ZAPP « VII »

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ZAPP_ 

Sa « talk-box » est décidément toujours aussi bavarde et irrésistiblement cool, car, même s’il nous a quittés depuis déjà près de vingt ans, rendu immortel par la passion de ses frangins, Roger Troutman n’a de cesse de nous hanter de son groove imparable. Et ce 7éme album de son Zapp n’échappe pas à la règle, nous prodiguant toute la précieuse énergie de sa blackitude dorée.

 

Zapp VIIDouze nouveaux titres, dont deux avec le fantôme de Roger Troutman, on peut dire que ce Zapp number seven a tous les atouts pour combler les aficionados éclairés de ce beat d’exception. Car, si de bien entendu, Zapp, la formation des frangins Troutman , menée de main de fer par feu Roger, n’a certes pas inventé le …zapping…ni même la zappette…( humour !) sa contribution à l’édifice funk se révèle cruciale. Avec ses pairs George Clinton et Bootsy Collins, au crépuscule des 70’s, celui qui deviendra le leader de Zapp, sa propre formation, rebat les cartes d’une funkitude aussi imparable qu’éclairée. D’abord au sein du collectif Funkadelic Parliament, puis, volant des ses propres ailes avec le groupe qu’il fonde avec ses frères, Roger Troutman impose son propre style, porté par cette « talk-box » qui devient sa marque de fabrique. Zapp va ainsi influencer de nombreux musiciens et, au premier chef, une certain Prince Rogers Nelson, qui n’a jamais caché qu’il s’était certes abreuvé aux performances de Little Richard, mais qui a toujours rendu à César Troutman ce qui lui appartenait : une contribution cruciale qui a marqué à jamais notre Kid de Minneapolis. De même, en 95, le regretté 2Pac, épaulé par Dr Dre font appel au légendaire Roger Troutman et à sa talk-box pour pimenter leur hit colossal « California Love ». Hélas, la tragédie s’est invitée dans la famille Troutman. Ce funeste 25 avril 1999, au cours d’une tentative de suicide qui tourne mal, Larry, le frère ainé et percussionniste de Zapp tire sur Roger qui sortait d’un studio d’enregistrement de Dayton dans l’Ohio…avant de retourner sa propre arme contre lui. Heureusement, Lester, le batteur et Terry, le claviers et bassiste, décident de relever le flambeau Troutman, publiant un nouveau et sixième album de Zapp dés 2001. 17 ans plus tard, musclé par deux titres où la voix de Roger semble s’être échappée d’outre-tombe pour nous porter la bonne parole du groove, ce Zapp number seven prouve que l’ami Troutman est décidément immortel. Musclé par la présence d’une solide bande de guests, parmi lesquels se distinguent Snoop Dogg Kurupt, et le fidèle Bootsy Collins, cet album aux solides compositions ne saurait laisser indifférent tout amateur éclairé. Sans compter, bien entendu, l’émotion exacerbée de retrouver la voix de Roger près de vingt ans après qu’il nous ait aussi tragiquement été arraché. Bref, vous l’aurez compris, pas question de zapper ce Zapp-là…keep on groovin’ dudes !

 

ZAPP en concert  le 4 novembre à Paris, au Trabendo et le 9 novembre à Strasbourg (espace Django).

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