THE BOOMTOWN RATS “Mondo Bongo”

the Boomtown RatsVoici 40 ans dans BEST, GBD se laissait captiver par le 4ème et baroque LP des Boomtown Rats.  Avec ce “Mondo Bongo”, réalisé par le brillant Tony Visconti, la formation de l’Irlandais Bob Geldof entrait de plain-pied dans cette génération New Wave qui n’allait pas tarder à secouer cette décennie des 80’s juste après le coup de speed nécessaire de l’éphémère punkitude. Flashback…

The Boomtown RatsEn ce temps-là, Bob Geldof était un chanteur de rock, pas un lobbyiste du charity business planétaire. Constitué à Dublin dès le milieu des 70’s, avec ses Boomtown Rats, il lui faudra attendre 77 pour voir enfin paraitre leur tout premier LP éponyme. Et ce n’est qu’au troisième essai, le bien nommé « The Fine Art of Surfacing », que nos Rats sortent enfin de leur trou avec un hit colossal, le sarcastique « I Don’t Like Mondays ». Deux ans plus tard parait ce “Mondo Bongo” et Geldof doit relever le défi après un tel succès. Hélas, « Banana Republic », le cool reggae de ce 33 tours éclectique n’est pas à la hauteur. Quant aux textes insurgés et funs, ils ont du mal à passer, surtout après le « London Calling », puis le « Sandinista » du Clash. D’ailleurs après deux 33 tours de plus, Bob Geldof jette l’éponge et après la parenthèse « The Wall », où il incarne le personnage de la rock-star déjantée Pink ( Voir mon interview sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/alan-parker-et-la-face-cache-de-the-wall.html ), Geldof se consacre à l’organisation de Band Aid et de Live Aid avant d’être anobli par la Queen en 1986. Depuis les années 2000 Sir Bob a fait son trou dans le business international. Cependant, en 2013 il reforme son groupe qui publie même un nouvel album millésimé 2020 intitulé « Citizens of Boomtown »… décidément les Rats ont la peau dure !

Publié dans le numéro 152 de BESTThe Boomtown Rats

Jaime bien recevoir des cartes postales du bout du monde. Quelques mots griffonnés à la terrasse d’un café, avec au dos une photo qui fait rêver. « Mondo Bongo » est une splendide collection de missives diverses et illustrées. Okay, les Rats se sont baladés en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Suivez le guide S.V.P…. Il s’appelle Tony Visconti. Il était déjà Gentil Organisateur de Bowie et du cousin Bolan cette fois il se fait dresseur de rats ! Tout commence par un dub-samba quasi tropical. Un rythme fou et entrainant et des voix qui se multiplient ont l’infini: c’est la fête avec « Mood Mambo ». Après l’échelle macrocosme, voici le microcosme d’une chambre, de ses murs blancs et nus ou l’on projette un surprenant spectre sonore… «ça n’est que ma chambre », dit la voix qui s’envole. À ce moment précis du voyage, on réalise vraiment que nos Boomtown Rats ont réussi leur coup. La main en plein dans leur engrenage et leur « Mondo Bongo » ne tarde guère à nous happer. Pourtant, le résultat sonne un rien bizarre : les Rats semblent être tiraillés entre Clash et 10cc. « Another Piece of Red » sont quelques larmes ironiques sur le démantèlement du « British Empire », elles laissent en plus un arrière gout de «I Don’t Like Mondays ». Et qui pourrait s’en plaindre ! Accrochez-vous au clavier volant du piano; à votre droite le cimetière des éléphants, à gauche une « démocratie » d’Amérique centrale. Dans le style, « Banana Republic » est une belle pièce, l’exemple d’un bon reggae peint à la chaux vive et qui sait tirer la langue. Visconti de ci, Visconti de là, le fantôme du Tyrannosaurus Rex pointe son nez au milieu des bruitages les plus divers: machine à écrire, craquement d’une allumette ou coup de fil à Scotland Yard. En fait, tout au long du LP le groupe joue sur les demi-tons; il y a les mélodies un peu sirupeuses comme « Fall Down », les rocks plus incisifs avec « Go Man Go» et surtout les pointes d’humour avec une version loufoque de « Under My Thumb », qui devient pour la circonstance un speedé « Under THEIR thumb ». Énergique, mais pas violent « Mondo Bongo» place les Rats sur la galère « muzak » en compagnie de M et des Specials. Fluctuat… nec mergitur, les mecs !

Publié dans le numéro 152 de BEST daté de mars 1981BEST 152

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