XALAM « Xarit »

 

prosper-batterieVoici 30 ans dans BEST, GBD la larme à l’œil chroniquait ce lumineux « Xarit », premier album des prodigieux Xalam depuis ce funeste 29 avril 1988 qui a vu leur leader-batteur, Prosper Niang, s’envoler de son Dakar pour rejoindre à jamais les anges. Nous sommes en octobre 88 et son feeling éternel irradie les plages dorées de « Xarit ». Flashback…

XalamPas facile d’écrire sur des amis disparus. Prosper Niang en fait, hélas, très largement partie. Rencontré à la faveur d’un premier papier pour BEST, j’avais immédiatement été subjugué par l’intense lueur qui brillait dans les yeux de Prosper. ( Voir dans Gonzomusic https://gonzomusic.fr/xalam-apartheid.html  ). Groupe majeur de l’explosion de cette sono mondiale si chère à Bizot et Constantin, aux côtés des Touré Kunda, Mory Kanté, Salif Keita ou King Sunny Adé, le Xalam était pourtant définitivement à part porté par sa vision africaine de la soul-music. 30 ans plus tard, ces chansons défient toujours l’empreinte du temps, c’est tout l’héritage de Prosper.

Publié dans le numéro 243 de BEST

 

Prosper NiangLes cuivres si chauds qu’ils deviennent incandescents. Les chœurs font couler l’émotion, elle est impétueuse comme un grand fleuve d‘Afrique. Et la barque Xalam navigue dans ces courants de fusion où le jazz surexpérimenté se fond dans la soul afro-pimentée. Troisième LP hexagonal, ce « Xarit » doit être aussi l’album du souvenir. Abdoulaye Prosper Niang, le batteur/porte-parole du groupe s’est fait dévorer par le fauve de l’intérieur. Des semaines de combat à Paris et le retour au Sénégal pour retrouver sa famille, Prosper s’est éteint. Et le Xalam ne sera plus jamais tout à fait le même sans ce cœur fantastique qui battait si bien la chamade des faubourgs de Dakar aux pieds de la Tour Eiffel. Soudé depuis près de vingt ans, le Xalam a su assimiler toutes les couleurs de la musique. Des racines folk africaines à Kool and the Gang en passant par Woodstock, Weather Report, Motown et le Rock and Roll Hall of Fame, le groupe a expérimenté son feeling en milliers d’heures de répètes. Enregistré l’automne dernier à Davout, « Xarit » est le fruit de cette évolution. Seul reproche pourtant, le côté parfois trop technique des arrangements crée quelques dérapages jazz-rockeux. Mais le son reste flamboyant sur la lancée de titres tels que « Nitou Tey », « Ndiguël » et « Lemme ». La route est longue jusqu’aux étoiles, mais sur les plages du Xalam, le soleil ne se couchera jamais tout à fait.

 

Publié dans le numéro 243 de BEST daté d’octobre 1988BEST 243

 

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