NAPOLÉON

NapoléonOn se souvient des scènes épiques de batailles de GLADIATOR comme celles de son KINGDOM OF HEAVEN, alors avec Arcole, Rivoli, Marengo ou encore Iéna le NAPOLÉON de Ridley Scott aurait dû nous en mettre plein la vue. Hélas, trois fois hélas, comme le souligne si justement l’ami Childeric MULLER, le film se fracasse sur une notion simple : l’âge du capitaine. Qu’il ait 20 ans ou 45 NAPOLÉON/ Joachim Phoenix a toujours 50 piges au compteur et c’est assez perturbant pour nous gâcher le plaisir. Et je n’évoque même pas l’armada d’erreurs historiques et d’anachronismes enchainés durant les 150 minutes du film ! Bref ce NAPOLÉON aurait pu naitre sous le soleil d’Austerlitz, il plonge hélas direct dans les eaux glaciales de la Berezina…

NapoléonPar Childéric MULLER

Fan de Ridley Scott depuis Duellistes, Alien ou Blade Runner, j’avais envie de voir un beau film, j’espérais pouvoir tenir des propos élogieux. J’avais hésité plusieurs semaines avant de me décider à aller voir ce NAPOLÉON. On avait pourtant été prévenu : Il faudrait fournir quelques efforts pour oublier les faits historiques, tolérer les anachronismes, les scènes ridicules inventées pour faire « Hollywood » et rivaliser avec Marvel… je voulais le voir dans les meilleures conditions, dans la salle la plus récente. Je pensais que les mauvaises critiques étaient exagérées, j’étais très positif… Dès la première minute ça sent le film cliché à plein nez, ça commence avec une chanson d’Edith Piaf, comme toute série Z sur la France. Une Carmagnole (ah ça ira, les aristocrates à la lanterne) pour seul résumé de l’esprit des lumières. On était alerté sur un scénario médiocre, axé sur la love-story « Joséphine », entrecoupé de quelques batailles absurdes (non les Français n’ont jamais bombardé les pyramides, ni le lac gelé d’Austerlitz, ni escaladé les remparts de Toulon façon « Jeanne d’Arc ») tellement ridicule que ce n’est pas crédible. Il faudrait également oublier que Bonaparte a 20 ans lorsqu’éclate la révolution. Joachim Phoenix en a 50 ! Lors du siège de Toulon Bonaparte en a 24, Phoenix en a toujours 50 (49). Napoléon devient empereur à 35 et part en exil à 45… Phoenix toujours le même âge. Phoenix joue un vieux tyran, parfois peureux, souvent fatigué, passant son temps à se goinfrer, pas crédible pour un jeune général ambitieux de 24 ans, ni un chef d’état victorieux de 35 ans qui ne passait que quelques minutes à table. Le problème ici, c’est qu’il s’agit d’Histoire (avec un grand H) et que tous les détails de la vie de Napoléon, tous ses mouvements et pensées ou sentiments ont été étudiés par de brillants professeurs d’université, historiens, psychiatres et hommes politiques… Le parti pris de Scott: dépeindre Napoléon comme une sorte de Trump-Poutine amoureux, Phoenix ressemblant à un DeNiro-Trump de 60 ans ! Et évidemment Napoléon était le contraire.

NapoléonA la place de l’homme qui a conquis l’Europe à l’âge de 35 ans, Phoenix incarne un très vieux Napoléon qui n’a évidemment jamais existé (son règne s’est terminé à l’âge de 46 ans !) Imaginez qu’on interprète Churchill en un jeune homme sportif, grand, mince et élégant, Jésus comme un petit vieillard asiatique chauve, James Brown comme un danseur de ballet blond suédois… Pourrions-nous y croire et rentrer dans le scénario ? Une catastrophe! Seules les batailles et autres cascades sont bien filmées, mais ce ne sont pas les batailles de Napoléon, autre chose, de très bizarre… Prétexte aux effets spéciaux. Sur l’écran il ne manquait que la tour Eiffel à côté du Louvre et napo s’y faisant une ligne, un vieux Joker jouant une sorte de Cesar, empereur caricatural et mauvais amant. Comme un bad western hollywoodien sur Alexandre le Grand, sans philosophie ni conquêtes… Je ne suis pas un fan de Napoléon, trop de guerres et de conflits, dictateur, mais reconnaissons qu’il a organisé l’administration et la législation tant en France qu’en Europe. Un politicien de génie qui a protégé les arts et promu la science, guidé par les idéaux de la république, la liberté du peuple, attaché à l’amélioration de l’éducation, générant un nouveau système d’enseignement supérieur (qui a inspiré le monde et existe toujours) Mais non, Scott ne montre qu’une caricature d’un amant médiocre… Le film romance sa légendaire histoire d’amour avec Joséphine, mais là encore trop de faux, rien de crédible. L’imagination de Scott, mais trop loin de la réalité et même des légendes. Ridley Scott avait prévenu : ce n’est ni un film historique, ni un biopic, juste une allégorie avec un vague fondement historique… Il aurait dû appeler son film « JO & NAPO », mais pour sûr ça aurait moins bien marché ! Pour finir sur une touche positive : la direction photo est fantastique, les acteurs jouent juste, le son est superbe, les cascades et l’action étonnantes pour les batailles de Gengis Kahn… Mais malheureusement rien de cela ne sauve un navet à gros budget. J’aurais tellement aimé en dire du bien, j’aurais mieux fait d’aller voir les 3 Mousquetaires !

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