CERTAIN GENERAL « Cabin Fever »

Certain GeneralVoici 30 ans dans BEST, GBD s’enthousiasmait pour le rock polychrome des Certain General. Emporté par l’élégant Parker DuLany, dans la foulée de leur prestigieux ancêtre le Velvet Underground, le quatuor de New York City avait su subjuguer le public français. Ce n’est donc pas un hasard si cet excellent cinquième album était publié sur le label hexagonal Barclay. Flashback…

Cabin FeverComme leurs collègues les Sonic Youth, ou leurs ardents prédécesseurs Television, Certain General émerge sur cette piste des géants du post-punk new-yorkais propulsés par les scénes rock du Danceteria ou du légendaire CBGB’s. Très vite, le public hexagonal découvre ce rock souterrain et ne tarde pas à s’en enticher. La preuve, dés leur second LP « Far Away In America », les Certain General décrochent une distribution française sur le label indé L’invitation au suicide. Cependant, cette année 1988 le groupe passe à la vitesse supérieure en signant avec la major Barclay. Et, par conséquent Certain General va s’imposer dans la presse rock ralliant Libé, BEST et Rock & Shnock à sa cause. Ils se distinguent aux Transmusicales de Rennes. Porté par le puissant single « Lose Myself » le groupe va tourner intensivement chez nous. Hélas, après le score décevant de l’album suivant, « Jacklighter », Certain General va hiberner durant près de dix ans. Le groupe se reforme néanmoins au tournant des années 2000 mais sans, hélas, parvenir à renouer avec la veine légendaire de ce « Cabin Fever »

 Publié dans le numéro 245 de BEST

Cabin FeverComme une bagnole customisée à partir de pièces éparses de Mustang, de Studebaker et de Cadillac, le rock de Certain General est un patchwork soudé d’influences de légende. Guitares rageuses et lancinantes, guitares effilées comme le fil du rasoir, le groupe de New York laisse un goût de cendres et de sang dans la bouche. Et l’on ne peut s’empêcher de songer aux Doors, au Velvet, aux Stones, au Floyd de Barret et à quelques newcomers éblouissants tels que Stan Ridgway ou Chris lsaak. Certain General trace une country glauque, un rock urbain dopé au bitume et aux fumées d’échappements, taillé sur mesure pour nous autres les cow-boys électriques. Plus fort que la pomme de la méchante sorcière de Blanche-Neige, ce cinquième et véhément LP fera sans conteste claquer les dents des petits enfants. Avec sa voix caverneuse, le chanteur Parker DuLany impose son autoportrait dans la galerie des héros noirs du rock. Comme la complainte du Reed sur « Heroin », le timbre de Parker dépasse le spleen premier degré de la déprime pour flirter avec nos mythologies, démontrant ainsi que les ténèbres savent aussi aveugler. Producteur et guitariste, Sprague Hollander est le Keith Richards du General. Sur ses épaules pèse la responsabilité d’un son paradoxalement à la fois crade et limpide. Incroyablement addictif. Certain General fera plus fort que la légion : engagez-vous… rengagez-vous !

 

Publié dans le numéro 245 de BEST daté de décembre 1988BEST 245

 

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