RINGO STARR « Long Long Road »

Ringo StarrUn peu plus d’un an après sa dernière aventure, notre cow-boy Starr poursuit sa conquête de l’ouest et la route est manifestement longue puisqu’il l’a intitulé « Long Long Road ». Et notre cœur bat toujours aussi fort pour le mythique batteur des Fab Four, lorsqu’il nous offre, à nouveau avec la complicité de T Bone Burnett, une superbe collection de balades country aussi débonnaires que nostalgiques. Un western sonique qui se révèle sacrément apaisant dans cette période que nous traversons aussi trouble que compliquée. Et on dit tous hawdy avec l’ami Ringo !

Ringo StarrC’est par la délicate et bien nommée « Returning Without Tears » que commence ce joli western mélancolique et acoustique où la voix de Ringo chevauche romantiquement avec celle de la cow-girl californienne Molly Tuttle pour une balade intemporelle. C’est le deuxième album de Ringo Starr après « Look Up » ( Voir sur Gonzomusic RINGO STARR « Look Up »  )  avec le producteur et compositeur américain T Bone Burnett, qui signe d’ailleurs ou cosigne six des titres du CD, dont cette radieuse composition, ainsi que le premier single « It’s Been Too Long ». Et l’on perçoit ici qu’il existe une belle complicité entre l’ex-Beatles et celui qui accompagné Dylan, Los Lobos ou Elvis Costello et biberonné tant de groupes à l’instar des Counting Crows  ( Voir sur Gonzomusic  LE GOÛT DURITZ ). Pour sa part, Ringo a également coécrit trois chansons de l’album, ainsi que la ré-enregistrement de sa compo « Choose Love », tiré de son album éponyme de 2005.  Après « Returning… », la seconde du track-list est « Baby Don’t Go » intense love-song nous fait glisser vers un folk blues du Sud aussi cool qu’ensoleillé. Puis Starr reprend la cultissime version classique de Carl Perkins de « I Don’t See Me in Your Eyes Anymore », écrite par Bennie Benjamin et George David Weiss. Pulsé de joyeux doo wap, elle donne une joyeuse et irrésistible touche black à cette country à remonter le temps.

Ringo StarrEt d’ailleurs en parlant de temps, suit « It’sBeen Too Long » aux échos d’un tube de Creedence passé à la lessiveuse country qui vous rentre carrément dans la tête et c’est normal puisque c’est un des hits incontestables de l’album. Avec la swinguante« Why »,  Ringo retrouve ses vingt ans et un je ne sais quoi des premiers singles des Beatles comme « Ask Me Why »…justement.  Signée Ringo « You And I (Wave of Love) » lui permet de retrouver sa copine Molly et si les deux chansons n’ont rien à voir, dans l’esprit et le feeling il y a du « Photograph » dans ce duo bucolique.  C’est sûr qu’on ne risque pas de s’énerver avec un tel album lorsque la promenade à cheval se poursuit avec la paisible « My Baby Don’t Want Nothing », avant de découvrir l’autre instant de bravoure du disque : sa propre auto reprise de la cool « Choose Love » réinventée par son créateur vingt ans après sa sortie où il cite « the long and winding road » précisant que « c’est more than a song » et on veut bien le croire. En tout cas, re-liftée façon joyeux saloon, elle prend forcément de la… bouteille !  Si les chansons d’amour sont souvent tristes « She’s Gone » l’illustre à la perfection, en sombre balade portée par un violon à faire pleurer. Enfin, cette chevauchée fantastique dans le grand ouest s’achève avec la chanson-titre, où après une intro de vocaux à la Beach Boys et Sheryl Crow dans les choeurs, « Long Long Road »  offre sa country qui déborde d’espoir, comme lorsqu’à la fin du film les lettres The End apparaissent sur un soleil couchant dans lequel se fond notre héros sur sa monture. Et grâce à Ringo cette longue longue route n’est pas prête de s’achever.

 

 

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