. Joli doublé et superbe composition. Jazzy cool aérienne, un peu Stephen Stills, période Manassas, voire Loggins and Messina, « One Time Donny » dégage un super feeling ensoleillé. Bien plus nostalgique, « Something This Bright Should Explode » aux accents de Matt Johnson/The The en version acoustique démontre surtout les qualités de super vocaliste dont il fait preuve. Décidément l’ami Barton/Duncan ne manque guère d’influences puisque son « Budapest Hotel », avec sa cool guitare, ses percus et surtout son piano, évoque l’Elton John des débuts avec l’emblématique « Empty Sky », et du coup c’est un des incontestables atouts du CD. Vous allez dire que je ne peux m’empêcher de tracer des parallèles, mais son « Do It Yourself » où les cuivres de Chicago (Transit Authority) rencontrent le « Do It Again » de Steely Dan, en passant par Stephen Bishop et Andrew Gold, sonne résolument West Coast.  Vous l’aurez compris, on nage donc en plein kripto-Cali et le solo de trompette final brille comme un coucher du soleil sur le Pacifique, constituant un autre moment de bravoure de ce CD. Délicate mélodie qui fait jaillir les palmiers dans les têtes, « Wreckinghouse » est une samba au rythme chaloupé par les percus, où la voix de crooner charmeur enjôleur de Barton/Duncan fait à nouveau planer l‘ombre des Daintees again. Enfin, l’album s’achève avec « Seven Sisters », le titre le plus ambitieux du projet. Déjà par sa longueur 6’ 01’’, mais également par sa gravité et son coté balade country sad à la « Desperado » des Eagles, rien n’y manque, pas même la plainte du violon et la steel guitar, ni même le solo à la « Ricki Don’t Loose That Number » de Steely Dan…bref, il semble que désormais le plus court chemin pour rejoindre la Californie passe par le village de Barton Hartshorn….près de Milton Keynes…aussi incroyable que cela paraisse !

 

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