NEIL YOUNG « Return to Greendale”

neil-young-2003Décidément il n’y a pas que du négatif dans le confinement planétaire que nous traversons depuis près d’un an, car musicalement on aura pu profiter des plus belles rééditions en réalité augmentée qu’ait connues le rock and roll et cet incroyable open bar sonic se poursuit avec cet inédit live de Neil Young « Return to Greendale », sublime et courageuse time capsule de 2003 capturée avec ses fidèles Crazy Horse.

Neil YoungDécidément, le lock-down covidien sied parfaitement au Neil. Notre Loner bouclé avec sa petite sirène dans leur ranch du Colorado a le confinement studieux avec DEUX sorties majeures en novembre, le colossal « Volume II 1972-1976 » de ses Archives, dans lequel je n’ai pas encore trouvé le temps de me plonger et ce live inédit sidérant de « Return to Greendale », follow-up de son 25ème album studio « Greendale » de 2003, le successeur du délicat « Are You Passionate ». Capturé avec les fidèles Crazy Horse lors de la tournée promo qui accompagnait l’album, ce « Return to Greendale » revisite avec le plus grand soin et dans le même ordre tous les titres du track-listing original de son alter-ego album studio sous forme à la fois de CD et de DVD live. Et d’abord, petit résumé du concept, selon le doss de presse : l’histoire de Greendale suit plusieurs générations de la famille Green alors qu’ils mènent leur vie dans une ville fictive de Californie. À travers les perspectives de plusieurs personnages, dont Grand-mère, Grand-père, Edith, Earl, Jed le damné et l’éco-guerrier Sun Green, Young relate une histoire poignante sur les petites villes américaines et la nécessité d’une action immédiate pour sauver l’environnement. Ce besoin, bien sûr, n’a fait que s’accentuer. Sur « Return to Greendale », les 10 chansons du puissant album original de Young sont interprétées en séquence, avec une distribution d’acteurs qui prononcent les paroles chantées, ajoutant à l’intensité déjà fulgurante de la performance. »

Neil YoungOn notera déjà que notre Loner ne s’embarrasse pas du format « 3 minutes radio hit » puisqu’une seule des chansons a cette durée  lorsque toutes les autres oscillent entre 6 … et 14 minutes ! Et à travers la famille Green, Neil Young exploite ses chevaux de bataille au début des années 2000 soit : la bataille pour l’environnement, les travers de l’administration Bush, les sentiments anti-guerre ainsi que l’insatiable avidité du capitalisme. Dés l’ouverture du premier titre « Falling From Above » le ton est donné, les guitares sont rugueuses et offensives, leur complainte gorgée de blues, boostée par l’harmonica, pour porter ses messages sous la voix si caractéristique de Neil Young. Blues nonchalant chaloupé pour « Double E », boogie burné pour l’entêtant « Devil’s Sidewalk », aux faux airs de Get Behind the Wheel »  sur l’album de 2009 « Fork In the Road », « Leave the Driving » puissante balade électrique qui lorgne du coté du swamp-rock torride, longue mélopée mélancolique de plus de DIX minutes avec « Carmichael » à la, mélodie aux vagues réminiscences du… « I Wanna Be Your Man » des Beatles/ Stones, parlée-chantée comme un standard country « Bandit” arbore son émotionnelle mélancolie et sa référence assumée à Bob Dylan, “Grandpa’s Interview » et ses lancinantes 13 minutes et 24 secondes, est sans doute ma favorite, car elle m’évoque sa lointaine cousine « Cowgirl In the Sand ». Spleen infini sur « Bringin’ Down Dinner », puissante et classique Neil Young « Sun Green » aux réminiscences de « Yonder Stands the Sinner » sur «  Time Fades Away » et enfin l’enragée militante écolo « Be the Rain » clôt cet étrange et  envoutant concept-album sorti de nulle part et néanmoins si captivant.

 

 

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