THE JACKSONS “Live”

The JacksonsVoici 40 ans les Jacksons publiaient ce double LP live, comme un trait d’union entre leur gloire passée et le futur de la funkitude agitée. Lorsque les Jackson 5 quittent Motown au milieu des 70’s, les frangins abandonnent également leur emblématique patronyme. Passés chez Epic/CBS les Jackson 5 deviennent the Jacksons et ce puissant live de 81 enfin réédité fait ainsi office de « Best of… » sur lequel a très massivement succombé nôtre JC Mary.

The JacksonsEn se métamorphosant, passant des Jackson 5 aux Jacksons, le groupe des frangins de Gary dans l’Indiana n’a pas uniquement perdu son emblématique chiffre 5, un des brothers est demeuré chez Motown. Normal, Jermaine Jackson, le bassiste du groupe, avait non seulement entamé sa propre carrière solo, mais aussi et surtout épousé Hazel Gordy, la fille de Berry Gordy le big boss de la Motown. Pas question à l’époque de se brouiller avec bon papa, par conséquent, et même s’ils avaient perdu leur 5, demeuré chez Motown pour des raisons contractuelles, hors de question pour les Jacksons de jouer … à 4. Et comme un Jackson peut aisément en cacher un autre, Randy Jackson, le cadet de la fratrie a donc pris la relève et 4+1 = 5… le compte est bon. Bon, il ne faudra que deux petites années à Jermaine pour quitter le label de Berry Gordy et rejoindre ses frangins chez Epic. Entre temps, la tornade « Thriller » sera passée propulsant Michael au firmament de la pop culture… mais c’est une autre histoire du rock. Quant à ce double LP « Live », il m’est particulièrement familier, puisque je l’avais chroniqué à l’époque de sa sortie pour Rock & Schnock. L’anecdote qui tue, c’est que le rédacteur en chef du mag rock me l’avait tendu le tenant par le coin avec mépris pour me signifier « tu ne veux pas nous débarrasser de ces blacks-là. », une anecdote que je raconte déjà pour mieux souligner toute la différence qui existait alors entre BEST et le côté obscur de la Force qu’incarnait alors R&F  (Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/best-vs-rock-folk-ou-la-rue-dantin-vs-la-rue-chaptal.html  ).

 

Par Jean-Christophe MARYThe Jacksons

 

 

“ABC”, “Shake Your Body”, “Can You Feel It,” “Don’t Stop Till You Get Enough” “I’ll Be There”… réentendre 50 ans après les vieux tubes de cette mythique formation pop soul funk se révèle tel un véritable bain de jouvence.

Dans les 70’s, les Jacksons 5 sont d’immenses stars en Amérique, aussi populaires que les Beatles. Enchainant les numéros 1 dans les hit-parades de l’époque, ces cinq frères dans le vent portent une image rassurante, dynamique et positive de l’Amérique noire. Après avoir quitté la Motown en 1976 pour rejoindre Epic Records, The Jackson 5 deviennent The Jacksons (le 5 ayant été retiré pour des raisons contractuelles). Ce « Live » rappelle à quel point les frères Jackson étaient géniaux et rend compte du travail accompli par ces gamins en l’espace de deux décennies. À cette époque, si Michael Jackson tourne toujours avec le groupe familial, il a déjà entamé une carrière solo marquée par un single « Don’t Stop ‘Til You Get Enough » (1979) et surtout un album « Off The Wall » (1980).

The JacksonsEnregistré à Memphis, New York et Atlanta durant le Triumph Tour de 1981-une tournée de 44 dates entre les États-Unis et le Canada- cet enregistrement public est un condensé des deux périodes, Motown et Epic. L’album s’ouvre sur une interprétation électrique et puissante de « Can You Feel It » qui donne d’emblée le ton à l’album. Si on trouve plusieurs balades émouvantes, sans surprise, le funk hardcore domine le disque. Du premier au dernier titre, le disque ne souffre d’aucune faiblesse poussant même la fièvre à son plus haut niveau sur des versions en vitesse accélérée « Things I Do for You », boostées de belles structures disco avec « Off The Wall ». Michael Jackson livre lui des versions très émouvantes de « Ben » et « She’s Out of My Life » « deux titres slow-cools très efficaces. Puis l’auditeur est renvoyé sur le dance-floor aux sonorités percutantes de la soul funk avec « Lovely One », « This Place Hotel » et « Rock With You » trois versions vivifiantes qui donnent furieusement envie de se déhancher. Si la production manque parfois de punch avec ces guitares un brin faiblardes, voici un bel aperçu de la carrière du gang Jackson alors à son apogée et Michael à la veille de « Thriller ». Un témoignage du show incroyable que The Jacksons devaient livrer à cette époque. Manque juste les images. Fortement recommandé.  

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