HUGO BARRIOL : « EP »

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 Hugo Barriol

À des années lumières de tous ces frenchies qui massacrent l’anglais à la sulfateuse avec leur accent digne de Maurice Chevalier entonnant « Thanks Heaven For Little Girls »  ( voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/bad-bad-accentils-ou-elles-chantent-en-anglais-et-on-ny-pige-que-dalle.html ) Hugo Barriol ne se contente pas de maitriser parfaitement la langue de Shakespeare, il sait également composer d’irrésistibles et émotionnelles balades qui ne peuvent laisser quiconque indifférent. La preuve par Alain Chamfort qui lui a offert d’ouvrir tous les concerts de sa tournée, comme lors de ce show mémorable donné le 29 avril dernier à la salle Pleyel (voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/chamfortissimo-a-pleyel.html). Sobrement baptisée « EP », avec cette toute première galette, le jeune Hugo Barriol prouve qu’il est loin, très loin d’être un…mariolle !

 

Hugo BarriolIl n’y a pas que le Velvet qui sait être underground, car c’est bien sous la ville qu’Hugo Barriol a pris son envol artistique, d’abord dans le métro de Sydney durant un voyage en Australie, puis, dés son retour, ilcontinue dans notre métro parisien où il joue près de quatre heures par jour…jusqu’au moment où une directrice artistique finit par le remarquer pour le signer. Quelques mois plus tard, ce six titres aussi troublant que lumineux vient consacrer l’émergence de ce parfait baladin des années 2000. Ainsi, la paisible « On the Road » ouvre cet EP sur un mode acoustique romantique pour une cool balade débordant de passion, à la « Say It Ain’t So » de Murray Head. On salue à nouveau l’excellence de son accent (pas comme Marina Kaye ou le belge Loic Nottet) dans ce joli hit puissant et aérien, mélancolique et angélique. Enfin une envolée irresistible monte peu à peu, puissante et lyrique. Je me souviens de son interprétation magique sur la scène de Pleyel en première partie d’Alain Chamfort. Puis, c’est au tour de « Time », qui évoque pèle mêle Cat Stevens, Donovan ou Bon Iver, dans univers élégant de cordes enveloppantes, de pedal-steel guitare à la Knopfler et de trompette à la Pale Fountains, pour un feeling résolument magique.

Premier essai aussi réussi qu’abouti

Hugo Barriol

Country à la fois cool, puissante et troublante, « Hurt » est sans doute la seconde meilleure chanson du EP. Elle est aussi entrainante, et se situe aux confins d’un séducteur pop comme James Blunt. Elle est vaste comme les grands espaces du continent nord-américain, « Alive » est une superbe composition mélancolique où l’on retrouve en filigranes du Jackson Brown, du James Taylor, du Counting Crows sur un mode épuré,  où ne subsiste rien de superflu. Naturelle comme une respiration humaine, « Alive » évanescente et pure a tout ce qu’il faut pour devenir un classique. Après « The Wall » un slow aérien troublant comme une complainte qui évoque…un peu Radiohead, ce bel EP s’achève avec « Black and White » où la voix et la guitare d’Hugo se rêvent en Cat Stevens, pour nous captiver d’une émotion à fleur de peau. Entrainante et portée par une trompette nostalgique, sa voix haute déchirante évoque aussi celle d’Asaf Avidan jusqu’au final dans le déchainement des violons qui pulsent leur émotion. Avec ce premier essai aussi réussi qu’abouti, Hugo Barriol prouve que désormais il va s’inscrire durablement dans notre paysage musical…EP c’est tout 😉

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