ALAN PARKER ET LA FACE CACHE DE THE WALL

The WallIl s’est éteint dans sa ville natale à Londres hier des suites d’une « longue maladie », Alan Parker le réalisateur surdoué de l’incroyable « Bugsy Malone », qui nous a fait vibrer avec son « Midnight Express » , dansé avec « Fame », captivé avec « Mississippi Burning » et « Angel Heart » est mort à seulement 76 ans. Parker était aussi un véritable « music lover », la preuve par ses nombreux films musicaux comme « The Commitments » ou encore « Evita ». Cet été 1982 pour le BEST 169, jeune journaliste et fan de ses films, j’avais eu le privilège de l’interviewer juste avant la sortie de son « The Wall » directement inspiré du double LP de Pink Floyd publié en 1979 ainsi que Gerald Scarfe le génial dessinateur de toutes les parties animées du film et bien entendu une vieille connaissance : Bob « Boomtown Rats » Geldof l’inoubliable Pink. Flashback en forme d’hommage et de RIP pour Sir Alan Parker !

Alan Parker et mini PinkInterviewer Alan Parker fut un privilège et je ne remercierai jamais assez Christian Lebrun, le rédacteur en chef de BEST, de m’avoir permis de rencontrer tous ces créateurs, musiciens, comédiens, artistes, donc, au sens le plus noble du terme.  Et Alan Parker compte parmi ceux que j’ai le plus aimé interviewer, sans doute parce que j’adorais ses films, mais pas seulement. Le réalisateur britannique, au-delà de son aspect gros nounours, était un être à fleur de peau, faisant preuve d’une sensibilité qui ne pouvait laisser indifférente. En relisant ces mots vieux de près de 40 ans, en songeant que le type génial qui les avait prononcés n’est plus là, qu’il ne nous émerveillera plus jamais de ses images incroyables, je sens les larmes venir. Dans « Midnight Express » lorsque Billy Hayes, incarné par Brad Davis, remonte du fin fond du cachot de basses fosses où son tortionnaire turc l’avait expédié comme au purgatoire, il est nimbé d’un halo aveuglante. C’est LE moment charnière du film, on songe à Orphée revenu des enfers, bien sûr, lorsque notre héros fumeurs de shit passe ainsi des ténèbres à la lumière. Et cette lumière c’est toute la marque de fabrique de Sir Alan Parker et c’est cette image que je conserverai désormais de lui …à jamais.

 

Publié dans le BEST 169 daté d’aout 1982 sous le titre :

DERRIÈRE LE MUR

 

« Pour devenir un film, « The Wall », la grande muraille du Floyd a mobilisé l’énergie des plus divers talents. Alan Parker, le réalisateur, Bob Geldof, le surprenant premier rôle ou Gerald Scarfe, le dessinateur-animateur, ont incarné dans la douleur les terribles cauchemars de Roger Waters. Gérard Bar-David remue la truelle dans les plaies. » Christian LEBRUN

The Wall

Que dissimule le mur du Floyd ? Le double LP publié en 79 ne suffit plus à Waters pour exprimer ses fantasmes. « The Wall » s’est animé en Métrocolor, le film a célébré sa première mondiale sous un tonnerre d’applaudissements, lors de la nuit de clôture du Festival de Cannes. Violent, étrange et passionné, « The Wall » est une super-production où chaque brique masque un symbole. Pour tenter de les percer, nous sommes allés interroger Alan Parker, son réalisateur, Gérald Scarfe, réalisateur des animations et responsable de I’ensemble de la conception visuelle, et Bob Geldof alias Pink, son principal protagoniste. Pink est une rock star à l’ego hypertrophié. Depuis son enfance, il a appris à se protéger en édifiant ce « mur» qui, peu à peu, l’isole du monde extérieur. Débarqué à LA, pour un concert, il disparait dans une chambre d’hôtel et sa mémoire s’auto-reverse; il se projette un à un tous ses blocages. Ils ont chacun un visage : le père qu’il n’a jamais connu, tué à la guerre, une mère castratrice, son instituteur réac, une épouse transparente qui finit par le quitter, ses flips de rock leader accro a l’adulation des foules: Pink se laisse doucement happer par sa folie…

LARMES

Pour son premier job a l’écran, Bob Geldof frappe assez fort. Le chanteur des Boomtown Rats s’est fondu dans la peau de Pink avec une déconcertante facilité, ce qui laisse supposer que ce dernier pourrait lui ressembler comme un frère, non ?

Bob Geldof est Pink« Bob Geldof: Je ne crois pas que, lorsqu’on joue a l’écran, on endosse obligatoirement la peau de son personnage. Lorsque je suis Pink, je ne joue pas la comédie, ses sentiments sont les miens, ils sont vrais. Le héros de « The Wall » est un névrosé qui escamote sa réalité sous les fantasmes. Mais lorsque tu joues les névrosés toute la journée, tu n’y peux rien, mais tu finis par y croire et tu deviens complètement dépressif. Ton moi a un réflexe d’autodéfense, c’est comme une guerre civile dans ta tête. Le seul moment un peu tendre du film, c’est cette scène avec une groupie. Je suis assis dans cette pièce face à la télé, une de mes principales activités tout au long du film, et il y a cette fille qui vient vers moi. Elle n’arrête pas de caqueter et, pourtant, je ne l’entends pas. Je reste prostré. « Tu te sens bien ?… », demande-t-elle, puis elle me prend la main et l’embrasse doucement. Moi, je me suis mis à pleurer, ça ne m’était pas arrivé depuis 12 ans. D’un seul coup, je me suis senti plonger dans la plus noire des déprimes. Les larmes ont coulé sur ma joue, comme si quelqu’un avait déclenché un système que je ne pouvais plus contrôler. Je croyais avoir complètement foiré la scène, car je n’étais pas censé pleurer, mais au break du déjeuner, Alan est venu voir si ça allait, j’étais toujours incapable de m’arrêter de pleurer. Il m’a dit qu’il conservait la prise, que je m’en étais super bien tiré. Parker a filmé de manière très étrange, visuellement ça risque d’être assez fort. C’est un type fabuleux. Il a le courage de tenter une nouvelle expérience à chaque fois. Son premier film, c’était « Bugsy Malone ». Imagine, c’est ta première grande chance de faire un long métrage et tu choisis de le réaliser avec des mômes inconnus. Ensuite, il y a eu « Midnight Express », un film si fort qu’il a réussi à faire fléchir la loi. Alan aurait pu continuer à exploiter la formule, il à refusé pour tourner « Fame », une comédie musicale diamétralement a l’opposé. «Shoot the Moon», qu’il a présenté en même temps que « The Wall », c’est encore une autre histoire. C’est le déchirement d’un couple. «The Wall» n’est pas une comédie musicale, mais un film musical, dans la mesure ou personne ne se met a chanter dans I’action.Il n’y a pas non plus de dialogues définis, même si l’on entend de temps a autres des bribes de conversations. C’est aussi un film fantastique grâce aux animations de Scarfe. «The Wall» échappe assez bien aux étiquettes, malgré le scénario franchement sixties de Waters, complètement obsédé par le coté message à apporter. »

Bob Geldof David Gilmour Alan Parker

Bob Geldof David Gilmour Alan Parker

Pink n’est qu’une projection de Waters. Pourtant, dans une scène du film, il télé phone à sa femme: un PCV de monsieur Floyd pour madame Floyd: c’est à se demander pourquoi il n’a pas lui-même tenu le rôle? Mais Waters n’est pas tout le Floyd : dans une interview à Houba Houba (L’émission de rock d’Antoine De Caunes à la télé: NDR), Gilmour met d’ailleurs les choses au point: « Ce mur, c’est le mur de Roger, pas le mien! ». Donc acte !

MÉGALO

 

Pour percer une fenêtre dans cette drôle de construction, il valait mieux jeter un coup d’œil sur ses plans. Alan Parker, l’architecte, était à New York pour présenter son film. Via satellite, sa voix était très légèrement déformée par l’écho du téléphone: « Allo… le Plaza, is there anybody in there ? ».

Alan Parker: « C’était en septembre 80. J’avais beaucoup écouté le disque chez moi, ce qui m’a décidé à appeler EMI, leur compagnie de disques. Je leur ai demandés i personne n’avait songé à tirer un film de « The Wall». Ils m’ont répondu que, justement, le Floyd y pensait, mais qu’ils ne savaient pas encore comment s‘y prendre. Le type d’EMI a suggéré que je rencontre Waters. Comme nous sommes pratiquement voisins, je suis passé le voir. On a commencé à parler, j’y suis retourné le lendemain et puis les jours suivants. J’étais sur le point de partir à San Francisco pour préparer « Shoot the Moon», mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser au sujet de ce Wall.

Shoot the MoonDans « Shoot the Moon », on trouve un certain nombre de références rock comme les Beatles « If I fell », les Stones « Play With Fire », les Eagles, Bob Seger et justement un poster de « The Wall ».

Parce que cette musique est celle des gens qui sont tombés amoureux, voilà quinze ans, la musique que j’écoutais à l’époque. Tu sais, « Shoot the Moon » n’est pas très éloigné de ma propre expérience de la vie de couple. Quant au poster, c’est juste un clin d’œil. Pour la scène de la fessée, j’ai dû concevoir une chambre d’enfant. Je voulais un poster rock parce que tous les gosses de cet âge en ont sur leurs murs.

Pourquoi tournes-tu des films aussi différents les uns des autres ?

Parce que c’est la seule manière de murir pour un réalisateur. Lorsque tu regardes mes cinq films, il existe bien quelques similitudes, mais elles touchent a I’inconscient. D’un point de vue esthétique, tu aimes un certain nombre de choses, alors parfois tu répètes inlassablement une image qui s’est glissée au fond de ta tête. Et ces idées y demeurent ; alors tu les utilises, même si tu ne t’en rends pas toujours compte. Mes films ont toujours dans le style quelques ressemblances, même si leur contenu est différent. C’est volontaire. Mais je sais que les Français adorent que leurs réalisateurs tournent inlassablement le même film, je pense à des gens comme Godard ou Truffaut, par exemple. À ma première visite en France, on m’a dit: «Un réalisateur doit savoir tourner vingt-cinq versions du même film au cours de sa carrière ». Mais il y a tant de choses différentes qui m’intéressent. Je veux réaliser des films différents. La seule manière d’être créatif, c’est de parvenir à se surprendre soi-même. Même si un sujet te met mal à l’aise, il te force à créer.

C’est un peu ce que Bob Geldof m’a raconté pour expliquer pourquoi, soudain, il s’était mis a pleurer.

Je m’en souviens comme un des moments les plus tristes du film. Il avait sa tête entre les mains et pleurait comme une fontaine, c’était touchant.

Alan-Parker-and-Bob-Geldof.Justement, comment dirige-t-on quelqu’un comme Geldof pour son premier role?

Tu sais, j’ai choisi Bob avec beaucoup de soin, pas uniquement parce qu’il était une rock and roll star.

Mais tu voulais une rock and roll star?

Avant tout, je cherchais un artiste. À Londres et à New York, j’ai auditionné des files d’acteurs sans y découvrir l‘ombre de Pink. Lorsque j’ai rencontré Bob, nous avons tourné un bout d’essai. Il a lu devant la caméra la scène du tribunal de « Midnight Express». C’était fantastique pour quelqu’un qui n’avait pas I’habitude du cinéma. Il nous a tous beaucoup surpris. Ensuite, je lui ai demandé d’improviser une scène du « Wall », lorsqu’il est au téléphone avec son épouse qui le trompe. Il tenait le combiné de sa main droite, et de l’autre, serrait un verre d’alcool qu’il a fini par briser sous la tension. C’était si spontané ! Je ne lui avais rien demandé. C’est assez dangereux, mais surtout, jamais un acteur chevronné ne se serait allé autant laissé aller; pour moi, c’est aussi l’esprit du rock and roll.

Tu connaissais bien la musique du Floyd avant de tourner « The Wall » ?

C’est drôle. Il n’y a pas si longtemps, j’ai jeté un coup d’œil sur ma discothèque. Je ne pensais pas être un fan, mais j’ai réalisé qu’au fil des années, j’avais acheté la plupart de leurs disques. Je ne me suis jamais dit: «Oh… il faut que j’achète le dernier Pink Floyd ». J’aimais leur musique sans me préoccuper des individus.

Lorsque tu as tourné« The Wall », y as-tu projeté ce que tu avais toi-même ressenti a différentes époques en écoutant leur musique ?

Tu sais, c’est Roger qui a signé le script. La construction du film devait être fidèle à la musique originale. Lorsque nous avions un doute, nous réécoutions I’album. Sur le plateau, on I’entendait sans arrêt: chaque scène, chaque acteur, la chorégraphie ou la position des caméras devaient être raccordés avec la musique. Pour la scène backstage sur la chanson « Young Lust», j’ai pas mal trainé dans ceux du Floyd pour être le plus fidèle possible. Comme tu sais, la majorité des gens qui font des films sur le rock ne comprennent rien a son esprit.

Quels étaient tes rapports avec Gérald Scarfe?

Les animations ont été décidées au moment du script pour des chansons comme « Goodbye Blue Sky »,« Empty Spaces » ou « The Trial», en tout, une quinzaine de minutes de dessins animés. Mais honnêtement, je ne m’en suis pas occupé. Roger et Scarfe ont pris complètement ces animations en main, c’était leur petite chasse gardée.

Roger Waters

Roger Waters

Tu n’as pas eu de problèmes d’ego avec Waters, car ce film est votre chose a tous les deux?

(éclats de rire)… Effectivement, nous avons eu quelques problèmes, parfois même dans des proportions gigantesques. C’est inévitables dés le moment ou tu fais bosser cote à côté une paire de mégalomaniaques.

Toi aussi tu es mégalo?

En fait, je croyais être le pire de tous, mais comparé a Roger, je ne suis qu’un amateur. Je crois qu’il faut être mégalo.

Vous n’avez pas fini par vous casser la figure, comme tes personnages dans la scène finale de « Shoot the Moon »?

Ça n’était pas aussi exacerbé, mais nous n’en étions pas loin.

Pourquoi les images du film sont-elles aussi violentes ?

Parce que je suis resté fidèle a l’idée d’origine de « The Wall ».

URGENCE

Pink déchiré face à ses «13 chaines de merde » est pris d’une crise de delirium tremens. Il saccage sa chambre d’’hôtel, brise toutes ses guitares et ce qui lui passe sous la main. Lorsque la tempête qui lui ravage la tête s’apaise un peu, il se retrouve prostré dans un coin de la pièce. Et Pink se transforme en petit Pink d’animation, un jouet pour les monstres qui peuplent sa raison fêlée. Pourtant, le créateur de ce bestiaire n’a rien d’un docteur Frankenstein, au contraire. Gérald Scarfe est un caricaturiste politique anglais, peut-être l’un des plus incisifs de son époque ; comment s’est-il retrouvé sur le Mur de Waters ?

Gérald Scarfe« Gérald Scarfe: J’ai tourné pour la BBC un film d’animation qui s’appelait « A long drawn-out trip » et deux des musiciens du Floyd l’ont ampexé ( enregistré sur un magnétoscope de la marque Ampex : NDR)  sur leur vidéo. Le lendemain, ils en ont discuté: « Pourquoi ne pas demander à ce type de concevoir des films d’animation pour nos concerts ? ». J’ai donc commencé a travailler sur les shows de « Wish you were here ». Je n’ai rien fait pour « Animals », mais je suis resté très lié avec le groupe. Et Roger avait toujours en tête son idée de film. Lorsqu’il a écrit « The Wall », il m’a invité chez lui pour me faire écouter la première maquette ; c’était il y a juste quatre ans. Nous avons beaucoup discuté et j’ai réalisé les clips pour la tournée. Après les concerts, nous avons bossé ensemble sur son script pour assembler des idées et des images. J’ai dessiné les objets et les décors du film tels que nous les imaginions en utilisant des planches comme pour un comic. Il fallait créer une atmosphère empreinte de surréalisme. Par exemple, pour « Another brick in the Wall (part 3) », la scène de l’école, c’est moi qui ai conçu cette énorme machine à broyer les gosses, la chaine de montage et ces masques qui les rendent uniformes. L’idée, c’est que les enfants entrent dans le système scolaire avec leur individualité, mais en fin de course, ils en ressortent comme des êtres enrégimentés.

Quelles sont les assertions politiques du film?

pink-floyd-the-wall-Le marteau, par exemple, représente l‘oppression. Une des morales de l’histoire, c’est que le monde extérieur finit par te blesser, donc tu t’enfermes derrière le Mur. Alors tu perds le contact et tu finis par ne plus penser, ne plus sentir. Pink représente le côté vulnérable de notre nature. Le marteau symbolise l’absence de réflexion, l’oppression aveugle. L’animation est un travail de très longue haleine ; tu sais sans doute qu’un film nécessite douze dessins par seconde. Crois-moi, nous n’avons pas lésiné sur la qualité, j’ai travaillé avec une équipe de trente personnes en utilisant la vieille technique Disney : tout a été dessiné et peint a là main.

Tous ces monstres sortis de ta tête ne t’effraient pas ?

Non, au contraire. Lorsque je les dessine, je les expulse. Pour moi, c’est une manière d’exorciser mes angoisses de la société, car les monstres sont parmi nous. Toute I’idée du film, c’est qu’il faut avoir honnêteté d’admettre ces monstres qui sont en nous.

The WallLa guerre des Falklands, le Liban, quel est le message du Wall face à ces évènements ?

Dans le film, tu vois l’Union Jack se désagréger pour ne laisser qu’une croix rouge qui se met a saigner. C’est comme les Falkland ou des gens donnent leur vie pour ce drapeau. À travers ces dessins animés, j’ai tenté d’exprimer les fondements de la violence et ses aspects les plus laids. Un peu plus loin, dans la continuité, le Mur gigantesque se forme à partir de tout ce que ce monde peut porter comme symbole du matérialisme. C’était I’idée de Roger; on y retrouve des Mercedes, des téléviseurs, des machines à laver, des yachts, tout ce que nous pouvons désirer: c’est le Mur que nous édifions entre la réalité et nous. Partout où le mur passe, les choses meurent dans son sillage, les fleurs se transforment en barbelés et l’on voit le bébé se changer en monstre. L’ombre du mur agit sur la société, il métamorphose innocent en assassin. Puis le Mur réduit en pièces une cathédrale, siège du Dieu commercial, il y a tant de symboles ! Rien n’interdit de raconter des fables, mais je me sens plus à mon aise avec les histoires de ce monde, c’est mon côté socio-satirique : j’adore tourner la société en dérision. J’ai passé quinze ans de ma vie dans la presse, je crois en avoir gardé un sens du travail dans l’urgence. »

The WallEn français, on appelle cela être aux pieds du mur! Au cours d’un procès imaginaire, Pink se verra contraint de briser le Mur.  Smash the mirror… See me, feel me, touch me, heal me… heu, ça, c’est une autre histoire. Mais le parallèle entre «Tommy » et « The Wall » passe par la non- communication. Les rock stars ont tous le même flip de l’isolement. « The Wall », c’est aussi « Y a-t-il quelqu’un qui m’aime dans cette salle ? ».

Si les sillons de votre double-album, « The Wall », ressemblent déjà à une tranchée de la Grande Guerre, vous ne résisterez pas aux charmes de cette BO: nouveau mixage, nouvelle version d’une chanson, « Mother », et UN inédit, « The tigers broke free ». La nuit dernière, en sortant d’un antre du rock and roll, je roulais dans Paris. Rue Réaumur et ses néons, récifs de lumière où viennent s’échouer les derniers vampires. À vingt mètres, dans une rue de côté, une femme se fait agresser par une brute épaisse. Les rares passants s’écartent ou jouent les voyeurs. Elle tombe a terre. En lui arrachant son sac à main, homme la bourre de coups de pieds. « Oh, c’est encore une pute qui règle ses comptes avec son jules !», se déchaussent les passants. La bonne conscience, c’est comme la santé par les plantes, ça s’entretient. Mais cette lâcheté, c’est une nouvelle brique dans le Mur. Pas d’erreur possible, The Wall passe bien en chacun de nous !The Wall

 

 

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.