THE BEE GEES “How Can You Mend A Broken Heart”

The Bee GeesEn attendant le biopic à venir de Kenneth Branagh, retraçant la légende des Bee Gees, “How Can You Mend A Broken Heart” vibrant documentaire réalisé par Frank Marshall, co fondateur d’Amblin, offre ses incroyables images d’archives pour retracer l’épopée des frères Gibbs. Un must télévisuel si émotionnel et tellement nostalgique qu’il ne doit être raté sous aucun prétexte.

The Bee GeesChaque chanson était un hit qui résonne toujours à nos oreilles : des premiers slows de nos booms d’ados à la fièvre disco du Samedi Soir les harmonies incroyables des Bee Gees ont si longtemps servi de bande originale à nos vies. Au milieu des 80’s, pour BEST j’avais eu la chance d’interviewer les Bee Gees, c’est dire si ce vibrant documentaire fait battre mon cœur un peu plus vite.

Sur l’intro  de “Stayin’ Alive” la caravane des Cadillac entourées de motards de la police marque l’arrivée des frères Gibb, superstars dans un grand stade US. Nous sommes en juillet 1979, à Oakland, Californie, juste de l’autre coté du Golden Gate de San Francisco et soudain retentit  “How Can You Mend A Broken Heart” : frisson immédiat ! Blousons argentés sur torses velus et cheveux longs, les trois frangins brillent de mille feux. Et comment pourrait-il en être autrement, après tous ces hits accumulés depuis l’adolescence ?

Frank Marshall

Frank Marshall

Réalisé par Frank Marshall, co fondateur d’Amblin avec Spielberg et fameux producteur des sagas « Aventuriers de l’arche perdue », « Jason Bourne » et « Jurassic World » sans oublier une foule de blockbusters tel « Roger Rabbit » ou encore « The Color Purple », “How Can You Mend A Broken Heart” retrace l’incroyable légende des Bee Gees à travers le temps.

 

Barry Gibb

Barry Gibb

Miami 20019, Barry Gibb, dernier Bee Gees survivant nous ouvre sa mémoire. Et il ajoute, « Robin par exemple, aurait eu de tout autres souvenirs de ce que nous avons vécu » Barry était l’ainé et pourtant il survit à ses frères jumeaux  Robin et Maurice, comme au petit frère Andy parti bien trop tôt. La force du doc c’est aussi de mêler des entretiens rares de témoins hélas disparus, comme leur patron de label Robert Stigwood, avec des témoignages actuels de stars comme Eric Clapton ou encore Justin Timberlake qui attestent le l’importance cruciale des BG dans leurs vies comme dans la musique.

Bee GeesFlash-back, interview de Maurice en 99 : “Barry m’a dit lorsque nous étions encore petits qu’un jour nous deviendrions très célèbres. C’était mon grand-frère, pas vrai ? Alors je l’ai cru ! » Barry avait 11 ans et les jumeaux 8, lorsqu’ils ont commencé à tourner dans les clubs de Brisbane, en Australie. On reste sans voix face aux superbes images d’archives familiales. Puis il poursuit : « Notre père, Hugh, avait son propre groupe, mais qui ne rencontrait pas le succès escompté, alors il est devenu notre manager ». Puis on rencontre aussi Barbara, la mère qui était un peu le juge de paix de la famille apaisant les tensions et calmant tous ces garçons.

Robert Stigwood and the Bee Gees

Robert Stigwood and the Bee Gees

Et soudain les Beatles sont arrivés, ouvrant la voie à l’explosion de la pop music… du coup, nos Bee Gees rentrent au bercail et publient leur premier hit en Angleterre, le cute « Spicks and Specks » en 66. Leur père tente alors de leur faire signer un contrat de management avec Brian Espstein, qui décline, alors ils vont conclure avec Robert Stigwood, qui les accompagnera tout au long de leur carrière. « Il était peut-être australien, mais il s’exprimait comme un véritable gentleman british » dira de lui Eric Clapton, qu’il manageait à l’époque de Cream. Stigwood était considéré comme un excentrique, mais tout lui réussissait si bien.

Bee GeesLa preuve, « New York Mining Disaster 1941 » devient en 67 un hit, simultanément au Royaume-Uni ET aux USA. Ils rencontrent Amhet Ertegun à NY. ils assistent au show d’Otis Redding et avouent leur amour pour la soul music. Ertegun voulait qu’ils composent pour Otis. Ils lui écrivent le vibrant « To Love Somebody », mais hélas Otis se crashe avec son groupe dans le lac Monona, à côté de Madison, dans le Wisconsin. Du coup, les trois frangins vont  la chanter eux-mêmes… avant qu’elle ne soit reprise par la Terre entière. Mark Ronson apporte son témoignage sur les BG, à l’instar de Chris Martin et Noel Gallagher explique que les premiers singles des frères sonnaient comme ceux des Beatles, précisant : « lorsque des frangins chantent ensemble, c’est comme un instrument que nul ne peut surpasser. » Et il parle en connaissance de cause !

Maurice-Gibb

Maurice Gibb

Puis ils publient « I Started a Joke”, puissant  hit chair de poule, porté par le lead vocal de Robin, qui confesse qu’en fait, il était le plus timide des trois. Maurice dit à son sujet : « il avait une voix qui nous allait droit au cœur ». L’incroyable montage d’archives sixties se poursuit. Et soudain on se laisse subjuguer par la magie intégrale de leurs harmonies conjuguées avec « Massachussetts », entre gospel et folk à la fois, qui se hisse en Numéro 1 en Angleterre. Maurice explique que « Pour composer, leurs trois esprits se fondaient en un seul », avant de préciser, « En ce temps-là, on faisait un LP en trois semaines et on a même fait jusqu’à trois albums en une seule année ». Vertigineuses images de BeeGeesmania en action avec fans agglutinés sur la limousine et JF aux cris stridents. Maurice : « J’avais six Rolls Royce à 21 ans. Je ne sais même pas ce qu’elles sont devenues, c’est dire combien tout cela était dingue ». Mais on découvre également qu’il existait une réelle rivalité entre les trois sur le point de savoir qui aurait le lead vocal sur tel ou tel single. Et surtout, chacun rêve de se lancer dans une carrière solo.

The Bee Gees19 mars 1969 la une du Melody Maker annonce : « Selon Robin Gibb, les BG se séparent ». Barry raconte que le conflit couvait depuis longtemps entre Robin et lui, tandis que Maurice restait neutre entre les deux. Coïncidence ou pas, es trois frères se marient aussi l’un après l’autre précisément à ce moment-là.  Robert Stigwood fonde son label RSO records; les BG se reforment à cette occasion et font leur come-back dans les charts portés par le bien nommé « Lonely Days » puis par la spleenienne “How Can You Mend A Broken Heart”… how can you stop the rain from falling down… Barry assure le lead vocal. Mais au milieu des 70’s les Bee Gees se retrouvent au creux de la vague, adieu les stades US et retour aux petits clubs british. Clapton loue l’incroyable loyauté dont Stigwood a su faire preuve. Eric lui-même publiait alors le rayonnant « 461 Ocean Boulevard » sur RSO, le LP de son retour. God lui-même suggère alors à ses potes les frères Gibb de venir à leur tour aux États-Unis enregistrer face à l’océan, à Miami. « Pour moi les Bee Gees était un groupe de soul music », poursuit Clapton, « alors il leur fallait absolument capturer leur musique dans le sud des USA. » Et c’est ainsi qu’en 1975 …. Ils occupent la même maison sur Ocean Boulevard que Clapton, lorsqu’il enregistrait comme eux au Criteria Studios. 

Criteria Studios Bee Gees Barry avoue que le label était sur le point de les virer, alors ils ont dû inventer un tout nouveau son, ce sera « Main Course » et son funk blanc si affriolant. Produit par le génie d’Atlantic et d’Aretha, Arif Mardin. Et on découvre interloqués que le beat de la funky « Jive Talking »  a été directement inspirée par le son des pneus des automobiles roulant sur les jointures des ponts passerelles, qui relient la petite bande de terre de Sunny Beach au continent avec leur flop flop flop bien identifiable. À ce moment-là, la cote des BG était si basse auprès des DJ et autres programmateurs radio que Stigwood a sorti le maxi sous un label blanc, attendu que toutes les radios le passent en boucle pour finalement avouer que c’était bien là le nouveau disque des Bee Gees ! Bingo le single devient numéro 1, avec « I’m Not in Love » de 10cc en numéro 2… not bad ! Barry se souvient que l’atmosphère tropicale de Miami leur rappelait l’Australie.de leur enfance.

 Bee Gees Main_CourseEt on découvre comment New York leur a aussi inspiré le second tube du 33 tours, « Nights On Broadway »… qui s’appelait alors « Lights On Broadway ».  Mais Etergun trouvait qu’il leur fallait un texte un peu plus adulte et c’est ainsi que les « Lights » sont devenues « Nights » avec aussi l’apparition du falsetto de Barry qui devient la marque de fabrique de ces nouveaux Bee Gees version soul. Retour à Clapton hilare « Et si tout ça est arrivé à cause de moi, alors j’en suis fier ! ». Il ne croit pas si bien dire.

 

En 1976, ils doivent enregistrer un nouvel album, mais Arif n’est hélas pas disponible pour réaliser « Children of the World ». Cela n’empêche pas les BG de poursuivre sur la route de la black music. La preuve, dés la sortie de « You Should Be Dancing » on salue ce qui devient désormais le Miami sound. Le titre fait un carton dans les clubs, culmine dans les charts top Dance /Disco actant l’irrésistible montée en puissance des blacks et des gays qui adoptaient cette musique.Andy Gibb

 En 77, les BG retournent aux Criteria studios de Miami et Andy le petit frère publie son hit colossal « I Just Wanna Be Your Everything”  qui balaie tout sur son passage.

Puis en 78, ils partent enregistrer chez nous à Hérouville sur les traces du « Hunky Château » d’Elton John. Robert Stigwood avait flashé sur un article du New York qui documentait l’émergence de la scène disco dans la Grosse Pomme. Il a donc carrément acheté les droits de l’article dans le but d’en faire un film ! Stigwood demande alors à ses protégés de lui faire deux ou trois chansons pour la BO, en plus des hits disco déjà sélectionnés. Robert leur expédie le scénar à Hérouville et ils enregistrent les 5 titres de leur demo… qui deviennent 4 hits colossaux. « Night Fever », « Stayin’ Alive » « How Deep Is Your Love” et  “More Than A Woman” .  Et  inspiré par « Night fever » le film adopté le titre de Saturday Night Fever » . Le génie de Stigwood est de balancer « Night Fever », le premier single en amont du film. Du coup, après le carton de la chanson, le film sera projeté dans toutes les villes d’Amérique au lieu des minables 200 salles prévues originellement.  Le soundtrack explose tous les records et on décerne aux BG leur étoile sur Hollywood Boulevard.The Bee Gees Saturday Night Fever

Mais c’est après l’album suivant, « Spirits Having Flawn » que les choses se gâtent. « Tragedy” sera leur chant du cygne.

Pourtant leur tournée est sold out, mais avec tous les excès et sa banalisation la disco-music touche le fond, comme avec le stupide  « Disco Duck » de Rick Dee. C’est ainsi que ce qui était tellement  « in » devient carrément ringard. Et c’est à ce moment que dans un stade de Chicago se déroule un autodafé de disques disco, un acte aussi raciste qu’homophobe, mais qui marque irrémédiablement la fin d’une époque. Les Bee Gees sont emportés par cette vague anti disco. Les radios se mettent à boycotter les frangins. Ils composent pour Streisand, Diana Ross Dionne Warwick même Celine Dion. Et en 85 les BG font leur dernier come-back en tant que groupe. Le petit Andy devait en faire partie, mais il est tombé grave dans la coke. En 1988, Andy Gibb décède à 30 ans, terrassé par une crise cardiaque. Et c’est l’hécatombe.  Maurice meurt en 2003 de complications suite à une opération. Puis son jumeau Robin meurt à son tour en 2012 d’un cancer. À ce jour, seul l’ainé Barry Gibb continue à porter le flambeau des Bee Gees.  Vous avez dit… » Tragedy » ?The Bee Gees

Cependant, après le succès planétaire des biopics sur Elton John  ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/rocketman.html ) puis Queen ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/bohemian-rhapsody.html ), le brillant irlandais du nord Kenneth Branagh a été choisi pour réaliser le prochain film biographique sur les Bee Gees pour Paramount Pictures. Le film sera centré sur la vie et les différentes époques du groupe, en suivant les débuts modestes des frères Barry, Maurice et Robin Gibb dans leur odyssée de superstars de la pop music. Le touche-à-tout Ben Elton a été choisi pour écrire le scénario de ce biopic qui n’a pas encore de titre, mais qu’on attend néanmoins avec impatience.

 

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